BeniNews, l'actu est toujours spirituelle

Chroniques piquantes d'un monde qui change....

16 octobre 2009

C'est à tribord qu'on crie le plus fort

Image1Depuis son élection en 2007, Nicolas Sarkozy se sent suffisamment sûr de son tribord pour ouvrir à bâbord. Mais aujourd'hui, son électorat lui rappelle que c'est bien à tribord qu'on crie le plus fort.

RSA jeune, Jean Sarkozy à l'EPAD, Frédéric Mitterrand, taxe écologique, mères porteuses, la droite devient tendue et ne reconnait plus son héraut.

Le président intrigue. Il paie les étudiants pour aller en cours, justifie péniblement l'ascension discutable de son fils, clôt un débat moral essentiel sur la fonction ministérielle, lance une bonne idée mal expliquée pour l'avenir de notre planète et teste une mesure humainement complexe sur la notion de création.

Attention, dans son entreprise de modernisation du pays et d'oubli des valeurs fondamentales, Giscard s'était coupé de sa base et s'était scratché...

Conscient de la situation, Nicolas Sarkozy s'explique sur sa droite et fait la fortune d'un jour du Figaro d'Etienne Mougeotte (et le "suicide" de ce même Etienne dans un édito complètement déconnecté qui passe assez mal auprès de ses lecteurs). Mais cela suffira-t-il?

Dans le même temps, Jean-François Copé s'explique sur sa gauche et fait la fortune d'un jour du Monde d'Eric Fottorino. Mais cela suffira-t-il?

Les deux leaders de la droite partent du même postulat : la France a changé, il faut donc évoluer. So what?, diraient les américains.

La France chrétienne ne pratique plus, la France agricole s'enferme dans les villes, la France des colonies émigre en métropole, la France culturelle surconsomme, la France des grands combats collectifs s'individualise.

Pour reprendre l'idée-force de Jean-François Copé, la France perd peut-être son identité. Ou plutôt ne trouve pas sa nouvelle identité. Mais entre le libéralisme sarkozyste et le nouvel humanisme copéiste, quelle identité nous propose-t-on réellement?

Nous devrions réfléchir avant tout à l'Homme que nous voulons devenir. Rien ne sert de gouverner par des sondages, ils ne révèlent pas forcément nos rêves profonds mais nos désirs soudains. "Je ne réalise pas le bien que je voudrais mais je fais le mal que je ne voudrais pas", nous dit très justement Saint Paul (Romains, 7, 19). Il faut donc prendre de la hauteur.

La France veut-elle devenir une terre de liberté responsable, de charité et de gratuité, de travail et de construction du monde, de culture et d'intelligence, de dignité et d'humilité, de subsidiarité et de proximité?

Quel sera le français de demain?

Grandira-t-il au sein d'une famille aimante qui lui inculquera des valeurs de vie?

Sera-t-il porté par une communauté religieuse qui l'aura ouvert sur un mystère d'espérance?

Eveillera-t-il son intelligence dans les méandres d'une école qui lui apprendra à raisonner et à discerner?

Trouvera-t-il sa vocation dans un travail matériel ou immatériel qui lui permettra de mettre au profit du monde ses talents uniques?

Entreprendra-t-il avec confiance un projet qui poursuivra respectueusement l'avancée et la croissance du monde?

Sera-t-il invité au don gratuit et à l'action pour cet autre qui lui fera découvrir la profondeur de notre humanité?

Se découvrira-t-il libre? Libre de faire les bons choix? Libre d'être pleinement Homme? Libre de s'oublier lui-même pour écouter l'autre?

Soeur Emmanuelle disait que "chaque homme reçoit sur terre un cadeau de Dieu et doit le faire fructifier selon ses possibilités". Tout est dit. Nous avons des talents dont nous ne sommes que les dépositaires et nous devons les faire fructifier pour le bien de tous.

Si BeniNews devait crier à tribord, nous crierions que certaines valeurs sont inoubliables.

