BeniNews, l'actu est toujours spirituelle

Chroniques piquantes d'un monde qui change....

16 octobre 2009

L'odeur de l'argent

Image1 Après ses lâchers de billets au Zimbabwe et au Soudan, la Chine vient encore de faire de la realpolitik en Afrique en signant un gigantesque et monstrueux accord minier avec la Guinée.

La Guinée, c'est ce petit pays que personne ne connaissait hier et qui est devenue récemment une star médiatique à cause du massacre bestial de centaines d'opposants à la junte militaire. Condamnée courageusement par la plupart des grands pays dont la France de Bernard Kouchner, la junte n'a pas eu à chercher bien loin un nouvel allié financier. La Chine est de tous les mauvais coups.

Cette semaine, dans un déjeuner très chic et très mondain, l'ambassadeur de Chine en France nous expliquait la merveilleuse croissance que connait son pays. 8%, le chiffre magique. Mais à quel prix? Passée du statut de dictature communiste dangereuse à celui de dictature communisto-capitaliste éldoradesque, la Chine a-t-elle gagné en humanité? La religion de l'argent n'est pas forcément plus belle que celle du prolétariat.

La question que nous pose la Chine est complexe. Le développement, l'éradication de la pauvreté et, rêvons un peu, le bien-être chinois méritent-ils de fermer les yeux sur les massacres guinéens ou le bellisisme iranien? En caricaturant, nous pouvons nous demander si nous guérir nous-même en faisant des dégâts autour de nous est un moindre mal.

La Chine veut ses 8% de croissance. La Chine en est même "fière", nous avouait l'ambassadeur qui ne parla pas une seule seconde de sujets qui fâchent (écologie, Iran, Afrique, libertés intérieures...). Mais le développement d'un peuple est-il uniquement économique? Le bien-être d'un peuple est-il seulement matériel?

En nous fixant des règles morales, nous freinons sans doute une potentielle croissance. Encore que... Mais nous faisons grandir notre société. Nous développons une croissance immatérielle, culturelle, morale. Créateur de bien-être spirituel, ce développement humain est un terreau de croissance incomparable. Un peuple qui espère, un peuple qui aime, un peuple qui a confiance est un peuple qui innove, qui crée, qui participe.

Malheureusement, la Chine n'est pas la seule à qui nous recommanderions de lire l'encyclique de Benoît XVI Caritas in Veritate.
Notre économie occidentale est pleine de petits écraseurs de têtes qui recherchent la croissance de leur porte-monnaie en oubliant de compter autour d'eux le nombre de morts. Les émeutes de Poitiers, les blocages d'usines, les critiques  acerbes contre les bonus des banques US sont autant de signes d'un climat complexe. Mais la réponse de ceux qui se sentent oubliés est trop souvent manichéenne. Est-ce le capitalisme qui est mauvais ou l'Homme?

Dans différentes paraboles, le Christ nous parle d'argent.
Dans celles des talents ou des mines, Il nous invite à investir. A trouver notre place dans la société et à cultiver notre vocation. A développer. Développement social, culturel, artistique, familial, éducatif mais qui peut également être économique. Le capitalisme en est un moyen. Il permet de donner un juste valeur, de faciliter l'entraide entre ceux qui ont et ceux qui cherchent, d'investir de l'argent pour qu'il porte des fruits. C'est ce capitalisme des origines qu'il faut retrouver.
Dans d'autres témoignages évangéliques, Jésus nous parlent d'oboles, de dons, de libération. L'économie ne doit jamais oublier la gratuité, l'aide envers ceux qui n'y arrivent pas tous seuls. Nous devons éviter de tomber dans une dépendance matérielle égoïste et rester toujours libres de faire les bons choix. Le capitalisme crée des richesses économiques mais il doit également créer des richesses humaines.

L'Homme n'est pas un animal qui cherche à grossir. Il a cette capacité unique de discerner.

L'argent peut être un moyen de faire le bien si son utilisation se fait au regard de la Vérité.

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28 septembre 2009

La liberté, pour quoi faire?

Image1Il y aura bientôt 30 ans, Jean-Paul II demandait à la France ce qu'elle avait fait de son baptême. Aujourd'hui, Benoît XVI a choisi d'adapter ce puissant refrain à la République Tchèque : qu'as-tu fait de ta liberté?

Il y a 20 ans, le mur de Berlin tombait et l'Europe de l'Est rompait enfin avec un communisme triste, meurtrier et dictatorial. Des millions d'êtres humains sortaient d'une gigantesque prison et pouvaient humer, certains pour la première fois, l'air excitant de la liberté.

Mais en 2009, qu'ont-ils fait de cette liberté gagnée au prix de la patience et de la souffrance de leurs pères? C'est cette question essentielle que se pose Benoît XVI et qu'il nous pose à tous.

Consumérisme effréné, individualisme effrayant, christianisme effrité. La République Tchèque a suivi en accéléré un certain développement négatif de l'Occident. Certes, nous avons la liberté mais nous avons perdu le sens des responsabilités. Nous nous sommes enfermés tout seuls dans une autre prison, celle de notre côté sombre. Dans notre société du loisir, de l'argent et du plaisir, nous créons du stress, de la segmentation sociale, de l'insatsifaction.

José-Luis Zapatero vient de nous montrer une belle image du progressisme triomphant. Et cela crée la polémique, le Département d'Etat américain ayant dû retiré les clichés de son site internet.

