BeniNews, l'actu est toujours spirituelle

Chroniques piquantes d'un monde qui change....

10 novembre 2009

L'humanisme fait-il avancer l'humanité?

Image6 Cela fait un peu plus d'un an que ce blog existe. Oh, certes il n'est pas encore d'un esthétisme fou et a des fonctionnalités limitées par la compétence technique des BeniNewsers mais il a déjà abordé de nombreux sujets plus ou moins complexes.

Aujourd'hui, le sujet est dans la tranche des "très complexes", car l'humanisme que je veux discuter se pense et peut paraitre charitable.

Premier sujet : le jugement que vient de rendre le tribunal administratif de Besançon autorisant un une homosexuelle vivant en couple à adopter.

Il y a presque 2 ans, suite au refus du Conseil Général du Jura de permettre à Emmanuelle, célibataire qui n'avait pas caché son homosexualité, d'adopter un enfant, Emmanuelle et sa compagne étaient allées ester devant la fameuse Cour Européenne des Droits de l'Homme. Notre CEDH favorite (celle qui interdit les curcifix en Italie) avait évidemment condamné la France pour "discrimination sexuelle" mais n'avait pas pas pour autant effrayé le Conseil Général du Jura qui resta droit dans ses bottes... Jusqu'à ce qu'un tribunal administratif jurassien utilise les siennes pour lui botter le derrière. Faire une première. Et réjouir Noël Mamère.

Que dire?

Il faut parfois savoir affirmer des convictions désagréables ou incomprises. Je vais donc peut-être énerver voire choquer. Mais cette décision, je m'y oppose. Comme je m'oppose d'ailleurs à l'adoption par une personne célibataire.

Deuxième sujet : la proposition de loi sur l'euthanasie qui vient d'être déposée par 120 députés socialistes à l'Assemblée nationale et qui sera discutée le 19 novembre prochain.

4 ans après l'adoption de la loi Leonetti sur les droits des malades et la fin de vie (avril 2005) et un an après la remise d'un rapport évaluant son application, le groupe socialiste vient de déposer deux propositions de lois relatives à l'euthanasie auprès de la présidence de l'Assemblée nationale.

Que dire?

Il faut parfois savoir affirmer des convictions désagréables ou incomprises. Je vais donc peut-être énerver voire choquer. Mais cette décision, je m'y oppose.

***

Ces deux thèmes n'ont rien à voir l'un avec l'autre, à l'exception quand-même d'un point commun qui devient le fer de lance de la société contemporaine : l'humanisme.
Humanisme parce qu'il parait charitable aux yeux de beaucoup de permettre à deux personnes qui n'ont pas choisi leur orientation sexuelle de transmettre à un enfant tout l'amour qu'ils ont à donner.
Humanisme parce qu'il parait charitable aux yeux de beaucoup de permettre à une personne condamnée à mourir dans d'atroces souffrances de "mourir dignement" et paisiblement.

Humanisme... Quand je dis que le sujet est complexe, je veux peut-être dire que le mot est complexe.

Je ne détaillerai pas toutes les raisons qui me poussent à m'opposer à ces deux mesures, que j'ai déjà en partie expliquées (ici) et qui tiennent non seulement de la spiritualité mais également de l'anthropologie, de la sociologie, de la psychologie et de la philosophie. Mais il me semble que dans toute cette humanité, on oublie finalement ... l'homme.

Si pour certains, l'homme est une matière évoluée, pour BeniNews l'homme est le coeur de la création. Le coeur de ce grand projet divin. Le coeur de ce mystère qui nous dépasse. Et c'est justement dans cette humilité du dépassement que se situe mon opposition à l'humanisme matérialiste actuel.

L'homme a été créé avec son fonctionnement, avec ses joies mais aussi ses souffrances, avec son amour et son besoin de l'Autre, avec ses talents différents et pas forcément cumulables, avec son incompréhension du mystère et son espérance. Avec sa transcendance.

Aujourd'hui, l'homme veut décider de son bonheur à la place de Dieu. Cette "espérance" scientiste n'est pas nouvelle et a déjà fait des émules au cours de l'histoire. Mais l'homme moderne commet, à mon sens, une erreur fondamentale : il est trop libéral. Il croit, comme Adam Smith en économie, que ses décisions égoïstes vont mener à un bien commun. Il veut forcer la "main invisible" de Dieu à aller dans son propre sens individuel.

Nos décisions d'enfanter, d'adopter, de mourir deviennent des décisions prétentieuses de Monsieur Je-sais-tout. Dieu a créé l'homme et la femme? Je m'en fous, je me démerderai autrement. Le mal et la mort existent? Je m'en fous, je me démerderai autrement. Bref, je suis plus fort que Dieu.