06 octobre 2009

Un dîner presque parfait

Image1 Hier, lundi soir, M6 nous régalait avec son Dîner Presque Parfait et en profitait pour se régaler elle-même puisque même Dr House sur TF1 n'a pas réussi à faire face à ce nouveau rouleau compresseur.

Quel intérêt d'en parler, nous direz-vous?

Eh bien, le premier est qu'il devient rare d'apercevoir à la télévision un divertissement sans femme nue, sans travesti, sans politiquement soi-disant incorrect mais en fait totalement correct, sans mission "d'ouverture". Bref, il est rare de se divertir simplement avec trois canards, deux saumons et un sac de riz.

Ensuite, et c'est notre dada chez BeniNews, cette émission encourage les candidats à aller au bout de leur passion voire de leur vocation : la cuisine. Soeur Emmanuelle disait avec justesse et conviction que "chaque homme reçoit sur terre un cadeau de Dieu et doit le faire fructifier selon ses possibilités." Réaliser un repas merveilleux à partir des produits de la création divine est un talent. Et un beau talent.

Par ailleurs, le challenge de cette finale (puisqu'il s'agissait d'une finale des régions!) était de réaliser le buffet d'un mariage. Qu'une chaine de télévision française considère encore que le mariage est une fête qui mérite une attention particulière, qui crée un stress chez les candidats, qui fait rêver les téléspectateurs, tient du miracle ! Qu'en plus ce mariage télégénique soit diffusé le lendemain d'un dimanche qui nous offrait le récit de la création de la femme et donc de l'origine de l'amour humain tient doublement du miracle! Alléluia !

Enfin, le dîner est un sujet admirable. Le célèbre gastronome français Brillat-Savarin avait cette phrase superbe : "convier quelqu'un, c'est se charger de son bonheur pendant tout le temps qu'il est sous notre toit." Un dîner est un premier pas vers la charité. Passer 4h dans une cuisine à préparer un plat pour ses invités est un abandon incroyable.

En fait, Un Dîner Presque Parfait est une grâce qui s'ignore ! La révolution du christianisme ne s'est-elle pas réalisée autour d'un dîner? C'est au cours de la Cène que Jésus nous apprend que nous pouvons goûter l'éternité dans l'Eucharistie.

Talent, amour, foi, un dîner qui serait fait en vérité deviendrait un beau moment d'éternité.


Clip Parcours Alpha
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15 juin 2009

Manifeste pour une société de vocation

Image1 Après chaque élection, les commentateurs appellent à une prise de conscience. Montée de l’abstention, baisse des partis de gouvernement, surprise des listes catharsiques.

Le peuple est à bout de souffle et réclame le changement ;

il a voulu donner un signe à ses gouvernants.

Et puis, Vahiné c’est dégonflé, le soufflé retombe et rien ne change.

Il semble pourtant nécessaire que nous entrions dans un nouveau cycle de l’histoire économique et sociale.

Née dans un 19e siècle bourgeois, la société de production nourrit en son temps la question de la répartition des richesses. Patrons ou ouvriers, chacun s’enferma dans son argumentation et l’Eglise sortit alors, via l’encyclique Rerum Novarum, une Doctrine Sociale qui fit date mais ne fut que trop rarement suivie.

Les temps passèrent et la foi décrut ; les guerres se suivirent et fabriquèrent des horreurs ; le travail restait oppressant et le salarié vit son salut dans l’avènement des loisirs. La société de consommation apparut alors. Dans l’air frais des yé-yé, le consommateur du 20e siècle profitait enfin de ses loisirs et de ses propriétés. Mais il se renferma vite sur lui-même. Le monde devint un peu plus individualiste, les inégalités se creusèrent un peu plus et le consommateur qui était en fait un gentil client dépensier commença à trouver que le salut était long à arriver.

La réponse à ce mal-être, l’intelligensia médiatique la vit dans l’information. Ce fut soudain l’éclosion de cette société de l’information qui apparaissait tel un nirvana d’ouverture dans un univers trop cloisonné. L’information abolirait les frontières, lancerait une nouvelle forme de communication, faciliterait l’accès au savoir. Chaînes de télé, stations de radios, magazines, Internet, mobile, les années se suivirent et les médias et nouveaux médias poussèrent comme des champignons. Pourtant, le salarié-consommateur-nouvellement-informé percevait les limites du système. Les médias lui renvoyaient son image, celle d’un salarié moyennement heureux, d’un consommateur éternel insatisfait, d’un habitant d’une terre ravagée et d’un individu en quête de communauté.