Image2

Les adolescentes gothiques du Premier Ministre espagnol ne se satisfont peut-être pas de la liberté qui leur est offerte.

Benoît XVI nous indique un chemin de réflexion : la liberté n'a de sens que mise au regard de la vérité. La liberté doit nous conduire à la vérité de Dieu, à l'amour de L'Homme. Au respect et à la dignité de l'Homme.

Est-ce au nom de cette liberté dans la vérité que Frédéric Mitterrand et tous nos merveilleux artistes soixante-huitards s'égosillent et s'offusquent de l'arrestation d'un des leurs? Roman Polanski est accusé du viol d'une mineure de 13 ans. Qu'il a d'ailleurs en partie avoué avant de fuir la veille du procès. Non, ce n'est pas "cool" ni "libertaire" de faire l'amour à une ado entourée de bouteilles de scotch. Sans rentrer dans un débat que seule la justice peut trancher, il peut paraître étonnant que certains trouvent anormal que la justice fasse son travail. Même 30 ans après. Il est quand-même honteux de trouver cela honteux !
Ce sont ces mêmes artistes qui s'étaient battus il y a quelques années contre l'extradition de Cesare Battisti, non plus "accusé" mais "condamné" pour quatre assassinats en Italie. La liberté serait-elle une affaire corporatiste?

Notre intelligence, notre raison, notre écoute de Dieu doivent nous conduire à user de notre liberté pour faire le bien. La liberté qui nous est donnée est un signe de confiance incroyable de la part de Dieu. Si nous en usons pour un corporatisme affreux, un consumérisme triste ou un cynisme dangereux, nous nous trompons.

La liberté dans la vérité est la révolution la plus glorieuse : la révolution de la Charité.

22 septembre 2009

La diplomatie de l'amour

Image1 Climat, paix, économie, les grands de ce monde vont avoir une semaine américaine particulièrement studieuse. Des bureaux de l'ONU à New-York jusqu'au G20 de Pittsburgh, des sujets cruciaux vont être abordés.

Ce qui ne signifie malheureusement pas que des réponses vont être données...

En effet, les grosses machines mondiales peinent à trouver leur efficacité. Vieillots, technocratiques, sans réel pouvoir, peu représentatifs du monde nouveau, ONU, G20, FMI, OMS, OMC ou autre Banque Mondiale sont décriés partout dans le monde. Souvent avec raison, l'état du monde le démontre chaque jour.

Récemment, Jean-François Copé prônait ainsi dans le magazine Slate un "Conseil de Gouvernance Mondiale" représentatif et aux compétences étendues. Aurait-il lu la dernière encyclique de Benoît XVI, Caritas in Veritate? Il y a quelques mois, le pape appelait en effet les gouvernements à une nouvelle réflexion : "pour le gouvernement de l'économie mondiale, pour assainir les économies frappées par la crise, pour prévenir son aggravation et de plus grands déséquilibres, pour procéder à un souhaitable désarmement intégral, pour arriver à la sécurité alimentaire et à la paix, pour assurer la protection de l'environnement et pour réguler les flux migratoires, il est urgent que soit mise en place une véritable Autorité politique mondiale."

Mais tous ceux qui veulent faire avancer le monde ne doivent pas oublier la "vérité" de l'encyclique du pape. Pour être efficace cette "autorité mondiale" ne doit être ni une mode, ni une somme de lobbies mais bien une organisation veillant à l'édification de "l'homme intégral".

Et ce n'est pas simple.

Quand on entend Mgr Twal, patriarche latin de Jérusalem, faire une homélie virulente à l'encontre d'Israël en omettant volontairement d'évoquer les problèmes criants rencontrés par les chrétiens palestiniens face au fondamentalisme musulman, on comprend que même l'Église a du chemin à faire. Que même l'Église doit sortir du jeu politique.

Quand on voit les pays les plus pauvres freiner la révolution écologique pour préserver leur maigre croissance, on a envie de souffrir avec eux bien qu'on sache pertinemment que le monde ne peut pas attendre.

Quand on regarde l'office du tourisme danois s'amuser de l'amour, raison créatrice de notre monde, on perçoit l'urgence de la diplomatie de l'amour.

La diplomatie de l'amour veut faire entrer le monde dans une relation de communion.

La diplomatie de l'amour ne cherche pas à satisfaire l'intérêt particulier et court-termiste d'un homme politique, d'une minorité gouvernante ni même d'un peuple mais celui de l'humanité à long terme.

La diplomatie de l'amour est l'humble construction d'une civilisation de paix, de justice, d'amour et d'espérance, fondée sur l'écoute et la réflexion, l'affirmation de convictions et l'amour de l'autre, la liberté et la responsabilité qu'elle engendre.

"Je ne réalise pas le bien que je voudrais mais je fais le mal que je ne voudrais pas" (Saint Paul, Rom, 7, 19).

Construisons nous-mêmes une autorité mondiale qui écoute et aime les plus faibles, et qui fasse avancer l'homme sur un chemin de vérité.

 

Posté par beniouioui à 13:05 - Monde - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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08 septembre 2009

Le temps de l'implication

Image1 Après quelques semaines de vacances estivales, c'est la dure loi de la rentrée. Pour certains, tout est nouveau; pour d'autres, tout est pareil. Pour la politique et les médias, tout a l'air nouveau mais tout est toujours pareil.

