Mariage, un vin qui rend gay?
Je est tu, tu est il, il est elle, nous sommes perdus.
Alors que François Hollande promet de faire voter le mariage gay avant le printemps 2013, Joe Biden et Barack Obama affichent également leur soutien aux unions homosexuelles. Il faut croire que c'est le sujet électoral majeur de ce début de XXIe siècle... Pendant ce temps l'Argentine, qui a pris les devants en autorisant le "mariage égalitaire" en 2010, a décidé de poursuivre son gai chemin en entérinant un projet de loi sur l'identité sexuelle qui autorise les travestis et transsexuels à déclarer le sexe de leur choix auprès de l'administration.
Comment en est-on arrivé là? Quels sont les enjeux? Pourquoi est-ce en contradication avec nos valeurs essentielles?
Il me semble tout d'abord que nous avons trop tendance à emmêler des sujets finalement très différents les uns des autres, qui ne répondent pas aux mêmes questions et n'ont pas les mêmes conséquences. Mariage gay, homoparentalité, adoption par les couples homosexuels, procréation médicalement assistée pour les lesbiennes, gender et choix du sexe pour les transsexuels, etc. Tous ces sujets transgressent de la même manière l'anthropologie naturelle mais ils ont néanmoins des impacts différents et mériteraient d'être traités séparemment par leurs défenseurs, qui d'ailleurs ne seraient pas forcément tous en accord avec l'ensemble des propositions. Néanmoins, soyons clairs, en droit français et international, le mariage entraîne de facto tout le reste, car contrairement à une idée reçue le mariage n'est pas une reconnaissance sociale de l'amour mais bien une reconnaissance sociale de la famille. Le verbe "aimer" n'est d'ailleurs pas cité dans les articles du code civil lus à la mairie.
Aimer ce n'est pas faire plaisir
La société dans laquelle nous vivons en Occident s'appuie globalement sur une recherche d'humanité, inspirée des valeurs judéo-chrétiennes d'amour du prochain. Et c'est une chose heureuse. Les gens que nous cotoyons dans nos familles, dans nos loisirs ou au bureau essaient, avec leurs limites, de se soucier les uns des autres et pleurent devant la souffrance des plus faibles. Ils pleurent même devant un film au cinéma. Nous continuons à commettre régulièrement les sept péchés capitaux, nous restons orgueilleux, avares, colériques, gourmands, impurs, envieux et paresseux, nous sommes trop souvent égoïstes et narcissiques, mais nous pleurons quand-même devant la souffrance de l'autre.
Nous voulons être aimés, nous voulons faire plaisir. Il y a déjà dans cette affirmation un premier piège dangereux, celui de vouloir faire plaisir à l'autre pour être aimés nous-mêmes plutôt que pour son bien profond à lui. Nous avons trop peur de décevoir, par manque de courage, de conviction ou peut-être d'amour. L'amour vrai est un objectif extrêmement difficile à atteindre et ce n'est pas pour rien que les chrétiens se tournent vers Dieu, vers Celui qui s'est fait homme (Jésus Christ) et est mort sur la croix pour aider les hommes à aimer. Nous avons besoin de Dieu pour aimer.
Quand notre enfant fait une colère, nous avons du mal à lui résister; parfois nous cédons à son caprice et parfois nous arrivons à lui dire NON. Ce que nous éprouvons alors avec notre enfant (ou nos amis) c'est la difficile frontière entre aimer et faire plaisir. Acheter des bonbons, un jeu vidéo ou un tour de manège lui feraient tellement plaisir que lorsque nous lui disons NON, nous voyons les larmes couler de ses yeux et ça nous fait mal. Pourtant, nous avons de temps en temps cette lueur de conscience éducative qui nous permet de comprendre que notre NON est un NON raisonnable, un NON pour un plus grand bien, un NON d'amour. Nous vivons ainsi quotidiennement cette expérience qui nous conduit à aimer sans faire plaisir, ou parfois, par faiblesse, à faire plaisir sans véritablement aimer. Aimer est un acte d'abandon et de confiance absolue.
Pourquoi dire gaiement NON aux gays
N'ayons pas peur de dire NON par amour. Certains crieront des grands mots, nous affubleront d'intolérance, d'homophobie, d'inégalité. Mais ne nous tourmentons pas, d'autres ont subi beaucoup plus d'outrages en ayant raison. Nous disons NON et refusons ainsi de faire plaisir à certaines personnes proches que nous pouvons aimer, justement parce que nous les aimons. Vraiment. Tels qu'ils sont, créés à l'image de Dieu pour les croyants, personnes humaines.
La création de l'homme et du monde a un sens. Cette anthropologie qui nous dépasse, ce mystère incompréhensible, fait de nous des hommes et des femmes potentiellement procréateurs. L'écologie humaine sensée a ainsi une réalité incontournable : il faut un homme et une femme pour concevoir un enfant. Un enfant adopté, un enfant né d'une FIV, un enfant engendré par une mère porteuse sont trois enfants issus d'un homme et d'une femme.
Face à ce simple constat, nous pouvons avoir un regard scientiste et considérer que cet état de fait est temporaire. C'est la tentation de Prométhée qui vola le feu aux dieux, la tentation orgueilleuse de l'homme qui veut être un dieu à la place de Dieu parce qu'il n'est pas content de Sa création. Mais nous pouvons aussi avoir un regard plus profond, peut-être plus humble, et réfléchir au sens de cette nature merveilleuse. Nous nous émerveillons devant la nature, nous avons tous un penchant écologiste, nous défendons les ours et préservons les océans mais nous voulons changer l'homme. Nous acceptons voire défendons avec virulence les règles de la nature environnementale et en parallèle refusons celles de la nature humaine dès lors qu'elles nous touchent personnellement. Je reviens à la tentation évoquée plus haut de vouloir finalement nous faire plaisir à nous mêmes. Pourquoi sommes-nous écologistes? Pour respecter la nature ou pour faire des safaris? Pour protéger les richesses magnifiques de la Création ou pour survivre? En fonction de nos réponses, nous pouvons nous demander pourquoi nous ne sommes pas prêts à respecter la nature humaine, l'anthropologie indéniable que chacun perçoit très naturellement. Décentrons-nous un instant, oublions notre nombril et portons notre regard vers le ciel. Aimons et protégons la nature pour ce qu'elle est : un cadeau.
Cette nature est réellement merveilleuse. Elle construit la personne humaine sur la différence et donc sur l'amour. C'est bien de la différence incroyable entre l'homme et la femme que nait l'enfant et, plus profondément encore, c'est bien de l'amour de l'un pour la différence de l'autre que nait l'enfant. La famille est donc ainsi une institution bâtie intrinséquement sur l'amour et donc apte à transmettre cet amour, par la différence et la complémentarité offertes par la nature. Adam et Eve, c'est la tolérance absolue, la reconquête de l'amour divin par l'amour humain dans la différence sexuée.