Aujourd’hui, le monde occidental et la France en particulier sont donc appelés à un nouveau changement : la société de vocation.

Un changement qui fit dire à Barack Obama pour son discours d’investiture qu’il nous fallait réaffirmer « la promesse de Dieu que nous sommes tous égaux, tous libres et que nous méritons tous la chance de prétendre à une pleine mesure de bonheur. »

Un changement qui fait dire inlassablement à Benoît XVI que chacun d’entre nous avons « une place dans le plan de Dieu ».

Cette place dans le plan de Dieu, cette vocation, elle nous est offerte par des talents que nous devons parfaire et développer. Il n'y a pas de "mauvais" sur terre; il n'y a pas de "nul". Il y a des talents, des dons, des charismes variés que nous devons cultiver ardemment. Avec un unique but : accomplir notre vocation de charité, de joie et de solidarité.

Œuvrer pour une société de vocation, c’est affirmer que la seule voie de la croissance économique n’est pas de passer cinq jours par semaine à produire des biens et services plus ou moins utiles que nous nous empresserions de consommer le week-end sans en être pleinement satisfaits. La croissance économique doit également être portée par une croissance humaine.

Œuvrer pour une société de vocation, c'est être convaincu que trop de gens ne sentent pas à leur place dans leur travail et s'enferment dans un individualisme tristounet parce qu'on ne leur a pas permis d'exercer leurs talents. Développer son talent pousse nécessairement à la joie, à la solidarité et à la charité; c'est l'inactivité qui enferme.

Œuvrer pour une société de vocation, c’est donc considérer qu’il est nécessaire de soutenir et pousser tous ceux qui souhaitent s’accomplir à développer leurs talents, économiques pour certains mais pour d’autres artistiques, familiaux, religieux, politiques, charitables qui répondront alors aux besoins de foi, d’espérance, de culture, de joie, de paix, d’amour de l’ensemble de la population. La dernière initiative de Xavier Darcos et Philippe de Villiers qui lancent un "collège novateur de référence nationale" à Saint-Hilaire-de-Loulay va dans le bon sens. Le principe : à la manière des classes sport-études, une section «humanités classiques, art, culture» pourra être suivie. Au programme, du grec et du latin, des épreuves de culture générale, des cours de civilisation, de littérature, de théâtre.

A quelques jours de la sortie par Benoit XVI de son encyclique sociale, soyons assurés que cette économie de l'immatériel peut être un vrai moteur de croissance, car l'innovation a besoin d'espérance.

20 mai 2009

C'est leur vocation (suite)

Image1 Il y 15 jours, nous vous faisions part d'une initiative du diocèse de Paris qui avait décidé de lancer une petite série Internet très buzz. L'Église se mettait au marketing viral et nous trouvions que c'était bien.

Comme "série" dit "épisodes", il y a un deuxième épisode qui complète efficacement le premier. Un deuxième épisode qui met en œuvre une de nos demandes régulières : expliquer à ceux qui ne connaissent pas ce qu'est la vie d'un prêtre.

C'est quoi un prêtre? La vie d'un prêtre? La journée d'un prêtre? Les occupations d'un prêtre? L'utilité d'un prêtre? La générosité d'un prêtre?

Ca sert à quoi un prêtre? La réponse est là !!!!


Mission
envoyé par mavocation. - Rencontrez plus de personnalités du web.

En cette veille de l'Ascension qui fête le jour où Jésus-Christ nous appela à la mission, cette vidéo tombe à point nommé.

"Galiléens, pourquoi restez-vous là à regarder vers le ciel ? Jésus, qui a été enlevé du milieu de vous, reviendra de la même manière que vous L’avez vu s’en aller vers le ciel" (Actes des Apôtres 1, 9-11).