Alors qu'à Viterbe Benoît XVI invitait les chrétiens à ne pas avoir peur de s'engager en politique, les hommes politiques français qui se piquent de discours chrétiens nous effrayaient pas leurs étranges engagements.
Philippe de Villiers avouait l'échec total de son positionnement et se ralliait au parti du président; Christine Boutin sortait de ses gonds, voyant dans ce mouvement stratégique une concurrence inattendue; et François Bayrou tendait une main anti-sarkozyste à un parti socialiste qui a souvent eu une vision de la société très éloignée de ses convictions.
En ce mois de septembre ensoleillé, le christianisme en politique est plutôt moribond.
En y regardant de plus près, cela n'est pas vraiment étonnant. En nous invitant à nous engager, Benoît XVI nous demande d'aimer en vérité. Caritas in Veritate. Être chrétien en politique ne doit pas se résumer à un discours ou un certificat de baptême mais à des convictions défendues contre vents et marées avec sourire, force et amour.
Ce n'est pas parce que le président met la pression sur Christine que les élus de son mouvements doivent tout à coup faire machine arrière sur le travail dominical; ce n'est parce que les français ont peur des immigrés que Philippe doit les mépriser; ce n'est pas parce que le mariage homosexuel est devenu cool que François doit plonger. L'histoire politique est faite de personnages charismatiques qui ont su expliquer des idées complexes et rassembler le peuple derrière eux. Suivre des sondages ou défendre un siège n'est pas un métier, encore moins un engagement. C'est une farce.
En soi, il est louable pour des hommes politiques convaincus de vouloir agir à l'intérieur d'un parti de gouvernement plutôt que rester d'éternels opposants sans autre pouvoir que celui de faire de l'esbroufe. La France, l'Europe et le monde ont certainement besoin que des choses changent. Mais BeniNews lance un appel à tous les convaincus : soyez là où vous pouvez changer les choses mais affirmez-vous et n'ayez pas peur. Le peuple suit les leaders et les leaders sont intouchables.

Nous pouvons même aller plus loin que Benoît XVI. Si, si !!

Nous vivons dans une société médiatique et la civilisation de l'amour ne passera pas uniquement par la politique; elle passera également par les médias. Les chrétiens doivent s'engager dans les médias.
La polémique actuelle autour de Secret Story est symptomatique. Comprenant que nous sommes tous attirés par le veau d'or, TF1 et Endemol s'en donnent à cœur joie. Du sexe, de la violence, de la vulgarité. En définitive, de la tristesse... Dans le Figaro, la présidente d'Endemol France Virginie Calmels a cette phrase sublime : "j'estime que nous devons respecter la liberté du téléspectateur qui a le choix entre 18 chaînes : personne n'est obligé de regarder Secret Story." Nous savons pertinemment que c'est faux. L'ado de 15 ans est-il réellement libre de regarder autre chose que le buzz médiatique du moment?? Ce type de réaction va à l'encontre de la charité, de la liberté et des valeurs que nous devrions tous défendre.
Virginie déclare vouloir mettre en place une "charte éthique" de la télé-réalité. Quelques lignes plus bas, elle annonce qu'elle va produire l'Ile de la Tentation... L'éthique ne doit pas être un axe de communication mais une réalité.

Saint Benoît donne dans sa Règle une directive intéressante : "les moines s'obéiront mutuellement de tout leur cœur. Personne ne cherchera son propre intérêt mais plutôt celui des autres." La vraie liberté est celle de choisir librement de discerner le choix de l'autre.

Impliquons-nous pour que le monde change... en bien.


09 juillet 2009

Caritas in Veritate

Image1 Alors que le G8 perd les eaux et va prochainement accoucher d'une souris : pas de vérité et peu de charité;
alors que le gouvernement essaie de faire passer en force une loi sur le travail le dimanche dont la philosophie prône le profit plutôt que la vie : une vérité, l'absence de charité;
alors que Michael Jackson reçoit des hommages à la hauteur de sa rentabilité actuelle et future : charité pour qui, où est la vérité;
alors que la Chine gère ses difficultés dans la province du Xinjiang avec brutalité : vérité complexe, charité absente;
alors que le mystère sur l'assassinat des moines de Tibéhirine semble enfin révélé : la vérité pour des hommes de charité;
Benoît XVI publie un chef d'œuvre que les Echos devraient commenter plutôt que d'évoquer en une mercredi l'investissement locatif :

Caritas in Veritate.

Nous résumerons mal ici en quelques pauvres lignes la pensée d'un cerveau aussi brillant et saint. Aussi n'est-ce certainement pas ce post qu'il faut lire mais bien l'encyclique qui est un apport considérable à la réflexion économique, sociale, humaine et théologique.

Au fil de notre lecture, des idées majeures doivent guider nos pas et nous devrions passer notre été à les méditer pour comprendre notre vocation d'homme.

Pour Benoît XVI, le "développement humain intégral" passe par la charité dans la vérité et la vérité dans la charité.

La première idée-force que nous en avons tirée est la suivante : au-delà de la justice qui doit permettre à chacun d'avoir ce qui lui revient, la charité vraie est également don gratuit. Avec la justice, nous échangeons; avec la charité, nous donnons plus et en vérité.