Cependant, je n'oublie pas que la souffrance existe. Il y a la souffrance de ceux qui ne peuvent pas avoir d'enfants. Il y a la souffrance des enfants qui se construisent au sein de familles éclatées. Il y a la souffrance, rare, de ces personnes qui n'arrivent pas à développer leur identité masculine ou féminine. Il y a beaucoup d'autres souffrances. Mais est-ce que les réponses à ces souffrances doivent être celles qui sont actuellement sur les tables gouvernementales? N'avons-nous pas plutôt comme vocation de montrer un chemin d'amour à chacun en fonction de ce qu'il est ? Avons-nous le droit d'institutionnaliser ce qui peut exister à cause des aléas de la vie pour "faire plaisir", pour répondre à un désir? "Chacun d'entre nous avons une place dans le plan de Dieu", nous rappelle Benoit XVI avec tendresse. Les homosexuels n'ont pas forcément cette vocation à être parents mais ils en ont bien une autre à découvrir là où ils sont. Il y a heureusement de nombreuses manières d'aimer.
Dire NON, est-ce homophobe?
Il y a cette phrase très pertinente dans le Compendium de la Doctrine Sociale de l'Eglise : "les valeurs humaines et morales essentielles ne sont pas basées sur des « majorités » d'opinion provisoires ou changeantes, mais elles doivent être simplement reconnues, respectées et promues comme éléments d'une loi morale objective, loi naturelle inscrite dans le cœur de l'homme." Il ne faut jamais avoir peur d'aller contre la majorité (qui d'ailleurs sur ses sujets n'en est pas vraiment une, demandons un référendum).
Je répondrais malgré tout à cette question, que chacun se pose et qui le freine dans l'affirmation de ses convictions, que tout homme de bonne volonté accepte la discussion et peut entendre des idées qu'il ne partage pas. N'ayons donc pas peur de parler et donner notre point de vue, tant que nous le faisons avec amour.
Je dirais ensuite que la première erreur française fut l'acceptation de l'adoption par des célibataires. Cela va de la même manière à l'encontre de l'anthropologie, et donc à l'encontre à la fois de l'écologie humaine et du besoin psychologique de l'enfant. Défendons la famille, une famille unie, stable, fondée sur la différence. De la même manière que nous devons nous opposer à l'adoption par des célibataires tout en aimant nos ami(e)s célibataires, nous devons nous opposer au mariage et à l'adoption homosexuels tout en aimant nos ami(e)s homosexuel(le)s! Il n'y a pas plus d'homophobie que de célibatairophobie mais bien une conviction profonde que le bien ne se trouve pas dans ces libertés-là que d'aucuns appellent égalité alors que les lois sont déjà égalitaires (ce sont les situations qui sont différentes). Nous ne pouvons avoir de "phobie" à l'encontre de personnes humaines; nous les aimons bien que notre amour fasse parfois couler des larmes de leurs yeux.
Enfin, ce que la loi et la société interdisent à des femmes âgées (adoption, FIV) sans difficulté, pourquoi voudrions-nous l'autoriser à des couples du même sexe? Les enjeux anthropologiques sont pourtant identiques. La loi naturelle a un sens, la même qui ne permet pas à une célibataire d'enfanter, la même qui ne permet pas à une femme âgée d'enfanter, la même qui ne permet pas à deux femmes d'enfanter. Aimons tout autant les uns et les autres, n'ayons pas de "phobies" pour des gens qui vivent leur vie avec ce qu'ils sont; soyons certains qu'ils ont une vocation d'amour à découvrir et à développer pour faire de grandes choses.
Je vais terminer cette réflexion de la même manière que mon précédent billet sur le sujet (voyage au bout de la vie). Face à l'horreur de la guerre Bardamu s'écria : "seraient-ils neuf cent quatre-vingt-quinze millions et moi tout seul, c'est eux qui ont tort, Lola, et c'est moi qui ai raison, parce que je suis le seul à savoir ce que je veux: je ne veux plus mourir." Nous sommes peut-être quelques Bardamu esseulés dans cette lutte contre l'absurdité violente du désir, mais nous avons raison parce que nous savons ce que nous voulons : nous ne voulons plus voir l'homme mourir.
Objectif législatives
Ce soir, je découvre avec vous notre nouveau Président de la République. Je suis bien-sûr déçu mais pas désespéré. Je serais bien fou de mettre mon espérance ou ma désespérance en un seul homme quel qu'il soit.
François Hollande a gagné. Flanby pour ses amis, Amsterdam pour #radiolondres ou tulipe noire pour moi, le capitaine de pédalo avait sans doute un bateau plus léger que son adversaire. N'ayant jamais connu les affres du pouvoir, la terre de Hollande était vierge, plate comme un galet, pleine de beaux moulins brasseurs de vent.
Tandis que certains se réjouissent sur les places de France, croyant à des lendemains qui chantent (ils ont la mémoire courte), d'autres regardent déjà le prix des billets d'avion pour Genève, Bruxelles ou San Francisco. Je ne crois pas, pour ma part, qu'il faille exulter ni se morfondre. Nous avons connu la Corrèze de droite, nous aurons la Corrèze de gauche. Elle sera plus libertaire, plus étatiste, plus laïciste; elle taxera plus et modifiera les livres d'histoire; mais bon an mal an, l'anguille essaiera de rester dans la rivière.
Ce qui me vient ce soir, à la lumière de ces dernières semaines, est plutôt une analyse générale sur l'état de notre pays. Depuis la "fracture sociale" de 1995, la France semble avoir le plus grand mal à progresser positivement. Nous nous retrouvons en 2012 avec plein de petites et grosses fractures que le gouda rassembleur est loin d'avoir apaisées. Riches, pauvres, gaulois, immigrés, musulmans, laïcistes, catholiques, entrepreneurs ou fonctionnaires, ils sont nombreux à se sentir incompris, méprisés, oubliés. Chacun à ses raisons qui s'opposent à celles des autres et pourtant chacun a sa part de vérité, celle d'hommes et de femmes finalement perdus dans un pays qui ne portent plus suffisamment les valeurs qui l'ont construit. "Pour un peuple, la plus sûre étoile dans la tempête, c'est la fidélité à sa vocation" (Charles de Gaulle).
Au cours de ces semaines de campagne, nous avons entendu beaucoup de choses. Des bonnes et des mauvaises idées, des analyses naïves et pertinentes, des fausses promesses et des vraies angoisses. Mais aucun des candidats n'a véritablement réussi à ancrer son programme dans une vision à long terme de la France et du monde.
Sur les réseaux sociaux, les chrétiens se sont pourtant mobilisés pour faire entendre leur voix. A droite et à gauche, ils ont essayé à leur manière de rappeler des valeurs qui devraient être les fondaments de n'importe quelle politique: respect de la vie, dignité de la personne humaine, rôle premier de la famille, liberté de l'education, recherche du bien commun, attention aux plus faibles. J'ai considéré sur ce blog que Nicolas Sarkozy avaient porté à ces justes revendications une attention plus forte, affirmant avec courage ses convictions concernant la famille, le mariage, la fin de vie ou encore l'école. La famille est pour moi l'enjeu majeur, le seul socle sur lequel peut se construire sereinement une société charitable.
Mais voilà, François Hollande est aujourd'hui Président de la République.
Que faire?