Et comme nous ne sommes pas tous appelés à devenir des prêtres (!!), BeniNews vous propose en plus une autre vidéo très bien fichue. Un autre type de vocation. Une vocation de couple. Celle de Romain et Rena de Chateauvieux, coopérants Fidesco envoyés par le diocèse de Gainsville (USA) fonder une nouvelle paroisse catholique aux milieux des plus pauvres.

Image3

Pourquoi rester là à "regarder vers le ciel"?

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04 mai 2009

C'est leur vocation

Image1 Nous le réclamions à corps et à cris sur ce site; nous avons été exaucé. Pour la journée mondiale des vocations, le diocèse de Paris a réalisé une série de petits clips sur la vie prêtre.

Marketing viral, vidéo, web, l'Église progresse dans sa communication. Après avoir testé avec succès une utilisation originale du support affichage, l'Église se met petit à petit aux nouvelles technologies. Et c'est bien. Pas encore top, manque encore de rythme, reste une bonne marge de manœuvre, mais ça avance !


Into the One
envoyé par mavocation

Dans le même temps, des communautés nouvelles qui s'y étaient mises un peu plus tôt, continuent d'aller au devant du peuple des fidèles. Et ça aussi c'est bien.


Journée Mondiale de Prière pour les Vocations
envoyé par Emmanuelmedias

En ce beau mois de mai, que les initiatives fleurissent afin que Dieu puisse récolter quelques nouveaux fruits de foi !

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17 avril 2009

Rien partout, balle au centre

Image1 François tend la main à François et fait la une des journaux. Alors que la crise continue à nous entraîner dans les abîmes profonds du mal-être, Hollande et Bayrou font de la stratégie politicienne ... et réussissent un joli coup.

Cela pourrait être un non-événement mais cette petite pique à destination de la belle Ségolène semble trouver sa place dans les médias en ces temps qui ne manquent pourtant pas de piment. Il doit donc bien y avoir une raison. Et cette raison vient peut-être justement de la crise.

Comme toutes les populations du monde, les français sont inquiets. Comprennent que la société qu'ils ont connue est en train de changer mais ne savent pas dans quel sens.

De leur côté, les hommes politiques ont également peur. Le vent tourne mais soufflera-t-il vers eux? La présidentielle 2012 n'est finalement pas si loin puisque le quinquennat a apporté l'élection permanente. Alors chacun se positionne.

Sarkozy semble fatigué et perd de son aura. Il est toujours plus facile d'être adulé quand on ne fait rien qu'aimé quand on est au pouvoir. Redevenu la personnalité politique préférée des français, Chirac en sait quelque chose. Mais au-delà de l'usure, Sarkozy montre aussi ses limites. Celle d'un homme qui a le souci "80's" de l'effort et du travail dont l'unique récompense serait pécuniaire. Celle d'un dirigeant autoritaire qui est parfois plus star que guide. Celle d'un conservateur bon teint qui se divertit dans un luxe décomplexé. Celle d'un excellent tacticien qui en oublie parfois l'objectif de bien commun.

En cette période de crise, certains opportunistes se disent donc qu'il y a une place entre une gauche révolutionnaire un peu ringarde et une droite libérale un poil passée et dépassée par la crise financière. Hollande, Bayrou, Valls, Moscovici, Peillon, Strauss-Kahn, Juppé, la liste est longue de ceux qui veulent prendre le centre. Mais leurs discours manquent de clareté et restent trop souvent démagogiques.

Droite, gauche, centre, attention surtout au vide. Les remarques de Juppé sur le pape, l'opposition systématique de Bayrou, le croc-en-jambe de Valls à Royal, l'autosatisfaction de Moscovici, le néant de propositions de Peillon, la lointaine hauteur américaine de Strauss-Kahn sont autant de signes d'une totale incompréhension des réels besoins d'une société perdue.

Le moment est venu de changer de société.