Nous pensons souvent tout connaître de la charité et nous sommes fiers de nos quelques petits gestes. Benoît XVI nous recadre et nous livre une deuxième idée-force : la charité n'évolue pas au gré des modes mais s'inscrit dans la Vérité, celle d'un Dieu fait homme et d'un homme fait à l'image de Dieu

La charité est donc inscrite dans la vérité de la Parole de Dieu. Hors de cette vérité, nous risquons le particularisme d'une fausse charité, car l'Homme a chuté par le fruit du péché originel. Benoît XVI nous invite donc à fuir et le fondamentalisme qui nie la recherche, et le relativisme qui nie la vérité trouvée.

La charité s'exprime dans la liberté responsable, ce don de Dieu qui nous conduit avec notre intelligence à faire le Bien. Benoît XVI nous incite donc à œuvrer pour la liberté (dont la liberté religieuse) partout dans le monde.

La charité se transmet que dans une tradition culturelle qui a toujours été un moyen d'atteindre le coeur de chacun dans son propre environnement. Benoît nous encourage donc à préserver notre culture, à l'enrichir et à ne pas la dévoyer.

La charité se fonde sur la fraternité qui voit l'autre comme un frère, un homme à respecter, à aimer et à aider. se vit au sein de la famille, premier lieu de mise en oeuvre de la charité qui doit ensuite s'étendre à la famille humaine. Benoît XVI nous conduit donc à faire mûrir cet espace relationnel et affectif.

Dans son texte particulièrement bien écrit, avec la rédaction logique qu'on lui connaît et la subtilité des mots choisis, Benoît XVI nous donne également des pistes de charité à réaliser; une to-do-list indispensable à notre avenir d'homme intégral.

Sans renier l'économie de marché, le pape innove magistralement en y intégrant l'économie du don. Il décrète la fin d'une époque où l'économie gérait le profit et la politique s'occupait du social. Dans une mondialisation qui affaiblit le pouvoir politique, Benoît XVI remet la charité au centre non seulement de la politique mais aussi de l'économie et demande la gratuité au sein même du marché. Il propose ainsi une économie de marché qui ne contenterait pas uniquement d'une logique de profit mais qui se fixerait un devoir fraternel de don gratuit à l'égard de ceux qui en ont besoin. Pour aller plus loin, nous pouvons nous intéresser à "l'économie de communion" prônée par le mouvement des Focolari.

Ayant comme objectif le Bien Commun, Benoît XVI ne peut donc pas séparer le politique et le religieux comme le souhaite un laïcisme dangereux. Tout en prônant une autorité politique mondiale (qui remplacerait la tristounette ONU) tournée vers le Bien Commun, le pape insiste sur le principe de subsidiarité et redonne leur place aux corps intermédiaires dont l'Église fait partie.

Sensible enfin au sujet majeur de l'environnement, Benoît XVI fait un lien percutant entre l'écologie environnementale et l'écologie humaine. Le monde ne respecte pas sa nature, car il ne respecte pas la plus belle œuvre de création : l'homme. En extrapolant, nous pouvons comprendre que le monde sera sauvé par l'homme intégral aimé en vérité.

Nous pourrions en rajouter, car de nombreux thèmes comme l'immigration, la pauvreté, la bioéthique et autres sont évoqués avec précision et amour. Chacun y trouvera des réponses à ses propres questionnements.

L'amour est dans la vérité.

Le pape nous instruit sur la vérité.

A nous maintenant d'agir avec amour.


Journée internationale de prière pour les malades
envoyé par Emmanuelmedias. - Plus de vidéos de blogueurs.

05 juillet 2009

Des lendemains qui chantent

Image1 En ce dimanche 5 juillet, les américains sont sans doute un peu groggy.

Hier, 4 juillet 2009, ils ont dansé dans des saloons, dévoré des T-bones grillés sur un barbecue, joué au baseball en famille, bu des litres de bourbon avec leurs amis du bar et fait des hugs à leurs colocataires d'université en l'honneur de la célèbre Déclaration d'Indépendance des Etats-Unis qui rappela aux pionniers de 1776 une vérité prometteuse de lendemains heureux :

"Nous tenons pour évidentes pour elles-mêmes les vérités suivantes : tous les hommes sont créés égaux ; ils sont doués par le Créateur de certains droits inaliénables; parmi ces droits se trouvent la vie, la liberté et la recherche du bonheur."

Comme tous les 5 juillet, ils se sont réveillés désanchantés, dans un monde où le droit à la vie, la liberté et le bonheur ne sont pas encore des objectifs pleinement réalisés.

La tête un peu tournante, ils ont alors peut-être suivi sur Facebook l'espoir volontariste de lendemains chantants de la jolie Sarah Palin qui n'avait pas réussi à détourner leurs regards du magnétique Obama l'année dernière :

"Maintenant, voici venu le temps de reconstruire et d'aider notre pays à accéder à la grandeur!"

Mais ils savent bien que les promesses n'engagent que ceux qui les croient et que l'Homme du XXIe siècle va avoir beaucoup de boulot s'il veut faire chanter ses lendemains.

A l'image des américains, les habitants du monde entier ont également bien souvent leurs 4 juillet pleins d'espoir et leurs 5 juillet emplis de déception et de tristesse. Car force est de constater que la situation n'est pas glorieuse et que les surlendemains que nous entrevoyons sont pleins de sang, de haine, d'inégalité, de crise éthique, de danger écologique et de doute spirituel.

Pourtant, dans ce monde il y a un village d'irreductibles catholiques qui se doit de résister à l'invasion de la tristesse et qui doit continuer à croire à ses lendemains, surlendemains et éternité qui chantent.