On me dira que ma religion n'est pas charitable avec certains et que je m'en fous, car je n'en suis pas. Pas homosexuel, pas souffrant, pas que sais-je... Oui et non. Peut-être que mon Dieu n'admet pas nombre de mes actes, que j'en suis conscient, que je fais avec, que je cherche à comprendre et que j'essaie de m'améliorer.

Toute cette histoire est résumée par une news du site Internet de Télé 2 Semaines. Frédéric Lopez, animateur de l'émission Rendez-Vous en Terre Inconnue, a décidé de dénoncer les people qui ont refusé de venir à son émission. Ainsi, selon lui, selon Télé 2 Semaines, selon Jean-Marc Morandini, Vanessa Paradis et Benoît Poolevorde qui préfèrent rester avec leur famille plutôt que passer plusieurs jours avec les papous ou les inuits seraient de mauvais bougres. Le développement durable: oui; la famille: fausse excuse.

Oui l'humanisme est devenue une drôle de valeur. Un nouvel humanisme veut balayer une vision ancestrale de l'amour familial. C'est étrange et parfois inquiétant. Car si c'est quand on met ses mains dans la prise qu'on comprend l'interdiction de Maman, c'est peut-être quand on aura été trop loin qu'on comprendra que les preceptes spirituels n'étaient pas forcément absurdes et que Dieu n'est pas un mauvais père.

Si l'humanisme s'intéressait à l'âme en plus du corps...

06 novembre 2009

Le mur en poussière

Image1 Le 9 novembre 2009, le mur de Berlin s'ouvrait. Symbole du communisme dictatorial, haineux, brutal, ce mur devenu poussière allait changer l'Europe et le monde.

En image tout au moins, car cette fin d'une triste histoire fut un long processus.
Un processus démarré à Gdansk où des ouvriers polonais osaient se mettre en grève.
Un processus pendant lequel de grands hommes se sont révélés sous un jour plus ou moins bon. Tandis Helmut Kohl et Mikhaïl Gorbatchev démontraient leurs capacités tactiques et leur pragmatisme, François Mitterrand redécouvrait la peur française de l'Allemagne.
Un processus qui bénéficia de la tenacité d'un homme visionnaire et mû par une foi profonde : Jean-Paul II.

De Jean-Paul II, Lech Walesa, le héros de Gdansk, a dit ceci :

"Dans ce monde communiste sans foi, les Polonais ont rencontré ce pape. Son message nous a considérablement aidés. Nous avons associé la prière à la grève, nous l'avons même adaptée à la grève. Sans Jean-Paul II, les événements ne seraient pas survenus aussi vite."

De Jean-Paul II, Mikhaïl Gorbatchev, a dit cela :
«Rien de ce qui s'est passé en Europe de l'Est n'aurait pu se produire sans ce pape-là...»

La chute du mur de Berlin, la réunification européenne, la fin d'un communisme destructeur ne furent pas le fruit d'une simple stratégie politique. Ces événements furent la foi, l'espérance et la charité d'un pape d'exception.

Aujourd'hui, nous fêtons cet effondrement. Aujourd'hui, nous célébrons l'Europe unie. Mais aujourd'hui, nous ne savons toujours pas de quelle Europe nous parlons.

Est-ce l'Europe de la Cour Européenne des Droits de l'Homme (CEDH) qui vient d'obliger l'Italie à refuser les crucifix des murs des écoles... contrairement au souhait des italiens eux-mêmes? Je n'aurais pas la grossiereté de rappeler à nos potentats européens le nombre de pays de notre belle Union qui ont un des christianismes comme Religion d'Etat ou ont passé un Concordat particulier. Les pays "areligieux" se comptent sur les doigts d'une seule main, et encore... Mais rappelons-nous que nos Pères Fondateurs à nous, ne sortent pas de nulle part. Comme ce mur qui chute grâce à un pape, l'Europe s'est bâtie grâce à Robert Schuman dont le procès en béatification est en cours à Rome.

Est-ce l'Europe de Pierre Lellouche qui traite de "pathétique" le leader conservateur et futur Premier-Ministre britannique David Cameron pour la seule raison qu'il défend une Europe différente?

La création de la Communauté Européenne du Charbon et de l'Acier (ancêtre de notre Union Européenne) par Schuman tout comme la chute du Mur de Berlin sont des gestes de paix, d'amour. Ce sont des gestes historiques et civilisationnels de rupture avec les totalitarismes et les valeurs négatives.

Dans sa chanson "Les Murs de Poussière", Francis Cabrel raconte l'histoire d'un homme qui cherche le bonheur. Comme beaucoup de nos contemporains, il pense qu'il se sauvera tout seul. "Je partirai demain si je veux/ J'ai la force qu'il faut pour le faire et j'irai trouver mieux". Et puis pschiiittt. Rien.