La crise économique a démontrée que l'usage de la morale avait son utilité. Le démon de l'argent a mis à terre une société de drogués. "Mon anneau", crie Gollum dans le Seigneur des Anneaux. Nous avons tous été des Gollum et, piégés par cette fascination de l'anneau, nous avons amassé, joué, spéculé. Et patatras, le voile noir de Mordor s'est abattu sur nous. Il faut donc maintenant reconstruire notre société avec de la morale. L'Eglise a développé depuis plus de 100 ans une Doctrine Sociale qu'il faut reconsidérer avec un oeil curieux.

Les crises politiques et géo-politiques nous font comprendre un peu plus la beauté de la liberté. La beauté de cette liberté de croire ou de ne pas croire que nous a offerte Dieu dans la Genèse avec l'arbre de la connaissance et qu'il a confirmée en envoyant son fils Jésus non comme un roi que tout le monde verrait mais comme un pauvre que chacun peut voir s'il le veut. La beauté de la liberté de pensée et d'expression que certains ne connaissent pas et que nous voyons en France tous les jours dans la rue, sur des blogs, dans les médias. La beauté de la liberté d'entreprendre, d'innover si importante pour notre développement qui devrait être encouragée.

La crise sociale illustrait encore récemment que la liberté ne peut pas aller sans la responsabilité. Etre mécontents, en vouloir plus, crier parfois, c'est bien; mais séquestrer les patrons, couper le courant, ça l'est moins. En géopolitique, Gene Sharp appelle ces méthodes une "guerre civilisée" et les recommande pour lutter contre des dictatures honteuses. Nous n'en sommes pas là. C'est cette même absence de responsabilité qu'oublient ces médias qui poussent des adolescents à une consommation sexuelle absurde; c'est toujours cette absence de responsabilité qui conduisent des parents à laisser faire leurs enfants, des internautes à rendre gratuit le travail d'autrui, des dilletantes à réclamer l'assiette du voisin. Or une société de liberté ne peut pas se construire efficacement si l'Homme libre est irresponsable.

Enfin, chaque crise nous pousse à faire le constat que l'important est la charité. L'Amour qui partage. L'Amour qui écoute. L'Amour qui se soucie de l'Autre. Une bulle financière vient toujours d'un aveuglement et d'un égoisme où le bien commun n'a plus sa place. Une guerre vient toujours d'une peur de l'autre, d'un individualisme méprisant, d'un leader fanatique et égocentrique ou d'un fondamentalisme liberticide et "amouricide". Une crise sociale vient toujours de cet oubli que certaines personnes n'ont pas les capacités physiques ou psychologiques pour assumer leur liberté et qu'elles doivent donc être aidées.

Ainsi, une politique qui aurait une base morale réelle et s'appuirait sur ces notions fondamentales de liberté, responsabilité et charité prend tout son sens sous l'éclairage brûlant d'une actualité complexe.

Car pour que chacun puisse aller au bout de sa vocation, œuvrer avec toutes ses compétences dans un double intérêt particulier et général , suivre son chemin d'espérance en trouvant sa place et sa vocation, il faut un terreau fertile.

TF1 annonce pour 2011-2012, la suite des Mystérieuses Cités d'Or qui ont bercé l'enfance de beaucoup d'entre nous. 3 enfants et un conquistador solitaire partaient dans les années 80 à la recherche d'un monde merveilleux construit avec de l'or. C'était l'ère de l'argent-roi, du fantasme décrit plus haut que nous ne voulons plus. Espérons donc qu'à cette date, la cité dont nous rêverons sera une cité d'amour. Une "société de vocation" où chacun pourra mettre à profit les talents de la parabole. Pas d'hypnotiques talents en or, mais de généreux talents en âme.

16 février 2009

Du pain, de l'eau et une Rolex

Image1 

"Si à 50 ans on n'a pas une Rolex, on a quand-même raté sa vie."

Cette phrase succulente de Jacques Séguéla ne pouvait pas laisser BeniNews indifférent. Car le dérapage verbal de Jacques est à la fois triste et symptomatique des errements de notre société.

Symptomatique d'une société qui évalue la réussite à la taille du porte-monnaie.
Symptomatique d'une société qui réduit le bonheur à une accumulation matérielle.
Symptomatique d'une société qui recherche éternellement l'abondance comme les Danaïdes remplissent leurs tonneaux.