Ce même 4 juillet, ce village a fêté un bienheureux : Pier-Giorgio Frassati. Et ce bienheureux (auquel une pièce de théâtre sera consacrée en novembre 2009) a dit quelque chose à retenir : "Un catholique ne saurait manquer de gaîté ; la tristesse doit être bannie des cœurs catholiques."

Oui, les catholiques doivent toujours croire aux lendemains qui chantent, car il y a plus de deux mille Jésus les leur a promis. Et cette promesse est une vérité historique et théologique. Il y a un chemin pour sauver le monde, c'est la foi, l'espérance et la charité.

Comme l'a dit Benoît XVI en ce 5 juillet :

"Fixant les plaies du crucifié, tout homme, même dans des conditions de misère morale extrême, peut dire : Dieu ne m'a pas abandonné, il m'aime, il a donné sa vie pour moi ; et retrouver ainsi l'espérance."

Dieu ne nous abandonne pas, ne nous abandonnons donc pas nous-mêmes et faisons de notre 5 juillet et des jours qui suivront un lendemain qui chante un tube.

Posté par beniouioui à 19:33 - Religion - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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08 juin 2009

Heureux !

Image1 En nous proposant aujourd'hui l'Évangile des Béatitudes, l'Église nous intime l'ordre d'être heureux. Qui que nous soyons, petits ou grands, forts ou faibles, drôles ou ennuyeux, Dieu nous avoue une chose merveilleuse: il nous aime :-)

Simple, les yeux pétillant comme un enfant devant une confiserie, Roger Federer est joyeux. Il a enfin gagné une finale à Roland-Garros et est ainsi entré dans le cercle très fermé des super champions vainqueurs sur toutes les surfaces. Heureux les pauvres [enrichis] de cœur, le Royaume des Cieux est à eux.

Pour fêter sa victoire, Roger Federer évitera de boire du faux rosé. Sous les tirs croisés d'une pression gauloise efficace, la Commission européenne n'autorisera finalement pas la fabrication du vin rosé en mélangeant vin blanc et vin rouge à partir de la technique du coupage. Heureux les [vins] doux, ils obtiendront la terre promise.

Ce n'est pas sur la terre mais dans la mer qu'ont disparu les passagers du vol AF 447. Cet événement tragique nous confronte brusquement à la mort. Celle des disparus bien-sûr mais la nôtre également. Il nous confronte aussi à l'injustice d'une mort brutale qui survient sans raison, sans crier gare. La mort est le grand mystère de la vie, celui de la chute originelle rachetée par le Christ. En ces moments-là, il est difficile de faire confiance à Dieu, de s'abandonner et d'espérer. Heureux [donc] ceux qui pleurent, ils seront consolés.

Le sentiment d'injustice se ressent souvent lors d'un décès mais a bien d'autre occasion pour nouer notre estomac. Les élections européennes en ont été un énième moment clef. François Bayrou était persuadé d'apparaître le soir du 7 juin comme le troisième voire le deuxième homme; il a finalement été éjecté du podium comme un mal-propre. "Injustice", dut-il crier ce matin en se rasant, en oubliant peut-être qu'il a trop rasé ses potentiels électeurs par un positionnement moyennement clair. Partout en Europe, les électeurs ont réclamé une Europe qui les comprenne et qui leur parle, une Europe qui n'oublie pas ses valeurs chrétiennes qui en sont les fondements, une Europe qui pense à cette planète dont elle est l'un des continents. En France, la donne est moins lisible, faute de protagonistes charismatiques. En tout état de cause, les français ont été trop peu nombreux à voter pour ces députés qui font 80% de nos lois. Heureux ceux qui ont [faiblement] faim et soif de justice, ils seront rassasiés.

"Justice", nous ne sommes pas certain que le mot soit particulièrement bien associé à Omar Bongo. Comme beaucoup de dirigeant africain, "le plus vieil ami africain de la France" décédé aujourd'hui s'est plus soucié de son compte en banque personnel que de l'estomac de son peuple. Baptisé catholique pour avoir une audience avec Paul VI, ce vénal potentat s'est converti à l'Islam pour obtenir les dollars de l'OPEP. Peut-être que l'Afrique, qui a encore beaucoup de travail à faire pour tracer le chemin de la justice, de l'amour et de la paix, lui pardonnera son absence totale de valeurs humaines. Heureux les miséricordieux, ils obtiendront miséricorde.

De la miséricorde, peut-être pas, mais du cœur il en faut certainement beaucoup pour renflouer le capital de Libération, journal sans positionnement qui n'est pas prêt de gagner un radis. Donner aux autres son argent et surtout son temps, c'est une action à la mode. Les associations humanitaires débordent de CV et c'est tant mieux. Notre association du moment s'appelle Le Rocher, l'Oasis des Cités. Elle a pour vocation de s'occuper des jeunes des banlieues, trop souvent délaissés et abandonnés à des mains pas forcément innocentes. Heureux les cœurs purs, ils verront Dieu.