L'Europe en est un peu au même point. Elle cherche à trouver mieux en oubliant son histoire.
L'identité nationale dont on parle aujourd'hui, l'identité européenne dont on devrait parler un peu plus ne sont-elles pas à chercher dans notre "lopin de terre", dans "la douce lumière du soir", dans "la troupe entière de [nos] aïeux"? Dans notre civilisation qui a uni Athènes (philosophie) et Jérusalem (foi) dans Rome?

En 1949, l'Europe a enclenché un processus de paix. En 1989, elle a rétabli un processus de liberté. En 2009, elle pourrait un processus d'identité.

02 novembre 2009

Des racines et des ailes

Image1 Nous avons déjà évoqué dans ce blog Un Grand Amour m'attend, une pièce de théâtre présentée par une troupe amateur pleine de talents, la Compagnie des Types Louches.

Cette pièce qui s'attache à révéler l'âme du Bienheureux Pier-Giorgio Frassati est bouleversante d'actualité à plusieurs titres.

Alors que l'Europe fait passer au forceps un traité de Lisbonne que personne n'a lu et que beaucoup avait rejeté, alors que l'Europe se cherche un président pas trop visible mais bien sous tout rapport, alors que l'Europe est en quête de son ministre des Affaires Etrangères, Pier-Giorgio Frassati nous rappelle l'importance de la paix. Lui qui vécut une des périodes les plus troubles de notre histoire européenne et qui dut faire face à la double violence fasciste et communiste ne priait pas pour n'importe quelle paix : "la violence sème la haine, et l’on récolte ainsi les fruits néfastes de ces semailles. Mais, avec la Charité, on sème la paix chez les hommes, non point la paix du monde, la vraie paix que seule la Foi en Jésus-Christ peut nous donner en nous rendant fraternels les uns aux autres."

Tandis que la crise économique nous oblige à repenser nos vieux modèles et nous permet une critique d'un libéralisme qui oublierait la gratuité de l'amour, Pier-Giorgio Frassati, fils du fondateur du grand journal libéral La Stampa, provoque son père en répondant à son âme. Persuadé que son avenir professionnel était lié au sort des plus pauvres et se trouvait au fond d'une mine plutôt qu'à la tête d'un journal, il s'écriait : « Autour des malades, autour des malheureux, je vois une lumière que nous n’avons pas ».

Pendant que les nouveaux médias inquiètent, pendant que le Figaro relance la polémique sur les jeux vidéos, pendant que ministres et secrétaires d'Etat réfléchissent à l'édification de la jeunesse, Pier-Giorgio Frassati nous montre un chemin fait d'amitié, de volonté, de respiration montagnarde et de conviction. « A nous, il n’est pas permis de vivoter ; vivre est notre devoir ! Trêve donc à toute mélancolie ! »

En cette période de relance du débat sur l'identité nationale et sur les valeurs qui forgent une nation, Pier-Giorgio Frassati nous pousse à prendre de la hauteur. Quelles sont les vraies valeurs? Notre droite libérale d'hier est devenue sécuritaire aujourd'hui. Et alors? Les valeurs ne sont-elles pas des ancrages bien plus profonds? Ne faudrait-il pas réapprendre à creuser au bon endroit? « Vivre sans foi, sans un patrimoine à défendre, sans soutenir dans une lutte continue la vérité, ce n’est pas vivre mais végéter. Nous ne devons jamais végéter mais vivre ».

En cette journée qui fête les morts, ceux qui nous ont quittés, ceux que nous aimions, ceux que nous n'aimions pas vraiment, Pier-Giorgio Frassati nous livre un témoignage à contre-courant. La mort est un sujet d'inquiétude et d'incompréhension. Les études récentes montrent que si la foi chrétienne décroit, la croyance en l'au-delà s'accroit. Les français préfèrent les obsèques au bâptème. Opium d'un peuple qui cherche à se rassurer? Pier-Giorgio Frassati, lui, n'en avait pas peur et, alors qu'il était sur le point de mourir à seulement 24 ans, s'écriait : "aujourd’hui qu’il me faut lutter, je ne puis que remercier Dieu qui a voulu dans sa miséricorde infinie m’accorder cette douleur , afin que je puisse à travers les plus dures épines retourner à une vie plus intérieure, plus spiritualisée." Il était convaincu, que dans les bras de Dieu, dans cette vie éternelle ultime, un grand amour l'attendait.

Ainsi, par l'intermédiaire de la Compagnie des Types Louches, Pier-Giorgio Frassati nous donne plusieurs indications de vie. Adhérent au Parti Démocrate Chrétien, il nous pousse comme Benoît XVI à nous investir dans la vie civile; perpétuellement joyeux, il nous demande de préserver notre espérance; magnifiquement intériorisé, il nous amène à creuser au fond de nous-mêmes; tout en charité, il nous supplie d'aimer.