Jacques, la vie n'est pas un clip de hip-hop dans lequel les héros rouleraient en décapotable, caresseraient des femmes refaites et secoueraient leurs gourmettes clinquantes.


 

D'ailleurs, qu'est-ce que réussir sa vie?

Il n'y a évidemment pas de recette miracle à la réussite et il y a certainement autant de réponses que d'êtres humains. Néanmoins chez BeniNews, quelque chose semble nous important : l'accomplissement de notre vocation. Dieu nous a donnés des talents que nous devons utiliser, développer, parfaire. Il n'y a pas de "mauvais" sur terre; il n'y a pas de "nul". Il y a des talents, des dons, des charismes variés que nous devons cultiver.

Certains deviendront chefs d'entreprise et accompliront avec foi leur vocation; créeront des emplois; fabriqueront des produits/services qui répondent à des besoins; innoveront ou se lanceront dans l'économie sociale comme ces jeunes qui veulent changer le monde. Ceux-ci deviendront peut-être riches et se transformeront alors en mécène ou œuvreront à leur manière pour le bien commun.

D'autres deviendront publicitaires comme Jacques et participeront peut-être à la croissance économique, à la promotion et au libre-accès des produits/services, à l'interpellation des consciences.

Mais la grande majorité ne sera ni chef d'entreprise ni publicitaire ni encore moins rentier, joueur de foot ou chanteur de pop. Et cette majorité n'aura pas pour autant "raté" sa vie. Car elle aura peut-être accompli des choses qui ne parlent pas à Jacques mais qui sont pourtant bien plus vitales qu'une Rolex comme l'art, la famille, le don de soi, le respect de la nature, l'approfondissement de la foi.

Il est du reste cocasse de noter que cet accomplissement de soi est un des objectifs du Rolex Institute qui cherche à soutenir les talents exceptionnels!

Alors que nous sommes perdus dans la jungle du star-system, ne visons pas forcément l'exception ou la perfection. Ouvrons juste le kit de survie de la sainteté: du pain, de l'eau et de l'amour.

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14 novembre 2008

Quel talent!

Image1 Hier soir, M6 explosait ses scores d'audience avec son émission Incroyable Talent (dont le gagnant est l'"incroyable" Alex). Un bonheur n'arrivant jamais seul, M6 en profitait pour mettre une raclée à son ennemi juré TF1 dont l'émission la Méthode Cauet s'enfonçait dans les brumes du désastre avec 18% de PDM, soit la moitié des scores qu'elle faisait l'année dernière.

Au-delà du plaisir sadique de voir Cauet lutter pour sa survie, qu'y a-t-il de si réjouissant dans cette incroyable nouvelle?

Eh bien, son titre. Incroyable Talent nous renvoie à l'évangile de dimanche prochain, une parabole magnifique : la parabole des talents.

*****

Evangile de Jésus Christ selon St Matthieu, (25, 14-30)- Dieu nous confie des talents

Jésus disait cette parabole : « Un homme qui partait en voyage, appela ses serviteurs et leur confia ses biens. A l'un il donna une somme de cinq talents, à un autre deux talents, au troisième un seul, à chacun selon ses capacités. Puis il partit. Aussitôt, celui qui avait reçu cinq talents s'occupa de les faire valoir et en gagna cinq autres. De même, celui qui avait reçu deux talents en gagna deux autres. Mais celui qui n'en avait reçu qu'un creusa la terre et enfouit l'argent de son maître.

Longtemps après, leur maître revient et il leur demande des comptes. Celui qui avait reçu les cinq talents s'avança en apportant cinq autres talents et dit : 'Seigneur, tu m'as confié cinq talents ; voilà, j'en ai gagné cinq autres. Très bien, serviteur bon et fidèle, tu as été fidèle pour peu de choses, je t'en confierai beaucoup ; entre dans la joie de ton maître.'

Celui qui avait reçu deux talents s'avança ensuite et dit : 'Seigneur, tu m'as confié deux talents; voilà, j'en ai gagné deux autres. Très bien, serviteur bon et fidèle, tu as été fidèle pour peu de choses, je t'en confierai beaucoup; entre dans la joie de ton maître.'