Dieu parfois peut être source de conflit. Au Liban, Il est invoqué dans tous les sens par des chiites, des sunnites, des druzes, des maronites, des arméniens orthodoxes, des grecs-catholiques et des grecs-orthodoxes, et sans doute même des athées angoissés. Tout le monde s'attendait à ce que le "parti de Dieu" (Hezbollah) sorte grand gagnant des élections du week-end dernier et il a finalement dû s'incliner. Pour gagner, le Hezbollah comptait sur l'étendard orange de la scène chrétienne : le général Aoun. Plus soucieux de son ambition égocentrico-personnelle que du bien de sa communauté, il avait pactisé avec un diable qui lui avait demandé de diviser le camp chrétien, seul à même de faire la différence dans un système politique libanais particulièrement compliqué. Mais voilà, orange, qui est aussi la couleur du Modem, n'était pas la couleur du week-end et, en ce qui concerne Aoun, c'est tant mieux.  Comme quoi, Dieu existe vraiment et il confirme qu'Il préfère la liberté à l'obscurantisme. Heureux les artisans de paix, ils seront appelés fils de Dieu.

Cette paix, le monde entier aimerait la voir émerger d'une élection iranienne si proche. Chacun sait que le pouvoir ne se joue pas là et que seuls les mollahs tiennent les rênes de la mythique Perse. Pourtant le peuple iranien a les moyens de leur faire enfin passer un message fort. L'Iran est aujourd'hui plus chanceux que son sparing-partner de la menace nucléaire, la Corée du Nord, qui eux n'a aucune élection à l'horizon et vient de condamner au bagne deux journalistes américains. Mais dans ces nombreux pays qui ne sont pas fiers d'eux et où les artisans de paix sont poursuivis, condamnés, empêchés de tourner en rond, il existe toujours des héros qui luttent pour le bien. Qu'ils aient foi en Dieu et ne s'arrêtent jamais. Heureux ceux qui sont persécutés pour la justice, le Royaume des cieux est à eux.

Benoît XVI n'est pas prêt de s'arrêter de lutter. Le Royaume des cieux, il le scrute chaque jour de son regard si doux. Des bâtons, il en a plein ses roues. Des cailloux remplissent ses chaussures et les médisances ont leurs porte-voix. Malgré toutes ces contraintes, il continue inlassablement à indiquer le chemin et à prier pour ceux qui ne le prennent pas, ne le voient pas. Heureux serez-vous si l'on vous insulte, si l'on vous persécute et si l'on dit faussement toute sorte de mal contre vous, à cause de [Dieu]. Réjouissez-vous, soyez dans l'allégresse, car votre récompense sera grande dans les cieux.

Alors oui, bien que parfois ce soit difficile, réjouissons-nous !


Teaser des Sessions Paray-le-Monial 2009
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15 mai 2009

Shalom

Image1Dans son dernier discours en Terre Sainte, le pape Benoît XVI a tout dit.

Il sera sans doute commenté mais il doit surtout être lu.

Monsieur le président,
Monsieur le premier ministre
Excellences, mesdames et messieurs,

Alors que je me prépare à repartir pour Rome, permettez-moi de partager avec vous quelques-unes des puissantes impressions que m’a laissées mon pèlerinage en Terre sainte. J’ai eu des discussions fructueuses avec les autorités civiles d’Israël comme des Territoires palestiniens, et j’ai été le témoin des grands efforts que font les deux gouvernements pour assurer le bien-être des populations. J’ai rencontré les responsables de l’Église catholique en Terre sainte, et je me réjouis de voir comment ils travaillent ensemble au soin du troupeau du Seigneur. J’ai eu aussi l’opportunité de rencontrer les responsables des différentes Églises chrétiennes et communautés ecclésiales, aussi bien que les responsables des autres religions en Terre sainte. Cette terre est vraiment un terrain fertile pour l’œcuménisme et le dialogue interreligieux, et je prie pour que la riche variété de témoins religieux dans la région trouve son fruit dans une compréhension mutuelle et un respect croissants.

Monsieur le président, vous et moi avons planté un olivier dans votre résidence le jour où je suis arrivé en Israël. L’olivier, comme vous le savez, est une image utilisée par saint Paul pour décrire les très étroites relations entre les chrétiens et les juifs. Paul décrit dans sa lettre aux Romains comment l’Église des gentils est comme un rameau d’olivier sauvage greffé sur l’olivier cultivé qui est le Peuple de l’Alliance. Nous sommes nourris aux mêmes racines spirituelles. Nous nous sommes rejoints comme des frères, des frères qui, à un moment de notre histoire, ont eu une relation tendue, mais qui sont maintenant fermement engagés à bâtir les ponts d’une amitié durable.

La cérémonie au palais présidentiel a été suivie par l’un des moments les plus solennels de mon séjour en Israël, ma visite au Mémorial de l’Holocauste à Yad Vashem, où j’ai rencontré quelques-uns des survivants qui ont souffert des démons de la Shoah. Ces rencontres profondément émouvantes m’ont remis en mémoire ma visite, il a trois ans, au camp de la mort d’Auschwitz où tant de juifs – mères, pères, maris, épouses, frères, sœurs, amis – ont été brutalement exterminés sous un régime impie qui propageait une idéologie d’antisémitisme et de haine. Cet épouvantable chapitre de l’histoire ne doit jamais être oublié ou nié. Au contraire, ces sombres souvenirs devraient renforcer notre détermination à nous rapprocher toujours plus les uns des autres comme des branches du même olivier, nourries des mêmes racines et unis dans un amour fraternel.