Un proverbe juif dit avec une grande sagesse : "on ne peut donner que deux choses à ses enfants : des racines et des ailes." Pier-Giorgio Frassati nous le confirme. Ancré dans la vérité, la tradition, la foi et l'amour, il était sans cesse poussé vers les cimes de la vie. Verso l'alto était sa devise. Verso l'alto, nous devons aller.

Il y a un théâtre quelque part dans Paris où un grand bonheur nous attend.

27 octobre 2009

Quand la graine devient un arbre

Image1 L'Evangile de ce jour est un grand classique de la parabole et ce grand classique apparait comme le petit gramme de finesse dans cette année de brute.

Jésus disait à la foule: "A quoi le règne de Dieu est-il comparable, à quoi vais-je le comparer?
Il est comparable à une graine de moutarde qu'un homme a jetée dans son jardin. Elle a poussé, elle est devenue un arbre, et les oiseaux du ciel ont fait leur nid dans ses branches. »
Il dit encore : « A quoi vais-je comparer le règne de Dieu ?
Il est comparable à du levain qu'une femme enfouit dans trois grandes mesures de farine, jusqu'à ce que toute la pâte ait levé. » (Luc 13, 18-21)

Lorsque nous regardons autour de nous, nous pourrions raisonnablement baisser les bras et nous dire que si la fin du monde n'est pas là, il faudrait peut-être qu'elle se dépêche d'arriver pour nous éviter de faire pire avant de voir le Seigneur !

Pourtant, au milieu des tentations et des égoïsmes, l'Evangile nous dit à juste titre qu'il suffit de peu de chose pour nous en sortir. Une graine de moutarde, un grain de senevé, un petit rien infinitésimal à partir duquel Dieu peut faire quelque chose.

Cette image, j'ai envie aujourd'hui de la proposer à Sting.

Sting n'est certainement pas une graine de moutarde. Ou si ce fils de laitier l'a peut-être été dans son enfance, son talent a rapidement émergé et nous l'avons reconnu. Avec The Police d'abord et ses tubes planétaires : Message in the Bottle, Every Breath You Take, Roxanne. Puis en carrière solo avec des chansons comme Russians qui ont marqué mon enfance. Dans chacune de ses compositions, son mélange de jazz, reggae et rock a fait mouche et cette mouche, nous sommes nombreux à l'avoir gobée.

Sting n'est pas non plus une graine de moutarde dans ses engagements. Ecologiste avant tout le monde, il a participé à la création de la Rainforest Foundation qui tente de préserver la forêt amazonienne et a su, humilité rare, reconnaitre ses erreurs et ses excès et passer la main à des professionnels.

Mais Sting est peut-être une graine de moutarde dans ses récents développements musicaux. Posé, en recherche d'harmonie et de paix, l'abeille tourne autour de la fleur, plante son dard et espère en faire une oeuvre transcendante. Son dernier album, "If On a Winter's Night..." va piocher chez Bach, Purcell ou la culture ancestrale galloise des chansons d'hiver qui nous poussent à retrouver le sens de l'existence.
La graine de moutarde excitée est devenue un arbre poétique.

Sting se déclare agnostique mais toute son évolution éclaire sa recherche et se teinte de respect des valeurs qu'il a reçues. Lorsqu'il avoue sa joie de jouer dans une cathédrale, il offre le témoignage d'un arbre qui est à quelques branches du bonheur.

Je me souviens avoir été ému à en avoir la chaire de poule un dimanche soir en 2007 devant Arte. Sting était assis sur une barrique et jouait un Prélude de Bach à la guitare. Alessandri Ferri dansait autour de lui, douce, élégante, gracieuse. L'arbre de Sting commençait déjà à pousser et à me caresser.

Chacun de nous avons une graine. Nous grandissons et mûrissons. Demandons parfois à l'Esprit-Saint de nous l'ensoleiller et de brûler les mauvaises bactéries pour qu'elle devienne un arbre. Un arbre de joie, de foi, d'espérance et de charité.

23 octobre 2009

La chute des gars chouettes

Image1 Autrefois, les braves gens les trouvaient chouettes. La presse chantait les louanges de ces gars chics qui parlaient choc. Le bon choix, qu'on disait. Et patatras, trois de chute. Enfin, rien de grave, ce sont des chats. Ils s'en sortiront. Mais chuut...