Celui qui avait reçu un seul talent s'avança ensuite et dit : 'Seigneur, je savais que tu es un homme dur : tu moissonnes là où tu n'as pas semé, tu ramasses là où tu n'as pas répandu le grain. J'ai eu peur, et je suis allé enfouir ton talent dans la terre. Le voici. Tu as ce qui t'appartient.'

Son maître lui répliqua : 'Serviteur mauvais et paresseux, tu savais que je moissonne là où je n'ai pas semé, que je ramasse le grain là où je ne l'ai pas répandu. Alors, il fallait placer mon argent à la banque ; et, à mon retour, je l'aurais retrouvé avec les intérêts. Enlevez-lui donc son talent et donnez-le à celui qui en a dix. Car celui qui a recevra encore, et il sera dans l'abondance. Mais celui qui n'a rien se fera enlever même ce qu'il a Quant à ce serviteur bon à rien, jetez-le dehors dans les ténèbres ; là il y aura des pleurs et des grincements de dents !' »

*****

Oui, chacun de nous avons des talents à développer pour accomplir notre vie.

Trop souvent, la société nous guide sur des chemins qui ne sont pas ceux dans lesquels nous pouvons nous épanouir. Trop souvent, nous empêchons sans le vouloir nos "incroyables talents" de s'exprimer.

Chez BeniNews, nous nous voulons les promoteurs d'une nouvelle forme de société, la "société de vocation".

Au cours de la révolution industrielle du XIXe siècle, la société s'est mise à considérer qu'un être accompli était un être productif. C'était l'ère de la société de production. Quelques décennies plus tard, la société se prit à croire que l'être productif devait essentiellement répondre à une demande matérielle. Ce fut l'ère de la société de consommation. Mais aujourd'hui, nous nous apercevons que tout cela ne nous a pas forcément fait grandir en humanité et que la société ne s'est pas apaisée. Il y a toujours des guerres, des famines, des krachs et tout autour de nous, les gens ressentent un véritable besoin d'immatériel et d'épanouissement. C'est l'arrivée de la société de vocation.

La société de vocation, c'est l'affirmation que nos talents impalpables sont utiles à l'ensemble de la société. Qu'ils ont une valeur. Qu'il y a une véritable création de richesse non seulement humaine mais également économique à répondre à des fonctions d'utilité immatérielles telles que f(amour), f(foi), f(espérance), f(joie), f(paix), f(beauté). Et que la société aurait donc toutes les raisons de les promouvoir et de permettre à tous ces talents d'éclore.

Hommes de foi ou artiste, mère de famille ou passionnée d'éthnologie, quels que soient nos talents, la société a le devoir de faire mûrir ces dons de Dieu. Car s'ils sont bons pour nous, ils le sont encore plus pour les autres.

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Alors que nous fêtons aujourd'hui les 60 ans d'un prince Charles passionné d'écologie qui se morfond de n'avoir pas pu choisir une vocation qu'il cherche toujours, développons nos talents tant qu'il est encore temps pour que le monde en profite.


07 novembre 2008

Royal au bar

king_hearts_1_ Après une campagne intense, après de nombreux coups bas, après des moments d'émotion proches de la transcendance, après un suspens inoui, ils ont voté.

Les militants socialistes se sont prononcés sur leur motion préférée. Et ô surprise, la Jeanne d'Arc des temps modernes, la Barack Obama version femme version blanche, la grande prêtresse de la fraternité, notre Ségolène Royal que le monde ne nous envie pas puisqu'il ne la connait pas est arrivée en tête des suffrages. Ségolène 29%, Bertrand 25%, Martine 25%. Et le petit Benoît Hamon qui se défend bien avec 19%.

Qui sortira finalement vainqueur au congrès de Reims, personne ne le sait encore. Mais la faiblesse des écarts de voix démontre, s'il en était besoin, l'absence totale d'élan mobilisateur. Un grand néant d'espérance. Le monde change et une partie des habitants gaulois n'ont pas encore trouvé le leader qui leur transmettra un souffle de vie.