Lorsqu'un parti ou un candidat perd une élection, il perd aussi des amis. Chacun y va de sa critique sur la stratégie qui a été prise et qui fut un échec. Mai 2012 ne fera pas exception à la règle et les tireurs d'élite ont d'ailleurs déjà joué de la gachette. A 20h01, le secrétaire national de l'UMP chargé de la presse et des médias, David-Xavier Weiss, a déjà réclamé un recentrage de l'UMP et une ouverture sur les sujets de société comme le mariage gay, le droit de vote des étrangers aux élections locales ou encore l'euthanasie... Il y aura sans doute dans les heures qui suivent des prises de position inverses, des volontés de scission, de rassemblement, d'éclatement. Il y aura même peut-être un secrétaire national sorti de derrière les fagots qui demandera le recrutement de 300.000 professeurs de maternelle ou le développement d'un nouveau programme spatial.
Il me semble que nous, lecteurs ou amis de BeniNews, devons tout simplement poursuivre sur notre lancée. Lire encore plus la Doctrine Sociale de l'Eglise, ancrer un peu plus notre réflexion politique sur la vocation de l'homme, de la France et du monde, retrouver toujours plus les valeurs qui soudent un peuple, le plongent dans ses racines et lui donnent des ailes.
Nos valeurs sont nombreuses, vous les connaissez. La recherche permanente du Bien Commun tant dans notre vie que dans nos entreprises et nos actions politiques et sociales; la subsidiarité qui nous rappelle que le plus petit doit être au coeur de la décision et que ceux qui ont ce que l'on nomme le "pouvoir", les chefs, les dirigeants, les institutions sont des aides, des recours, des serviteurs; le combat quotidien pour la liberté qui nous impose de faire confiance aux hommes et aux femmes de notre pays, de nos entreprises, de notre économie, de nos vies; la préservation de la famille; l'exigence d'une véritable charité libre et personnelle qui fait la distinction entre plaisir et amour; l'écologie humaine qui est un respect de la vie créée; le souci de la paix qui doit orienter notre diplomatie; l'accueil des plus faibles; le souvenir épanoui de notre histoire; et bien d'autres.
Nos valeurs ont du mal à émerger sur la place publique, leur absence dans le débat télévisé en fut la triste démonstration. Nos valeurs ne sont pas toujours défendues à gauche évidemment mais également à droite. Pourtant nos valeurs sont celles de tous, car elles remettent la personne humaine au centre du jeu, dans toute sa complexité, sa dignité, son intelligence.
Alors que faire? Poursuivre la mobilisation commencée pour que les législatives de juin 2012, les municipales de 2014 et tous les grands et petits moments qui construisent notre société s'impreignent toujours plus de ces convictions. Qu'elles s'impreignent au fond de nous pour que nous soyons capables de les transmettre avec joie; qu'elles s'impreignent au fond de nous pour que nous évitions les mauvaises tentations; qu'elles s'impreignent au fond de nous pour qu'elles deviennent incontournables.
Votre mission, si vous l'acceptez, sera de ne jamais baisser les bras mais bien au contraire de les lever un cran plus haut dès demain et pour les jours, semaines, mois et années qui viennent.
Comme l'a si bien dit Jacques Parizeau dans un discours d'anthologie le soir de la défaite du référendum pour l'indépendance du Québec en 1995 : "on s'est bien battu, et nous, on a quand même réussi à indiquer clairement ce qu'on voulait. Puis on a raté par une petite marge, quelques dizaines de milliers de voix. Bon ben dans un cas comme ça qu'est-ce qu'on fait ? On se crache dans les mains et on recommence."
Lettre triste et ouverte à François Bayrou
tu ne me connais pas, je suis un inconnu. Un français comme toi. Un chrétien comme toi. Un enfant de Schuman, De Gasperi et Adenauer comme toi.
Je t'ai toujours bien aimé. Sans excès, je l'avoue, mais avec un certain respect. Tu me semblais fonder ta pensée et ton action sur des principes humanistes forts et il t'es arrivé de dire des choses assez courageuses, notamment sur la crise financière. Je ne votais pas pour toi mais je t'appréciais.
Quand tu as créé le Modem, j'ai été un peu perplexe mais ça ne m'a pas vraiment choqué. J'aimais bien l'UDF. Celle de Raymond Barre. Je pense néanmoins que tu as fait une erreur en 2007. Si tu avais appelé à voter pour Nicolas Sarkozy, tu aurais pu influencer positivement son action, voire devenir un nouveau Raymond, qui n'a jamais renié la droite. Tu aurais même pu être un fin tacticien et appeler à faire largement battre Ségolène Royal tout en affirmant ton désaccord avec Nicolas Sarkozy. En effet une Ségolène à 42% aurait fait exploser le PS et t'aurait sans doute permis de récupérer le centre-gauche et devenir ensuite une sorte de Parti Démocrate, opposition officielle et renouvelée. Mais ton mutisme ou tes propos ambigus laissant entendre que tu voterais à gauche t'ont rendu inutile.
Quand vint 2012, je me suis dit que tu avais compris et que tu ne referais pas la même erreur. Mais j'ai rapidement senti que tu n'arriverais pas à créer une dynamique suffisante te permettant d'atteindre le second tour. Il fallait que tu bénéficiasses d'un nouvel "appel des 43" à l'image de celui de ces 43 parlementaires qui en 1974 lâchèrent Chaban-Delmas pour Giscard. C'était impossible. Impossible que tu réussisses à débaucher des parlementaires UMP. Cela aurait pourtant été un moment historique.
Comme toi, j'ai été énervé par Nicolas Sarkozy. Choqué même parfois. Je ne veux pas y revenir, car mon blog est plein de ces critiques mais aussi de quelques louanges. Néanmoins ta nouvelle posture m'agaçait également. Ton attitude hautaine et une certaine absence de courage. Je sais que mes mots sont durs mais je crois vraiment que tu manques de courage. Tu as manqué de courage quand tu étais ministre; tu as manqué de courage (ou de vision) en 2007; et tu as également manqué de courage quand tu as décidé de ne plus chercher à défendre des valeurs auxquelles tu croyais profondément autrefois comme la vie, la bioéthique ou le mariage. Et puis, tu m'ennuies avec ton laïcisme d'un autre temps. Je respecte ton choix personnel de dissocier ta vie spirituelle de ta vie publique, je ne suis pas étonné qu'un homme de ta génération refuse de lier la foi et la raison, mais je ne le comprends pas.
Finalement, le 22 avril 2012, tu as fait un mauvais score. Un très mauvais score. Tu espérais pouvoir peser sur le second tour et peut-être devenir Premier Ministre (je le suppute en tout cas, car je ne connais pas tes ambitions personnelles), mais quoi qu'il en fût, tu n'étais pas en mesure de postuler. Ni à droite ni à gauche. Restait malgré tout cette interrogation : pour qui allais-tu voter? Tu nous avais dit que tu te prononcerais et j'attendais ce moment. Tu n'avais plus rien à perdre ni rien à gagner. Je savais bien-sûr que tu détestais Nicolas Sarkozy et, je t'avoue, j'anticipais ton discours. Mais j'espérais au fond de moi que tu ferais enfin le choix intime, personnel, spirituel de défendre des valeurs que tes convictions ne pouvaient consciemment abandonner. Tu connais le programme de François Hollande sur la famille, l'éducation et la vie, et je sais que tu ne le cautionnes pas dans son intégralité. Tu y fait quelques incursions tactiques ou malheureuses dans ton programme et dans tes interviews mais tu n'es sûrement pas relativiste. Tu as lu, tu as étudié, tu as prié. Tu t'es peut-être même endormi une nuit, épuisé, sur ces merveilleuses oeuvres de Saint Thomas d'Aquin qui exige sans cesse de l'homme politique qu'il s'appuie sur la morale pour orienter son action vers le bien commun et atteindre le bonheur naturel.