Le premier de nos héros, Jean Sarkozy, a enfin renoncé à la présidence de l'EPAD. Malgré ses cheveux courts et ses lunettes. Échec, retrait stratégique, obéissance filiale, peu importe. Le garçon est brillant et sait qu'il a de l'avenir. C'était juste TROP. Trop tôt, trop grand, trop gros. Il est même étrange qu'un jeune homme que tout le monde semble trouver génial ait eu le moindre espoir sur cette affaire. Il est étonnant qu'il ait pu croire, ne serait-ce qu'une seconde, que le peuple qu'il déclare écouter accepterait cette "élection". Cette histoire a tout de même eu un mérite : nous savons aujourd'hui ce qu'est l'EPAD ! Et oui, la France est une place forte du business mondial. Ouf !

Le second, Axel Duroux, a été poussé hors de TF1 comme un malpropre. Celui qui était présenté il y a quelques mois comme un sauveur, n'a même pas réussi à sauver sa tête. Dégommé par un Nonce Paolini revigoré après le succès de Secret Story, le géant millionaire a perdu le combat. Dommage, il avait un talent qui aurait pu éviter à TF1 de tout miser sur des émissions calamiteuses. Mais le rebond viendra rapidement. Chez Lagardère? Pourquoi pas !

Le troisième, Bernard Kouchner, a été interdit d'Israël, Gaza, Syrie, bref de ce Proche-Orient qu'il aime tant. Et dire qu'il y a peu, il était le roi de la diplomatie ! Avec son verbe haut, son sourire Colgate et sa poignée de main chiraquienne, Bernard pensait pouvoir sauver le monde et voilà que plus personne ne veut le recevoir. Heureusement, il lui reste le Liban. Et quelques missions de conseil en Afrique. Aïe !

Tout ça, me direz-vous, ne casse pas trois pattes à un canard. Sauf qu'il révèle quand-même quatre choses. Une belle et trois mauvaises... avec de l'espoir.

La belle : l'humilité est une valeur gagnante.

La mauvaise 1 : il sera difficile de réformer la politique, le pouvoir est un vice ancestral. Mais persévérons. Benoît XVI l'a répété : il faut que les chrétiens s'impliquent en politique.

La mauvaise 2 : les médias sont mal gérés et c'est affreux, car ce sont aujourd'hui des bâtisseurs de société. Ou plutôt des destructeurs de valeurs qu'il faut transformer. Mais là aussi persévérons. L'éclatement des médias, l'arrivée de nouveaux acteurs, l'émergence des nouveaux modes de diffusion, bref toute cette révolution qui a commencé offre des perspectives de changement. Nous devons être parmis ces nouveaux diffuseurs.

La mauvaise 3 : la paix mondiale semble lointaine. Le Proche-Orient se ferme à Bernard, car le Proche-Orient s'enferme tout court. L'Iran a encore refusé de donner sa réponse à un compromis historique sur son programme nucléaire. Israël et les Etats-Unis continuent leurs manoeuvres aériennes. Malgré tout, il se passe des choses et des discussions sont ouvertes. Mais il faut prier, agir et espérer. Et soutenir les chrétiens qui ont un rôle de paix et de lumière à jouer dans le monde arabe.

La conclusion de la journée? Humblement, impliqué et médiatique, nous pouvons transformer le monde en priant.

Et pourquoi pas en arabe ! (en fait c'est une pub pour la vidéo ci-dessous, mais chuuut elle est tellement chouette que je la chante en boucle. C'est chou).

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16 octobre 2009

C'est à tribord qu'on crie le plus fort

Image1Depuis son élection en 2007, Nicolas Sarkozy se sent suffisamment sûr de son tribord pour ouvrir à bâbord. Mais aujourd'hui, son électorat lui rappelle que c'est bien à tribord qu'on crie le plus fort.

RSA jeune, Jean Sarkozy à l'EPAD, Frédéric Mitterrand, taxe écologique, mères porteuses, la droite devient tendue et ne reconnait plus son héraut.

Le président intrigue. Il paie les étudiants pour aller en cours, justifie péniblement l'ascension discutable de son fils, clôt un débat moral essentiel sur la fonction ministérielle, lance une bonne idée mal expliquée pour l'avenir de notre planète et teste une mesure humainement complexe sur la notion de création.

Attention, dans son entreprise de modernisation du pays et d'oubli des valeurs fondamentales, Giscard s'était coupé de sa base et s'était scratché...

Conscient de la situation, Nicolas Sarkozy s'explique sur sa droite et fait la fortune d'un jour du Figaro d'Etienne Mougeotte (et le "suicide" de ce même Etienne dans un édito complètement déconnecté qui passe assez mal auprès de ses lecteurs). Mais cela suffira-t-il?

Dans le même temps, Jean-François Copé s'explique sur sa gauche et fait la fortune d'un jour du Monde d'Eric Fottorino. Mais cela suffira-t-il?

Les deux leaders de la droite partent du même postulat : la France a changé, il faut donc évoluer. So what?, diraient les américains.

