Michel_Ange_creation_d_AdamOn leur accorde "deux crédits à la consommation"...

Le Figaro publie aujourd'hui un article particulièrement triste sur le parcours de deux hommes partis aux Etats-Unis à la recherche d'une mère porteuse.

Depuis quelques années, un bouleversement de société s'opère insidieusement. Après des millénaires d'éducation du peuple des hommes qui ont permis de bâtir siècle après siècle des interdits essentiels à la compréhension de sa vocation d'amour (alliances consanguines, polygamie, infidélité, eugénisme), un mur est en train de s'effondrer. Un brèche s'entrouvre vers un monde incertain. On nous vante à longueur de journée les mérites de ce nouveau monde de "progrès"; il faudrait vivre avec son temps, suivre le sens de l'histoire, être modernes. Pourtant ce monde-là n'est pas nouveau; c'est un ancien monde, un retour à la case départ lorsque les hommes vivaient sans interdit et sans conscience de leur être véritable.

Dis papa, c'est quoi un homme? Une graine qui rencontre un ventre...

Ce que l'on refuse encore, ou au minimum questionne, lorsqu'il s'agit de faune et de flore, la société occidentale est prête à l'autoriser pour les êtres humains.

La souffrance des hommes, en l'occurrence celle de ne pas avoir d'enfant, est difficile, parfois même humainement inacceptable. Mais cette souffrance ne justifiera jamais de perdre sa dignité, son essence, ce qui est au coeur de notre humanité. Fabriquer un enfant, c'est se prendre pour Dieu, faire un pacte faustien, vivre un cauchemar prométhéen. Lorsque l'homme n'accepte plus ce qu'il est, ses limites et ses incapacités, lorsqu'il refuse sa propre création et qu'il se bat contre la nature, il fait un combat en pure perte. A court terme, il peut y croire mais il ne sera pas vainqueur à long terme. Et d'ailleurs, il le sait.

Ce sont actuellement deux visions de l'homme qui se confrontent. Une vision fondée sur une réalité naturelle créée face à une vision positiviste et scientiste. Ce n'est pas nouveau; les grandes disputes spirituelles (gnosticisme, etc.) et philosophiques ont toujours conduit à cette opposition. Ainsi, alors que la Genèse nous enseigne que l'homme doit "soumettre" la terre tout en la respectant sous le regard de Dieu, l'homme est-il très rapidement tiraillé et sucombe-t-il à la tentation de l'arbre de la connaissance. Et depuis ce temps, il hésite. En 2012, nous en sommes toujours là. Obéir librement ou tenter un putsch contre la création?

Nous entendons beaucoup parler d'amour mais viendra un temps où nous serons appelés à l'introspection. Qui a-t-on aimé? A-t-on vraiment aimé? Caritas in Veritate, l'amour en vérité. Émotion ou raison. Il est dangereux de gouverner, gérer, agir sous le seul coup de l'émotion et de l'impatience. Notre ère médiatique manque parfois cruellement de temps pour la réflexion. Seule la réflexion paisible peut nous permettre humblement de révéler ce qu'il y a de meilleur en nous, d'accepter des sacrifices et d'être dans la joie de la liberté retrouvée, celle d'avoir réalisé notre vocation.

Il y a quelques mois, on nous parlait de mariage pour tous et de revendications légitimes (fiscalité, familles existantes, etc.). Très rapidement vint la question de son corollaire, l'adoption. Un sujet épineux traité sans débat public. Hier la PMA sortit du chapeau gouvernemental. Demain, ce sera la GPA "mères porteuses". Il n'est pas anodin de noter que dans le même temps, les sénateurs votaient en douce une proposition de loi autorisant la recherche sur les embryons humains au moment même où le prix Nobel de médecine vient d’être décerné au japonais Shinya Yamanaka et au britannique John Gurdon pour leurs découvertes sur la reprogrammation nucléaire, qui est une technique éthique et démontre qu'il suffit juste d'un peu de patience pour que la nature nous offre une réponse.

Alors que l'UMP se déchire sur des non-sujets, il devient clair que la fracture idéologique, le débat politique, le combat sociétal portent sur le sens de la vie et le développement de l'homme intégral. C'est là-dessus que nous devons nous positionner maintenant, courageusement et vigoureusement.

Dis papa, c'est quoi un homme pour de vrai?