A côté de ces principes fondamentaux, tu avais en outre mis en avant le rétablissement économique et la moralisation de la vie publique. Dans ton intervention, tu contredis pourtant ces deux points. En reconnaissant que le programme économique de François Hollande est mauvais et qu'il conduirait à la faillite, en soupçonnant que lui-même ne le respecterait pas, tu banalises ainsi le mensonge. Ce mensonge que Saint Augustin a si bien défini il y a 1500 ans. Ce mensonge de l'homme politique qui est prêt à toutes les promesses, à toutes les concessions aux lobbys, à toutes les trahisons aussi. Car tu sais comme moi que ton nouveau poulain n'est pas un saint.
Mon cher François, je suis déçu. Cette décision est très certainement une épreuve pour toi mais nous avons toujours le choix. Tu promeus quelqu'un qui a une conception de la création du monde à l'opposé de la tienne; tu soutiens des décisions qui risquent d'aller à l'encontre de la dignité humaine et que critique, pour une fois, la quasi totalité de l'Eglise à laquelle tu appartiens; tu adoubes le mensonge politicien et cynique; tu votes pour un programme qui te semble financièrement fou; tu avalises une alliance vert-rouge avec des personnes comme Jean-Luc Mélenchon et Eva Joly qui ont proclamé des choses scandaleuses et extrêmement violentes non seulement à l'égard de Nicolas Sarkozy mais même à l'égard des riches, des catholiques, des prisonniers cubains. Violences verbales que ton candidat n'a pas encore eu le courage et l'honnêteté de réprimander vertemment.
François, je comprends ta gêne. Tu as peur. Tu as peur que le Front National n'influence la politique future de Nicolas Sarkozy. Tu as peur que la France se divise entre les pauvres et les riches, les gaulois et les immigrés, les travailleurs et les profiteurs. Ne perçois-tu pas qu'il y a également un discours de division chez le "rassembleur"? as-tu lu ou entendu ses propos sur l'école privée, sur les "riches", sur les "curés"? Et enfin, c'était à toi de veiller. A toi d'avoir le courage de veiller à ce que ces dérives n'arrivent jamais. A toi cette mission de protéger le faible. "N'ayez pas peur", nous avait dit Jean-Paul II en 1978, année de ma naissance. Citant Sainte Catherine de Sienne, ce pape que tu admirais nous avait même conseillés un peu plus tard en 2000 d'être ce que nous devions être pour mettre le feu au monde. Sois celui-là, François. N'aie pas peur. Bats-toi. Brûle.
Dans les situations difficiles, notre foi commune nous demande du courage. Benoit XVI que tu lis peut-être parfois parle avec une croyance beaucoup plus accomplie que la mienne de martyre. Nous devons être des martyrs pour défendre ce en quoi nous croyons. Tu fais trop de concessions, François. Beaucoup trop. Tellement que je ne sais plus en quoi tu crois. Oh, cela fait longtemps que tu m'étonnes mais aujourd'hui, soit tu t'es dévoilé, soit tu t'es trahi. Tu te trompes de combat. Les batailles faciles ne sont pas glorieuses. Tu cites De Gaulle mais ne crois-tu pas, qu'après avoir le programme de ton ami corrézien, le général qui croyait profondément à la Doctrine Sociale de l'Eglise serait debout au milieu d'une place en train d'haranguer la foule? Tu combats une personne, bats-toi pour des idées.
François, je ne sais pas ce qu'il se passera dimanche. Je ne sais pas non plus ce que tu deviendras dans les semaines qui vont suivre ni aux élections de juin. Mais j'espère encore une chose : quand en juin, en juillet ou les mois suivants, il faudra que nous nous mobilisions tous pour défendre la vie, la famille, l'éducation et le bien commun, quand il faudra que nous fassions des choix non plus politiciens ou personnels mais des choix de société, j'espère vraiment que tu auras le courage des grands hommes que tu seras au premier rang avec une grosse pancarte. Ce sera alors le "retour de l'enfant prodigue" et je t'accueillerai avec un veau gras malgré ton échappée.
Présidentielle, Deo et débat
Il parait que le débat est une tradition républicaine. Un moment clef de la vie démocratique. Un évènement médiatique unique. Il parait...
Projet contre projet, des candidats en vérité, deux visions du monde et de la France, ce débat présidentiel devait éclairer notre vote, nous enthousiasmer, raviver notre espérance. Pourtant entre deux baillements de François Hollande, entre deux cours de comptabilité de Nicolas Sarkozy, entre deux petites phrases et autres pièges assassins, entre deux personnalités somme toute intelligentes, je n'ai pas vu le ciel.
Ce matin, les journalistes sont contents. Le meilleur débat de toute l'histoire des débats. Deux candidats remarquables se sont révélés. Une qualité exceptionnelle... Je ne sais pas s'ils parlent des lumières et du décor, du maquillage qui cachait les boutons ou du sourire des présentateurs, mais j'ai beau revoir les grands moments en boucle, je ne vois pas le ciel.
Il y a en France aujourd'hui deux conceptions de l'Homme qui se font face. Deux conceptions qui se font d'ailleurs face depuis toujours dans le monde et dans l'histoire. Il y a d'un côté une idéologie fondée sur le progrès et de l'autre une approche fondée sur l'espérance. Mais hier, nous ne l'avons pas entendu.
Hhier soir, lors du débat présidentiel, personne n'a parlé de la beauté de cette famille qui naît de l'intime communion de vie et d'amour conjugal fondée sur le mariage entre un homme et une femme et qui devient ainsi le lieu premier d'humanisation de la personne et de la société. La modification du mariage (et par conséquent de l'adoption) proposée par François Hollande n'a pas été évoquée alors que cette décision serait un bouleversement social important. J'ose même une provocation qui me vaudrait des foudres si j'étais sur un plateau : François Hollande remet en cause d'autant plus facilement une institution à laquelle il n'a jamais voulu se soumettre qu'il n'y croit pas, ce qui lui posera quelques difficultés s'il est élu. Nous percevons en effet dans la volonté de sa compagne Valérie Trierweiler de conserver son emploi de journaliste après le 6 mai qu'il y a là une vision particulière de la famille avec une opposition complexe entre l'indépendance financière et psychologique légitime de l'une que rien ne lie à l'autre et son devoir d'Etat particulier de réserve et de discrétion. Le mariage n'est pas seulement un contrat fiscal ou un "bon pour accord" donné à une vie amoureuse; il est un chemin de confiance, d'abandon, de communion, d'apprentissage de la différence. Le mariage repose sur une complémentarité anthropologique, psychologique et sociologique qui, devenue communion, offre un terreau de construction merveilleux pour un petit être appelé à grandir. Ainsi, il y a bien deux conceptions qui se confrontent : une idéologie du progrès qui veut donner un blanc-seing aux errements de l'Homme face à une approche pleine d'espérance qui veut donner à la famille les racines du mariage pour que l'Homme s'envole.