La France chrétienne ne pratique plus, la France agricole s'enferme dans les villes, la France des colonies émigre en métropole, la France culturelle surconsomme, la France des grands combats collectifs s'individualise.

Pour reprendre l'idée-force de Jean-François Copé, la France perd peut-être son identité. Ou plutôt ne trouve pas sa nouvelle identité. Mais entre le libéralisme sarkozyste et le nouvel humanisme copéiste, quelle identité nous propose-t-on réellement?

Nous devrions réfléchir avant tout à l'Homme que nous voulons devenir. Rien ne sert de gouverner par des sondages, ils ne révèlent pas forcément nos rêves profonds mais nos désirs soudains. "Je ne réalise pas le bien que je voudrais mais je fais le mal que je ne voudrais pas", nous dit très justement Saint Paul (Romains, 7, 19). Il faut donc prendre de la hauteur.

La France veut-elle devenir une terre de liberté responsable, de charité et de gratuité, de travail et de construction du monde, de culture et d'intelligence, de dignité et d'humilité, de subsidiarité et de proximité?

Quel sera le français de demain?

Grandira-t-il au sein d'une famille aimante qui lui inculquera des valeurs de vie?

Sera-t-il porté par une communauté religieuse qui l'aura ouvert sur un mystère d'espérance?

Eveillera-t-il son intelligence dans les méandres d'une école qui lui apprendra à raisonner et à discerner?

Trouvera-t-il sa vocation dans un travail matériel ou immatériel qui lui permettra de mettre au profit du monde ses talents uniques?

Entreprendra-t-il avec confiance un projet qui poursuivra respectueusement l'avancée et la croissance du monde?

Sera-t-il invité au don gratuit et à l'action pour cet autre qui lui fera découvrir la profondeur de notre humanité?

Se découvrira-t-il libre? Libre de faire les bons choix? Libre d'être pleinement Homme? Libre de s'oublier lui-même pour écouter l'autre?

Soeur Emmanuelle disait que "chaque homme reçoit sur terre un cadeau de Dieu et doit le faire fructifier selon ses possibilités". Tout est dit. Nous avons des talents dont nous ne sommes que les dépositaires et nous devons les faire fructifier pour le bien de tous.

Si BeniNews devait crier à tribord, nous crierions que certaines valeurs sont inoubliables.

L'odeur de l'argent

Image1 Après ses lâchers de billets au Zimbabwe et au Soudan, la Chine vient encore de faire de la realpolitik en Afrique en signant un gigantesque et monstrueux accord minier avec la Guinée.

La Guinée, c'est ce petit pays que personne ne connaissait hier et qui est devenue récemment une star médiatique à cause du massacre bestial de centaines d'opposants à la junte militaire. Condamnée courageusement par la plupart des grands pays dont la France de Bernard Kouchner, la junte n'a pas eu à chercher bien loin un nouvel allié financier. La Chine est de tous les mauvais coups.

Cette semaine, dans un déjeuner très chic et très mondain, l'ambassadeur de Chine en France nous expliquait la merveilleuse croissance que connait son pays. 8%, le chiffre magique. Mais à quel prix? Passée du statut de dictature communiste dangereuse à celui de dictature communisto-capitaliste éldoradesque, la Chine a-t-elle gagné en humanité? La religion de l'argent n'est pas forcément plus belle que celle du prolétariat.

La question que nous pose la Chine est complexe. Le développement, l'éradication de la pauvreté et, rêvons un peu, le bien-être chinois méritent-ils de fermer les yeux sur les massacres guinéens ou le bellisisme iranien? En caricaturant, nous pouvons nous demander si nous guérir nous-même en faisant des dégâts autour de nous est un moindre mal.

La Chine veut ses 8% de croissance. La Chine en est même "fière", nous avouait l'ambassadeur qui ne parla pas une seule seconde de sujets qui fâchent (écologie, Iran, Afrique, libertés intérieures...). Mais le développement d'un peuple est-il uniquement économique? Le bien-être d'un peuple est-il seulement matériel?

En nous fixant des règles morales, nous freinons sans doute une potentielle croissance. Encore que... Mais nous faisons grandir notre société. Nous développons une croissance immatérielle, culturelle, morale. Créateur de bien-être spirituel, ce développement humain est un terreau de croissance incomparable. Un peuple qui espère, un peuple qui aime, un peuple qui a confiance est un peuple qui innove, qui crée, qui participe.

Malheureusement, la Chine n'est pas la seule à qui nous recommanderions de lire l'encyclique de Benoît XVI Caritas in Veritate.
Notre économie occidentale est pleine de petits écraseurs de têtes qui recherchent la croissance de leur porte-monnaie en oubliant de compter autour d'eux le nombre de morts. Les émeutes de Poitiers, les blocages d'usines, les critiques  acerbes contre les bonus des banques US sont autant de signes d'un climat complexe. Mais la réponse de ceux qui se sentent oubliés est trop souvent manichéenne. Est-ce le capitalisme qui est mauvais ou l'Homme?