Monsieur le président, je vous remercie de la chaleur de votre hospitalité, que j’ai grandement appréciée, et j’aimerais qu’on se souvienne que je suis venu visiter ce pays en ami des Israéliens, tout comme je suis un ami du peuple palestinien. Les amis aiment passer du temps en compagnie ensemble, et ils sont profondément bouleversés de voir l’autre souffrir. Aucun ami des Israéliens et des Palestiniens ne peut éviter d’être triste de la continuelle tension entre vos deux peuples. Aucun ami ne peut éviter de pleurer à la souffrance et aux pertes en vie humaine que les deux peuples ont endurées durant les dix dernières décennies. Permettez-moi de lancer cet appel à tous les peuples de cette terre : plus d’effusion de sang ! Plus de combats ! Plus de terrorisme ! Plus de guerre ! Brisons plutôt le cercle vicieux de la violence. Que s’établisse ici une paix durable basée sur la justice, que s’établissent ici une réconciliation et une guérison véritables. Que soit universellement reconnu le droit de l’État d’Israël à exister et à jouir de la paix et de la sécurité dans des frontières internationalement reconnues. Et que soit de même reconnu que le peuple palestinien a le droit à une patrie souveraine et indépendante, de vivre avec dignité et de se déplacer librement. Que la solution de deux États devienne une réalité, et ne reste pas un rêve. Et que la paix jaillisse de ces terres, qu’elles soient « lumière des nations », apportant l’espérance à tant d’autres régions affectées par les conflits.

Une de mes plus tristes images au cours de ma visite sur ces terres a été le mur. En le longeant, j’ai prié pour un avenir dans lequel les peuples de la Terre sainte pourront vivre ensemble en paix et en harmonie, sans plus avoir besoin de telles mesures de sécurité et de séparation, mais plutôt dans le respect et la confiance mutuels, et en renonçant à toute forme de violence et d’agression. Monsieur le président, je sais combien il est dur d’atteindre ce but. Je sais quelles sont les difficultés de votre mission et celles de l’Autorité palestinienne. Mais je vous assure que mes prières et que les prières des catholiques à travers le monde sont avec vous quand vous persévérez dans vos efforts pour bâtir une paix juste et durable dans cette région.

Il me reste maintenant à exprimer, du fond du cœur, mes remerciements à tous ceux qui ont contribué de tant de façons à ma visite. Je suis profondément reconnaissant au Gouvernement, aux organisateurs, aux bénévoles, aux médias, à tous ceux qui ont procuré l’hospitalité à moi et à ceux qui m’accompagnaient. Soyez assurés que je me souviendrais de vous avec affection dans mes prières. À tous, je dis : merci, et que la paix soit avec vous. Shalom !

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14 mai 2009

L'Europe, civilisation d'amour?

Image1Tout au long de son pèlerinage en Terre Sainte, le pape Benoît XVI a expliqué lentement, patiemment, la révolution du christianisme.

En Jordanie, il a évoqué la liberté, la raison et l'intelligence qui permettent de découvrir ce Dieu seul capable de transformer le monde.
A Jérusalem, il a refusé l'égoïsme, le cynisme et le désespoir et réclamé avec force la sagesse, le dialogue et l'harmonie.
A Bethléem, il a appelé à la destruction des murs de haine qui séparent les communautés pour entrer dans une ère de compréhension, de réconciliation et de paix.
A Nazareth, il a promu la famille, "église domestique", école de sagesse, de foi et de paix.

En quelques jours, Benoît XVI a ainsi décrit une civilisation de l'amour qui serait fondée sur des familles croyantes et humbles, une éducation intelligente qui permettrait un discernement, une liberté orientée vers le Bien et une paix retrouvée.


Le Pape chante pour la paix
envoyé par KTOTV - L'info internationale vidéo.

A l'aune des élections européennes, nous pouvons nous demander si nous en prenons le chemin ou si nous nous en éloignons.

L'Europe est une idée magnifique portée, après la Seconde Guerre Mondiale de triste mémoire, par des chrétiens convaincus et convaincants, notamment l'italien De Gasperi et le français Robert Schuman dont le procès en béatification est en cours à Rome.
Nos pères fondateurs européens ont certaines similitudes avec les pères fondateurs américains. Ils voyaient dans une Europe unie et fière de ses valeurs un rempart contre le mal, un havre de liberté et de paix, une source développement économique, culturel, fraternel et humain. Près de deux siècles après la Déclaration d'Indépendance américaine, Robert Schuman et ses partenaires osaient affirmer plus fortement encore, de manière moins ésotérique peut-être, la puissance spirituelle et chrétienne qu'ils entendaient donner à cette construction.

Mais aujourd'hui, 50 ans plus tard, où en sommes-nous? Le projet commun se rapproche-t-il d'une civilisation de l'amour telle que l'attendait Paul VI ou prend-il des détours égoïstes, des circonvolutions dangereuses?

La réponse que nous proposons est certainement dans la question : l'Europe ne répond pas encore à ses objectifs de départ.

1- Peut-être parce que ceux-ci étaient idéalistes et qu'ils ne prenaient pas suffisamment en compte ce que des mathématiciens nommèrent à cette même période la "théorie des jeux" : le projet le plus beau n'est pas forcément celui que choisissent les acteurs irrationnels et individualistes dans un univers compétitif.