Hier soir, lors du débat présidentiel, personne n'a parlé de la beauté d'un dialogue sain et respectueux entre la raison et la foi, entre le politique et le spirituel, entre l'instituteur et le curé. Dans une lettre scandaleuse au Comité National d'Action Laïque (CNAL), François Hollande relance une guerre d'un autre temps contre l'école privée qu'il oppose à l'école publique en oubliant les principes fondamentaux et dignes de liberté et de subsidiarité. Pourquoi ne pas faire confiance aux parents dans leurs choix éducatifs? Parce qu'ils ont des convictions spirituelles qu'ils devraient cacher? Là encore se confrontent une idéologie du progrès qui donnent à l'Etat les clefs de l'éducation et du bonheur face à une approche pleine d'espérance qui veut donner à la famille les racines de l'éducation et de la transmission pour que l'Homme s'envole.
Hier soir, lors du débat présidentiel personne n'a parlé de la beauté de cette vie qui doit être respectée, chérie, protégée. Dans les programmes ont fleuri des idées sur la procréation médicalement assistée (PMA), le droit à mourir dans la dignité ou l'avortement (IVG) qui renforcent cette idée que nous sommes maitres de nos choix de vie. La souffrance est toujours un sujet difficile à aborder. Absence d'enfant, douleur physique, choc psychologique, nous préférons souvent contourner ces sujets en nous parant de compassion. "Souffrir avec" n'est certainement pas négation de la souffrance. Il ne s'agit pas de nier la souffrance, de refuser l'indignation face à l'incompréhensible mais de nous émerveiller de la vie. Sur ce thème comme sur les autres, deux conceptions se confrontent. Une idéologie du progrès qui veut faire plaisir à l'Homme en le laissant faire ce qu'il envisage face à une approche pleine d'espérance qui veut donner à la vie les racines d'un amour exigeant pour que l'Homme s'envole.
Il y a quelques jours, j'entendais le père Nicolas Buttet dire ceci : "l’échec des idéologies et les tragédies de l’humanisme athée nous rappellent à la fois à plus d’humilité mais aussi à une grande audace. L’utopie du progrès étant bien ébranlée dans une mondialisation ou il semble bien difficile d’en conceptualiser les contours. Paradoxalement, toutes ces circonstances semblent nous renvoyer à l’essentiel: la personne humaine et sa responsabilité pour bâtir un monde selon le mode d’emploi du bonheur inscrit par le créateur dans sa création. Cette nouvelle approche – encore balbutiante – est pleine d’espérance. Enfin, il devient réaliste et possible de changer ce monde! La civilisation de l’amour comme idéal historique concret devient là tâche urgente pour toutes celles et tous ceux qui portent le beau nom de chrétien…" Et je réflechissais.
Il est fort possible qu'à partir du 7 mai, les chrétiens et tous ceux qui partagent certaines de leurs intuitions soient appelés à cette "tâche urgente" de se battre et se mobiliser pour tous ces sujets essentiels que le débat présidentiel a volontairement oubliés. Soyons prêts.
Présidentielle, 2 semaines pour devenir moustiques
C'est la lutte finale. Groupons-nous et demain... Demain, les dés seront presque jetés. Alors qu'un sportif peut retourner une situation à l'ultime seconde, l'homme politique semble voué à se laisser emporter par la vague. C'est ce que nous disent les médias. C'est ce qu'ils nous disent d'autant plus qu'ils sont le vent qui fait la taille de la vague... Pourtant, comme dans le sport, il y a la force mentale. Ce petit truc qui peut changer un monde à partir du battement d'ailes d'un papillon.
"Si vous pensez que vous êtes trop petit pour changer quoique ce soit, essayez donc de dormir avec un moustique dans votre chambre." (Betty Reese).
Nicolas est petit. Il a des costumes trop grands pour lui et une femme plus grande que lui. Nicolas est un petit bourgeois qui parle trop du travail et de l'argent. Le petit Nicolas a des petits sondages qui asphixient une éventuelle dynamique et destabilisent ses soutiens. Faudrait maintenant qu'il se mette à devenir moustique. Qu'il énerve, qu'il fasse du bruit, qu'il soit partout sans être nulle part, qu'il pique. C'est la stratégie du résistant. Il faudrait aussi que nous soyons nous-mêmes des moustiques.
Le peuple français s'étonne. Les médias s'étonnent. Je m'étonne. Comment se fait-il que François Hollande soit à ce point leader de la course? Les enquêtes nous disent que François est mou, qu'il apparait peu crédible, que personne ne connait son programme. Pire, il fait des petits meetings avec peu de monde et tout ce petit monde s'ennuie. Mais il est en tête.
Et puis, j'ai compris. Il est en tête parce que je ne suis pas engagé. Il est en tête parce que je n'aime pas beaucoup mon petit Nicolas, parce qu'il m'énerve et parce que je le dis. Il est en tête parce que le petit Nicolas a déçu une partie de ceux qui avaient voté pour lui et, quand bien même ceux-ci revoteraient pour lui, ils ne le feraient pas avec enthousiasme. Il n'y a pas d'enthousiasme non plus du côté des partisans de François mais ils ont un but finalement assez fédérateur puisque même pas contredit par l'autre bord : virer le petit.
Alors je me suis souvenu. Je me suis souvenu de l'histoire de France. Il a raison Nicolas quand il dit que les français sont un peuple de frondeurs. Nous sommes en 1793 quand la majorité de la France semblait être relativiste et jacobine. Quand toutes les valeurs traditionnelles étaient piétinnées, niées, méprisées et que l'Etat devenait le sauveur ultime. Quand les petits bourgeois voulaient prendre leur revanche sur les aristocrates en se bouchant le nez devant les paysans. Nous sommes en 1793 quand un peuple de paysans qui n'avait aucune envie de faire la guerre ni de quitter les fermes douillettes s'était senti obligé de se lever pour défendre sa liberté, protéger sa famille, affirmer le sens de sa vie.
Quand ces paysans se sont levés, ils ont très vite compris qu'il leur fallait des leaders qui connaissent les techniques de la guerre. Ils sont donc allés frapper aux portes des chateaux pour y sortir de force des barons et des marquis qu'ils aimaient ou qu'ils détestaient afin de les obliger à mener le combat avec eux et pour eux. Nous sommes en 1793. Nous avons un petit Nicolas qui n'est ni baron ni marquis. Il n'a rien d'un aristocrate et c'est d'ailleurs son principal défaut. Il est dans son drôle de chateau post-moderne et nous avons besoin de lui. Nous pouvons aimer ou détester notre chef comme les paysans d'autrefois mais c'est à nous de le tirer de sa torpeur et de lui donner les règles. C'est à nous paysans de lui retirer sa gourmette et d'en faire un vicomte. Vas-y Nicolas, ennoblis-toi. Prends de la hauteur, de la grandeur et bats-toi. Reforme la finance, rencontre Dieu, aime le pauvre, découvre les arts, sois fier de tes racines, apprends le savoir-vivre, respecte la vie, sois serviteur de ceux qui t'ont élu. Fais-nous la révolte de 1793 face à un relativisme jacobin qui est en train de nous tuer. Ne lis pas les sondages, les enquêtes d'opinion. Aie des valeurs. Les valeurs justes ne sont pas forcément celles de la majorité et la majorité le sait. Sois un chouan, un résistant, ce que tu veux mais sois quelque chose.