Dans différentes paraboles, le Christ nous parle d'argent.
Dans celles des talents ou des mines, Il nous invite à investir. A trouver notre place dans la société et à cultiver notre vocation. A développer. Développement social, culturel, artistique, familial, éducatif mais qui peut également être économique. Le capitalisme en est un moyen. Il permet de donner un juste valeur, de faciliter l'entraide entre ceux qui ont et ceux qui cherchent, d'investir de l'argent pour qu'il porte des fruits. C'est ce capitalisme des origines qu'il faut retrouver.
Dans d'autres témoignages évangéliques, Jésus nous parlent d'oboles, de dons, de libération. L'économie ne doit jamais oublier la gratuité, l'aide envers ceux qui n'y arrivent pas tous seuls. Nous devons éviter de tomber dans une dépendance matérielle égoïste et rester toujours libres de faire les bons choix. Le capitalisme crée des richesses économiques mais il doit également créer des richesses humaines.

L'Homme n'est pas un animal qui cherche à grossir. Il a cette capacité unique de discerner.

L'argent peut être un moyen de faire le bien si son utilisation se fait au regard de la Vérité.

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08 octobre 2009

Le patrimoine du coeur

Image1 Petit-fils du défunt comte de Paris et hériter de la maison de France, le prince Jean de France vient de faire paraître un livre d'entretiens avec Fabrice Madouas : Un Prince Français.

Cette information pourrait sembler peu significative pour beaucoup de lecteurs et pourtant elle nous a amenés chez BeniNews à réfléchir au concept de "fils de". D'autant que cette semaine, les "fils de" font beaucoup parler d'eux. Et pas forcément en bien...

Tandis qu'on apprenait hier avec effarement que Jean "fils de" Sarkozy, avec sa glorieuse petite année d'expérience politique, serait sans doute élu le 4 décembre président de l'EPAD (Etablissement public d'aménagement de la Défense), ces derniers jours ont également été marqués par les envolées lyriques du "neveu de". L'affaire Polanski s'est ainsi transformée récemment en affaire Mitterrand et cela a enervé le neveu du grand monarque. Frédéric Mitterrand s'est pris pour Oscar Wilde en publiant son désormais fameux La Mauvaise Vie (je me souviens l'avoir vu saliver sur un plateau télé il y a 2 ans en évoquant ces délices orgiaques comme une sorte de péché aristocratique), a dit une ânerie sur une affaire judiciaire qui ne relève pas de sa compétence et s'est naturellement pris un boomerang. La grande différence entre la Villa Médicis et la rue de Valois (ministère de la Culture), c'est le peuple. Les plaisirs de boudoir font peut-être sourire les intellos, mais ils font surtout pleurer tous les autres. BeniNews a pleuré.

Ces deux affaires nous font craindre le pire lorsqu'on évoque les dynasties. Les "fils de" feraient-ils n'importe quoi?

Descendant de Saint Louis, Henri IV et Louis-Philippe, Jean de France considère que sa vocation personnelle doit nécessairement s'appuyer sur son patrimoine génétique mais également s'inscrire dans la morale. S'il doit transmettre cette histoire qu'il porte sur ses épaules et dans son sang, il doit aussi être le maillon responsable d'une longue chaîne qui ne s'achèvera pas avec lui. Contrairement à un homme politique qui n'a de cesse de placer ses pions ou ses fils, Jean de France nous rappelle qu'un roi n'est pas le fils d'un homme mais d'une histoire. Un monarque éclairé est lié à la France qu'elle le veuille ou non; il n'a rien à gagner temporairement; il n'a pas la nécessité de gouverner les yeux rivés sur les sondages; il n'a pas le coeur qui palpite chaque jour à l'idée de perdre la prochaine élection. Et cette perspective à très long terme lui donne une capacité à prendre du recul et à rechercher le bien commun.

"Je pense en prince chrétien, j'agis en prince français", le prince a une formule intéressante. Gouverner est une responsabilité incroyable. Les dirigeants accompagnent le développement de l'humanité et leurs décisions doivent être mises en regard des valeurs qu'ils portent. Un dirigeant qui se soucie de sa réélection aura souvent tendance à porter des valeurs court-termistes, à répondre à des demandes faciles, à désarmocer des bombes qui pourraient exploser pendant son mandat. Il sera ainsi plus financier, plus libertaire, plus diplomate. En revanche, un dirigeant qui s'inscrit dans l'histoire devrait privilégier les attentes complexes et profondes de son peuple. Il devrait être plus spirituel et plus exigeant. Son inscription dans un temps infini, son attachement particulier à son pays et son attention portée au peuple auquel il est lié devraient transformer son patrimoine génétique et historique en patrimoine du cœur.