2- Mais peut-être également parce que nous nous perdons nous-mêmes dans un jeu pourtant jouable. Pour que l'Europe soit un début de civilisation d'amour, il faudrait qu'elle réaffirme courageusement ses valeurs et son origine chrétiennes et qu'en découlent naturellement la liberté, la démocratie, la charité, la justice et la paix. Pour que l'Europe soit un début de civilisation d'amour, il faudrait qu'elle cesse d'être une civilisation de l'égoïsme, du particularisme, du lobby. Pour que l'Europe soit un début de civilisation d'amour, il faudrait qu'elle ne soit plus ce mouton pragmatique qui suit les égarements d'une société au gré des sondages, qui voit le développement sous l'unique prisme économique et qui conçoit l'humanité comme une somme d'individualités contraintes de vivre ensemble plutôt que comme une communauté de personnes appelées à grandir ensemble.

3- Et peut-être finalement parce que nous sommes comme nos amis de Terre Sainte, des Hommes qui devons écouter un envoyé de Dieu prôner la foi, l'espérance et la charité.

Aussi, à un mois du scrutin européen, rappelons-nous les indications que Saint Benoît, saint-patron de l'Europe, donne à ses moines pour guider leur choix lors de l'élection démocratique de l'abbé du monastère : homme sage, homme de paix et serviteur fidèle, l'abbé doit œuvrer pour le bien de sa communauté. Pur, sobre et bienveillant, il doit être juste, aimé et ne doit jamais oublier de suivre les commandements de Dieu.

Nous ne sommes pas des moines mais Sagesse, abnégation dans son travail, justice, fidélité à sa mission et charité sincère ne sont pas forcément de mauvais critères de choix si l'on veut fonder une civilisation d'amour.

11 mai 2009

De l'absolue certitude à l'humilité

Image1 Il est curieux de voir que les plus virulents donneurs de leçons, les critiques les plus féroces, les parangons du droit d'expression ne se remettent jamais en question.

Il y a quelques semaines, le pape était un fiévreux fasciste et voilà que les discours qu'il prononce à chaque étape de son pèlerinage en Terre Sainte en bouchent un coin à ses trop fervents détracteurs. Le pape est porteur d'un message de paix et sa parole porte. Dans le même temps, il prône raison, intelligence et liberté à un islam replié sur lui-même. Bref, le pape est pape et il témoigne du message des Évangiles qui peut être exigeant parfois mais dont la ligne directrice reste toujours l'Amour de Dieu à travers l'Homme.

De la raison et de l'intelligence, les médias français en auraient bien besoin. Après avoir vilipendé en gros caractères Didier Julia, le député UMP parti avec ses deux copains pour "sauver" nos otages en Irak, sa réhabilitation s'écrit en police minuscule dans nos journaux. Les pieds nickelés étaient bel et bien téléguidés par l'Élysée et si les barbouzes ont fait des barbouzeries, c'est que l'État le leur avait commandé. En situation complexe, comme lors d'une prise d'otage en pleine guérilla, les médias devraient peser leurs mots.

La situation la plus complexe du XXe siècle, c'est la Shoah dont le pape s'est engagé ce matin à "honorer la mémoire". Beaucoup de choses ont été dites sur Pie XII et presque toujours négatives. Pourtant ils furent nombreux dans les années 50 à "honorer sa mémoire", à commencer par Golda Meir ("la voix du pape Pie XII s'est élevée en faveur des victimes"). Mais il a suffit d'une pièce de théâtre, Le Vicaire écrite par Rolf Hochhuth en 1963 (dont s'inspira Costa-Gavras pour Amen), pour que Pie XII devienne un pape honni. Depuis, les critiques pleuvent sur une Église qui n'est plus seulement ringarde, liberticide et moraliste mais qui serait en plus antisémite. Alors patiemment, l'Église trie ses archives et reconstitue les faits historiques pour offrir à un monde bourré de certitudes le vrai visage de son ancien pape. Et les dernières découvertes semblent bien contredire les cris d'orfraie des humanistes de salon de thé.

De l'humanité et de l'amour, Nadine Morano dit en avoir. Sûre d'elle, Nadine souhaite autoriser sous certaines conditions les mères porteuses. Ou de manière plus chic la "gestation pour autrui". Nous vivons dans une société qui est toujours sûre de son bon droit égoïste et de sa liberté individuelle, mais qui n'accepte pas de ne pas tout maîtriser et de laisser Dieu la guider sur un chemin inconnu. Pourtant, Benoît XVI le redit souvent : "chacun de nous avons un rôle à jouer dans le plan de Dieu". Ce rôle n'est pas forcément celui que nous attendions et bien que ce soit parfois au-dessus de nos forces, il faut justement prendre un peu de la force de Dieu pour que nos tristesses deviennent des lumières. Nadine, écoutez Mère Teresa qui nous criait avec tant de force : "choisis la vie" (pour la version musicale, c'est ici).

Toutes ces absolues certitudes nous ramènent au saint patron de notre pape pèlerin : Saint Benoît. Dans sa Règle, Benoît exigeait trois vertus de ses moines : le silence, l'obéissance et l"humilité.

Le silence, les personnalités médiatiques devraient parfois le mettre en pratique pour éviter de réagir brutalement. Seul le bruit du cœur est intéressant.

L'obéissance, nous devrions tous y travailler afin de sortir de nos égoïsmes et nous tourner vers une autorité d'amour, celle de Dieu.

L'humilité, c'est le chemin majeur. Nous ne savons pas tout; nous ne sommes pas tout. "Quand on se fait grand, on descend; quand on se fait petit, on monte."

Et forts de ces vertus, nous ouvrirons nos yeux sur un bonheur plus durable que nos petits gains quotidiens : l'assurance de l'amour et l'espérance de la vie.

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