Bien-sûr que nous préférons être "les enfants de Beaumarchais" plutôt que d'entendre François nous réveler que "la grandeur de l’histoire, c’est Lionel Jospin et les grandes avancées économiques et sociales de son gouvernement" ! Nous voulons de la transcendance, du rêve, de l'élan. A toi de devenir aristo et à nous de devenir ces paysans qui vont frapper à la porte du chateau parce qu'ils savent qu'ils le doivent.
Nous devons être des moustiques. Il n'y a personne dans les meetings de François. Allez, 40 000 personnes à tout casser à Vincennes? Les autres votent en attendant impatiemment 2017. Il faut que ça les gratte, que ça les démange, que ça rougisse. Il faut que chaque nuit, ils entendent bzzzz, ce bruit horrible qui leur rappelle que les lits d'Hollande sont trop mous, que les nuits d'Hollande empêchent la lumière de la vie de rayonner, que les placards d'Hollande seront bientôt vides. Passons au travers de la moustiquaire médiatique et bzzzz, faisons rougir les peaux roses.
Nous ne pouvons pas croire en François. Quand nos voisins, nos amis, nos frères mettent le bulletin François dans l'urne, ils appuient sur le bouton "pause" jusqu'à la prochaine élection. Et puis François, ce n'est pas la résistance. François, c'est le jacobin des chouans. La mort face à la vie. L'état face à la liberté. Le nihilisme face à la transcendance. François, ce n'est pas Robespierre mais c'est le Directoire. François, c'est la république des mous relativistes. François, c'est quand même le mec qui pense que Lionel Jospin appartient à la grandeur de l'histoire de France. François, c'est une société inadmissible qui se prend pour Dieu à la place de Dieu et qui est prête à aller contre la nature, contre la création pour répondre au désir orgueilleux de l'homme. François c'est Prométhée. Mais François c'est surtout une peau toute rose qui attire les moustiques.
Les chouans se reconnaissaient au cri de la chouette. Deviens vicomte Nicolas, et pendant deux semaines, il y aura dans toutes les chambres de France un nouveau cri de révolte : bzzzzzzzzzzzzzz.
Présidentielle 2012, l'heure du choix
Dans une semaine se déroulera le 1er tour de l'éléction présidentielle. Une semaine... Une semaine pour affirmer notre choix et décider d'une partie de notre avenir commun.
Les principaux candidats abattent leurs dernières cartes dans cette ligne droite finale. Alors que les règles légales françaises imposent une égalité médiatique, il n'est pas facile pour les uns et les autres de se faire entendre et parler au peuple.
Ce week-end, Nicolas Sarkozy et François Hollande ont eu la même idée : le grand meeting. Rassembler les troupes pour courir ensemble, unis, forts, confiants et pugnaces le sprint victorieux. L'un part avec un handicap mais a tout de même rempli la place de la Concorde, l'autre fait la course en tête. Sans être un expert des sondages et enquêtes d'opinion, il est clair que Sarkozy est dans une situation complexe, comme une équipe de foot qui doit marquer deux buts pendant les arrêts de jeu. Il lui restera bien évidemment le débat d'entre deux tours qui risquent de tourner à son avantage mais la mobilisation avait jusqu'à maintenant du mal à se réaliser.
C'est d'ailleurs intéressant de noter qu'aucun candidat ne réussit véritablement à mobiliser. Certes il y avait des dizaines de milliers de militants socialistes à Vincennes et peut-être 100.000 fidèles sarkozystes place de la Concorde mais dans la rue, dans nos diners, au bureau, les gens ne sont pas mobilisés. Si Hollande est élu, il le sera par dépit ce qui n'est pas très glorieux.
Qu'à cela ne tienne, dans une semaine il faudra faire un choix. Il y a celui de voter blanc mais il ne me convient pas. C'est un choix désespérant. Le blanc de la monarchie, de la grandeur et du mariage, OK. Mais le blanc du désespoir, non. Néanmoins, il faut avouer que le choix est complexe.
Dans mon dernier billet, j'ai évoqué les éléments de discernement de la Conférence des Evêques de France qui peuvent nous aider à faire notre choix. Bien que ces éléments s'adressent particulièrement aux catholiques, ils peuvent donner des indications pertinentes à tout homme de bonne volonté. Avec un problème insoluble : ils ne disent pas pour qui voter. Ils ne disent pas pour quel candidat voter car ils ne donnent pas les coefficients applicables à chaque critère. Les évêques américains qui combattent aujourd'hui une loi liberticide sont parfois plus prompts au combat.
Certains s'y sont essayés sur la toile mais ces coefficients sont bien évidemment subjectifs. Il y a ceux qui parlent de trois critères non négociables et ceux qui les élargissent à un quatrième qui englobe à lui seul les dix autres critères et noie un peu le poisson des chrétiens...
Les trois critères majeurs, ratzingeriens, "non négociables" sont le respect et la défense de la vie humaine, de sa conception à sa fin naturelle, la famille fondée sur le mariage entre homme et femme, la liberté d’éducation des enfants. Le quatrième, très Benoit XVI également, est "la promotion du bien commun sous toutes ses formes".
Une fois que nous avons dit cela, il est assez évident que les trois premiers critères sont incompatibles avec François Hollande, sa vision de la fin de vie, son indifférence hallucinante à cette détresse ultime qu'est l'IVG, ses attaques sans fin contre l'école privée, sa réaffirmation continue de "l'égalité" des homosexuels face au mariage et l'adoption, sa vision peu discernée de la fécondation, etc. Reste que le débat chez les chrétiens réside dans la quatrième critère, le bien commun. Certains diront Sarkozy injuste ou clivant, certains se tourneront vers Bayrou, certains seront perdus devant la faiblesse du choix. Et ils n'auront pas complètement tort. Si nous devions voter pour un candidat qui se conformerait à ces treize critères fondamentaux, à la Doctrine Sociale de l'Eglise, à une vision chrétienne de la personne humaine, alors nous serions bien ennuyés. Nous sommes bien ennuyés. Et voter contre un candidat est toujours moins enthousiasmant que voter pour. Tout le problème de notre monde est d'ailleurs coincé dans cette équation : nous ne votons pas pour.
Jésus ne nous l'avait pourtant pas caché : son Royaume n'est pas de ce monde. Pourquoi donc voudrions-nous absolument créer un royaume parfait ici et maintenant? Sur ce sujet, saint Thomas d'Aquin nous donne quand même un petit espoir : si le bonheur surnaturel est à venir, nous pouvons cependant travailler au bonheur naturel. La politique recherche le meilleur des biens humains qui est le bien surnaturel. Elle s'appuie sur la raison qui permet à l'homme et à l'homme seul de discerner le bien du mal pour le faire croître vers le bonheur naturel puis le bonheur surnaturel.