"Devrait", car les rois ont montré au cours de notre histoire qu'ils n'avaient pas tous la sagesse que nécessite une telle fonction. "Devrait", car certains potentats actuels nous montrent une face sombre d'un pouvoir quasi-monarchique (encore que ces tyrans ont justement peur du coup d'état et cette instabilité potentielle qui les pousse au pire est contraire même à la stabilité royale). "Devrait" parce que l'idée monarchique est peut-être plus belle que la monarchie.

Mais au-delà du débat monarchique, nous pourrions déjà réfléchir à adapter la devise du prince Jean : "je pense en chrétien, j'agis en homme français".

Nous sommes tous des "fils de". Des fils de Dieu.

Si l'exigence d'en bas nous mène en haut, creusons chacun au fond de notre cœur de petit prince pour en faire ressortir notre plus beau patrimoine : notre âme.

MAJ 15/10 : Le président Sarkozy nous explique le mérite républicain avant de succomber à la tentation... Pathétique.

06 octobre 2009

Un dîner presque parfait

Image1 Hier, lundi soir, M6 nous régalait avec son Dîner Presque Parfait et en profitait pour se régaler elle-même puisque même Dr House sur TF1 n'a pas réussi à faire face à ce nouveau rouleau compresseur.

Quel intérêt d'en parler, nous direz-vous?

Eh bien, le premier est qu'il devient rare d'apercevoir à la télévision un divertissement sans femme nue, sans travesti, sans politiquement soi-disant incorrect mais en fait totalement correct, sans mission "d'ouverture". Bref, il est rare de se divertir simplement avec trois canards, deux saumons et un sac de riz.

Ensuite, et c'est notre dada chez BeniNews, cette émission encourage les candidats à aller au bout de leur passion voire de leur vocation : la cuisine. Soeur Emmanuelle disait avec justesse et conviction que "chaque homme reçoit sur terre un cadeau de Dieu et doit le faire fructifier selon ses possibilités." Réaliser un repas merveilleux à partir des produits de la création divine est un talent. Et un beau talent.

Par ailleurs, le challenge de cette finale (puisqu'il s'agissait d'une finale des régions!) était de réaliser le buffet d'un mariage. Qu'une chaine de télévision française considère encore que le mariage est une fête qui mérite une attention particulière, qui crée un stress chez les candidats, qui fait rêver les téléspectateurs, tient du miracle ! Qu'en plus ce mariage télégénique soit diffusé le lendemain d'un dimanche qui nous offrait le récit de la création de la femme et donc de l'origine de l'amour humain tient doublement du miracle! Alléluia !

Enfin, le dîner est un sujet admirable. Le célèbre gastronome français Brillat-Savarin avait cette phrase superbe : "convier quelqu'un, c'est se charger de son bonheur pendant tout le temps qu'il est sous notre toit." Un dîner est un premier pas vers la charité. Passer 4h dans une cuisine à préparer un plat pour ses invités est un abandon incroyable.

En fait, Un Dîner Presque Parfait est une grâce qui s'ignore ! La révolution du christianisme ne s'est-elle pas réalisée autour d'un dîner? C'est au cours de la Cène que Jésus nous apprend que nous pouvons goûter l'éternité dans l'Eucharistie.

Talent, amour, foi, un dîner qui serait fait en vérité deviendrait un beau moment d'éternité.


Clip Parcours Alpha
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30 septembre 2009

Un grand Amour m'attend

MAJ 02/11/09 : BeniNews en reparle ici

Voici une publicité qui n'en est pas une, bien que BeniNews y ait quelque intérêt. C'est surtout une recommandation :

A3

Un grand Amour m'attend est une pièce de théâtre écrite par Christophe Lafontaine, mise en scène par Ségolène de Vimal et joué avec passion par la Compagnie des Types Louches.
Cela se passe entre le 30 octobre et le 29 novembre au Kiron Espace à Paris (réservations au 01.44.64.11.50)... Il y aura même une surprise exceptionnelle mi-décembre dont nous vous reparlerons.

Un seul sujet et un livret de toute beauté : l'âme de Pier-Giorgio Frassati.

Pier-Giorgio Frassati est un bienheureux italien qui vécut les premières années d'un 20e siècle haut en couleur et mourut à 24 ans après avoir respiré l'air de la montagne, ressenti le souffle de la liberté et vécu l'esprit de l'amour.

"Vivre sans foi, sans un patrimoine à défendre, sans soutenir dans une lutte continue la vérité, ce n'est pas vivre mais végéter. Nous ne devons jamais végéter mais vivre." (Pier-Giorgio Frassati)

COUREZ AU THEATRE !

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