Et c'est là qu'il faut revenir à quelques critères fondamentaux. Certes la justice sociale n'a pas été démontrée ces cinq dernières années. Certes le système économique dans son ensemble, notre perception de l'argent comme veau d'or, notre vision du travail centrée sur la rentabilité et notre oubli de l'homme doivent être sévèrement bousculés. Certes l'accueil charitable du plus faible n'a pas toujours été une priorité. Il n'en demeure pas moins que nous ne pouvons pas librement et consciemment accepter une société qui mépriserait à ce point la dignité humaine qu'elle accepterait d'accélerer la mort avec l'euthanasie, nier l'anthropologie en élargissant l'adoption, effacer la spiritualité en bafouant une saine laïcité. Nous ne pouvons pas non plus accepter une société qui ferait dépendre son bonheur naturel et surnaturel de l'Etat, l'état sauveur, l'état égalisateur, l'état éducateur.
L'essence de l'homme tient dans sa liberté de discernement du bien et du mal. Elle tient dans cette liberté de s'ouvrir à la transcendance, de s'émerveiller de la création, de l'accepter et de co-créer le monde avec en ligne de mire le bien commun. Même si parfois nous sommes confrontés à nos propres limites. Mais pourquoi voter pour quelqu'un qui caresse nos limites? Nous ne pourrons jamais aller vers le bien commun si nous ne savons pas qui est l'Homme et si nous espérons avec orgueil devenir des mini dieux créateur à la place de Dieu. De l'anthropologie chrétienne classique découle une "anthropologie de l'entreprise" et une anthropologie du monde.
Ce marxisme teinté de libéralisme, cette autosuffisance, cet athéisme créateur de chimères, je les refuse. Je ne voterai pas François Hollande. Il ne dit pas grand chose mais le peu qu'il dit montre un clivage abyssal avec ma vision de l'Homme.
Les 22 avril et 6 mai, je ne voterai pas pour François Hollande et ensuite, qui que soit le président, je serai vigileant pour défendre sans cesse ce socle, ces treize points, avec force et pugnacité.
Quelle société voulons-nous?
Mission accomplie... En s'appuyant sur la Doctrine Sociale de l'Eglise et les clefs de discernements publiées par la Conférence des Evêques de France, SAJE Prod nous offre le buzz viral du moment avec une vidéo proposant aux catholiques ayant une carte d'électeur des critères orientant leur choix politique. Et comme on oublie souvent que 61% des français se déclarent de confession catholique (Ifop), on oublie souvent que ça fait du monde...
S'il était né dans le Loir-et-Cher, pour qui Benoit XVI voterait-il en 2012?
D'après le petit buzz (http://www.quellesociete2012.fr/), il y a 13 critères : vie naissante, famille, éducation, jeunesse, banlieues et cités, environnement, économie et justice, coopération internationale et immigration, handicap, fin de vie, patrimoine et culture, Europe, et enfin laïcité et vie en société.
En regardant cette vidéo, nous n'avons pas forcément la réponse. Chacun peut y aller de sa petite analyse comme Rue89 qui proclame malicieusement (ça arangerait son candidat) que François Bayrou est celui qui coche le plus de cases en oubliant sans doute que la couleur de certaines cases sent le véto à plein nez. Mélanchon bouffe du curé, Le Pen bouffe de tout, Hollande bouffe de la dignité humaine, Bayrou bouffe du courage et Sarkozy bouffe du savoir-vivre. Bref, nous sommes mal barrés.
Les commentaires qui commencent à se multiplier soulignent le difficile positionnement de l'Eglise ou de ses fidèles les plus visibles. Pas de consigne de vote, des orientations multiples, une réflexion concrète qui semble pourtant parfois abstraite. Je fais effectivement partie de ceux qui considèrent que les initiatives d'Eglise manquent un peu de la pugnacité qu'on a pu voir aux Etats-Unis lors des précédentes élections avec une vidéo similaire. Peut-être ai-je tort. Peut-être l'Eglise a-t-elle pour vocation de poser les questions qui conduiront ses fidèles à trouver eux-mêmes les réponses.
Il y a néamoins dans ces quelques minutes politiques, des précisions. Un trio de tête des thèmes dirimants : vie, famille, éducation. Nous pouvons sentir l'influence de Benoit XVI qui centre souvent ses discours sur le rôle fondamentale de la famille, le respect de la vie et l'importance de l'éducation chrétienne des jeunes générations. La force créatrice de la morale doit donc être au centre du jeu.
Lors de son voyage historique à Cuba, Benoit XVI a également rappelé un autre trio : liberté, responsabilité, vérité. Liberté religieuse et responsabilité raisonnable (dialogue foi et raison) sont seules capables de conduire l'homme vers la vérité du Christ.
Education morale au sens de la vie et liberté raisonnée de tourner son regard vers la vérité du Christ ne sont qu'une seule et même idée. Un seul et même enseignement. Une seule et même exigence. Celle d'orienter sa vie vers le Bien Commun, de répondre à notre vocation d'amour, de suivre l'exemple de Jésus.
Liberté de proclamation du christianisme, respect de la vie, centralité de la famille, Bien Commun... Est-ce que cela nous dit pour qui voter? Le pape devrait en toute logique voter blanc mais ce serait trop simple! Alors qui? QUI?
Je ne sais pas s'il y a un nom qui ressort de tout cela. Il est indiscutable que beaucoup de cases sont décochées par les uns et les autres. Mais nous devrons bien admettre d'ici le 6 mai que la plupart des noms ne sont certainement pas compatibles et qu'il faudra donc voter pour -----------.
Et si je changeais mon monde
En ces temps de bouleversement économique et social, plus que jamais les propositions innovantes, humaines, transcendantes sont attendues. Il est urgent de répondre à cette attente de nos contemporains.Le progrès et la morale
Je reviens de Cuba, ce drôle de pays libéré avec l'appui des américains au tournant du XXe siècle puis devenu communiste, socialiste, marxiste ou castriste en 1959. 50 ans de lendemains qui chantent faux ont fait un pays et un peuple qui déchantent mais ne s'égosillent pas encore.
Les lendemains qui chantent sont cette foi absolue et idéologique en la capacité de l'homme à se sauver lui-même. La révolution, les idées, le progrès, l'Etat, le peuple vaincront. L'homme trouvera son bonheur. Il n'y aura plus d'oppression. Sur le papier, la promesse est belle et certains continuent à la trouver généreuse. Mais elle est inhumaine.
Certes Cuba peut se glorifier de son taux de chômage quasi inexistant, de son niveau d'éducation, de son système de santé. Les habitants ont un toit et peuvent manger. Mais un robot travailleur ne fait pas un homme digne, un fonctionnaire nourri ne fait pas un être libre et créatif, un villageois abreuvé de propagande ne fait pas un esprit empli de transcendance.
Je reviens de Cuba et me retrouve en France. Des milliers de kilomètre et toujours le même débat. Le socialisme français n'est pas à l'image du castrisme et ses lendemains chantent différemment. Mais il y a malgré tout, ancrée chez beaucoup de mes concitoyens, cette volonté de croire que l'homme et les structures apporteront le bonheur. Demain sera meilleur. L'Etat nous protégera, l'Etat s'adaptera, l'Etat nous endormira. L'Etat, c'est nous, la démocratie, l'homme. L'homme qui sait bien ce qui est bon pour lui.
Ainsi, nous tombons dans cet espoir que l'Etat qui validera notre mode de vie, l'Etat qui créera l'égalité, l'Etat qui imposera la charité conduira au bonheur. "Soyons réalistes, exigeons l'impossible", hurlait Che Guevara.
Deux personnes du même sexe ne peuvent pas enfanter, exigeons l'impossible. La mort fait partie de la vie, exigeons l'impossible. Les footballeurs ne veulent pas payer d'impôts... euh non, n'exigeons rien...
A l'inverse de Marx, Saint Thomas d'Aquin et la philosophie politique chrétienne ont toujours recentré le débat. L'homme ne peut pas tout. Il est dépassé par sa propre création. Le mal existe. Le Meilleurs des Monde, la Guerre des Boutons ou Sa Majesté des Mouches ont mis en évidence cette réalité. Le mal existe et c'est ainsi que la théorie politique de Saint Thomas et même plus tard celle de Descartes décrivent l'importance de la morale.
Etre pour le progrès, être progressiste ne veut rien dire. Vers quoi progressons-nous? La science peut progresser vers l'eugénisme ou vers la charité. L'économie peut progresser vers la richesse segmentante ou vers la charité. Le sport peut progresser vers l'idolâtrie, la guerre ou vers la charité.
Face au progrès, j'oppose toujours la même chose : la vocation. La vocation de l'homme, c'est l'amour. La charité. Je peux être financier, ouvrier, sportif, homme politique, chanteur, ma vocation n'est pas de "progresser" seul vers la gloire, la richesse, le pouvoir ou le plaisir mais de "progresser" vers plus d'amour. Je peux être homo, blanc, riche, noir, hétéro, handicapé, ma vocation n'est pas de "progresser" en exigeant l'impossible mais de "progresser" vers plus de charité. Je suis donc appelé à offrir ce que je suis aux autres en m'appuyant sur une morale qui me permette de discerner ce qui est bien et mal et donc d'offrir uniquement ce qui est bien.
L'homme n'est pas un animal, car l'homme discerne. C'est ce discernement libre qui lui permet de faire le choix volontaire de la charité et donc du bien. Il y a dans le progressisme actuel un triple meurtre : le meurtre de la liberté (l'état nous sauve), le meurtre de la charité (je me sauve) et le meutre de la vérité (Dieu et sa morale ne me sauvent pas).
Je reviens de Cuba où les gens mangent et travaillent. L'homme, ce n'est pas ça. Il a une dignité qui le rend exceptionnel. Nous sommes tous des révolutionnaires qui voulont changer le monde. Mais je préfère me battre comme les chouans autrefois pour préserver ma liberté, ma charité et ma vérité que pour avoir quelques droits qui n'accordent du plaisir qu'à moi... et encore.
Metanoia politique
Mecredi des Cendres. Depuis quelques heures déjà, le monde catholique est entré en Carême. Toute la journée, vous croiserez dans la rue des tas de gens se grattant le front pour effacer les cendres qui leur auront été imposées au cours de la messe. Vous serez alors appelés à prier pour eux et pour tous les autres qui sont appelés à emprunter plus profondément un chemin exigeant.
Ce chemin, c'est la metanoia. Une transformation. Une conversion. Dans son message de Carême, le pape Benoit XVI nous donne plusieurs pistes de metanoia. Il nous encourage notamment à "faire attention".
"Faire attention"... Nos candidats aux élections présidentielles, nos dirigeants, nos managers, nous-mêmes là où nous en sommes, tous nous sommes appelés à "faire attention". Mais suffit-il comme François Hollande de se présenter comme le garant de la "justice" et de "l'égalité" pour "faire attention"? Pour nous aider à trouver la voie, le Psaume 85 nous chante un conseil : "amour et vérité se rencontrent, justice et paix s'embrassent." Ainsi, nous comprenons que la justice est une conséquence de cette charité qui s'ancre dans la vérité de Dieu.
Tandis que nous écoutons des beaux discours, il est important que nous gardions cette recommandation à l'esprit : nos pensées, nos actes, nos désirs de justice doivent s'ancrer dans la charité véritable. Je me suis déjà battu dans ce blog pour que certains ne confondent pas "aimer" et "faire plaisir", "justice" et "relativisme". Benoit XVI poursuit d'ailleurs cette idée dans son message de Carême beaucoup mieux que je ne saurais le faire : "la responsabilité envers le prochain signifie alors vouloir et faire le bien de l’autre, désirant qu’il s’ouvre lui aussi à la logique du bien ; s’intéresser au frère veut dire ouvrir les yeux sur ses nécessités."
La justice, la paix, la charité sont donc des chemins d'exigence absolue, car la Vérité de Dieu est exigeante. Elle est merveilleuse mais elle est exigeante.
Durant ces quarante prochains jours de Carême, alors que la campagne électorale bat son plein, nous pouvons espérer que nos hommes politiques chercheront la metanoia. Qu'ils essayeront de se transformer humblement et de transformer les français. Qu'ils sortiront des idées convenues ou du flegme indifférent. Qu'ils auront le courage de viser toujours plus haut en vérité et en charité.
Ce courage est une notion un peu perdue que le Carême peut remettre en selle. Car nous sombrons trop facilement dans le compromis. En observant les primaires américaines, je suis tombé sur de nombreux articles qui tentaient d'analyser le phénomène "Rick Santorum". Conservateur catholique convaincu, ses propos sur la religion, le mariage gay ou la contraception interpellent. Ils interpellent d'autant plus que Santorum, qui fait une excellente campagne de terrain, semble aujourd'hui un candidat sérieux à l'investiture républicaine. Mais au sein même de son parti, certains s'interrogent : ne va-t-il pas faire fuir l'électorat féminin? Est-il trop conservateur? Mettra-t-il de l'eau dans son vin? Le Nouvel Observateur cite ainsi un commentateur américain qui déclare : "Sa force, c'est qu'il est un vrai croyant. Mais le revers, c'est que lorsqu'on ne fait jamais de calcul politique, on fait des erreurs, on va trop loin dans ce qu'on dit et dans ce que l'électorat majoritaire est prêt à accepter. Il faudrait qu'il soit un peu plus discipliné."
En France, nos candidats sont déjà trop disciplinés. On ne fait pas une élection pour plaire aux électeurs mais pour les aimer. Parfois même pour les soumettre à la "correction fraternelle" qu'évoque également Benoit XVI dans son message de Carême : "Je pense ici à l’attitude de ces chrétiens qui, par respect humain ou par simple commodité, s’adaptent à la mentalité commune au lieu de mettre en garde leurs frères contre des manières de penser et d’agir qui sont contraires à la vérité, et ne suivent pas le chemin du bien." Ils ne sont pas nombreux les leaders politiques à avoir su faire adhérer les électeurs à une metanoia. C'est beaucoup plus exigeant que de suivre le courant. Mais c'est beaucoup plus juste aussi.
Pour ce Carême politique, je souhaite aux uns et autres de ne pas hésiter à corriger fraternellement nos leaders ou futurs leaders pour qu'ils osent la metanoia de la charité et de la vérité. Tout n'est pas acquis, tout n'est pas perdu d'avance. Les opinions changent et évoluent. Et toujours, au fond de chacun, il y a un désir de charité véritable qu'il ne faut pas mettre de côté pour plaire mais au contraire faire pousser pour devenir meilleur.