Si à Reims Clovis avait baptisé la France, ce n'est sans doute pas à Reims que les socialistes recevront une nouvelle bouffée d'éternité.

*****

A des milliers de kilomètres de Reims, ce n'est pas une Royal mais un étrange roi qui vient d'être couronné. Un jeune prince idéaliste qui souhaite faire passer son pays aux mille et un songes dans le XXIe siècle. Jigme Khesar Namgyal Wangchuk, cinquième roi du Bhoutan, devra jongler entre des traditions millénaires et l'inévitable mondialisation. Et cette question à mille euros : comment allier bonheur et ouverture?, nous nous la posons tous les jours chez BeniNews.

BHOUTAN_1_

La civilisation de l'Amour est un grand Bhoutan avec ses montagnes, ses rivières, ses valeurs. Mais elle doit aussi être une civilisation ouverte sur l'autre, libre, responsable. Elle doit offrir l'espérance d'un monde meilleur qui n'est pas le renfermement sur notre petit bonheur personnel.

Stephen Lawhead, auteur américain de science-fiction, a écrit dans un de ses livres : "La vie appartient à ceux qui aiment, et là où règne l'Amour, l'homme est vraiment le roi."

Nous ne sommes pas naïfs, la vie n'est pas faite d'amour et d'eau fraîche. C'est pour cela que la politique existe. Mais l'homme étant fait pour l'amour, il doit tendre vers ce qu'il est pour améliorer le monde. Et la politique doit l'y aider.

"Deviens ce que tu es", disait Saint Augustin. Cette liberté qui nous est offerte par une saine politique doit nous conduire à trouver notre vocation au sein de la société. Et que cette "société de vocation" que nous voulons construire ait un seul roi : le coeur, un royaume : la liberté, et une dynamique : l'espérance. 

06 octobre 2008

L'abonné du curé

garcon_1_ Le week-end dernier, alors que le pape Benoît XVI ouvrait un important synode sur la parole de Dieu, l'Eglise de France ordonnait ses nouveaux diacres. Célibataires, mariés, veufs ou futurs prêtres, les diacres sont justement au service de l'annonce de cette parole de Dieu. Ca tombait bien.

Dans une société matérialiste qui oublie trop souvent qu'elle ne peut pas tout toute seule et qui a parfois la terrible prétention de vouloir se sauver elle-même, la vocation religieuse perd de sa grandeur aux yeux des hommes. Ce choix magnifique qui faisait autrefois le bonheur des appelés et la fiereté de leurs parents est aujourd'hui une étrangeté.

Pourtant cette étrangeté, car c'en est bien une, devrait plutôt être louée. Pour une bonne raison : nous en avons besoin.

Dans notre vie quotidienne, nous ignorons souvent la parole de Dieu. Nous courons les rues entre deux rendez-vous sans faire attention au clocher de l'église du coin de la rue, au col romain du curé qui passe, au voile de la bonne-soeur qui sourit. Et le dimanche matin, sur le terrain de foot, le parcours de golf ou à la terrasse d'un café, nous profitons du beau temps sans penser un seul instant que nous pourrions donner ne serait-ce qu'une petite heure à ...

...ce Dieu que nous appelons quand-même de temps à autre.

Que nous appelons pour être le témoin privilégié de notre amour lors de notre mariage.

Que nous appelons pour guider notre enfant adoré sur son chemin de vie par la grâce du baptême.

Que nous appelons lorsque nous souffrons et que nous cherchons de l'aide.

Que nous appelons lorsque nous avons un poids sur le coeur dont nous voulons nous défaire.

Que nous appelons lorsque notre souffrance psychique est devenue souffrance physique et que nous avons besoin du gîte et du couvert.

Que nous appelons lorsque nous souhaitons passer sereinement dans l'autre monde.

Finalement, tout au long de notre vie, nous réclamons ces prêtres, humbles messagers de la parole de Dieu et de cet Amour qui ne juge pas nos erreurs, apaise nos angoisses, console nos tristesses et décuple nos joies. Et nous ne nous en rendons même pas compte.

Si nous ouvrions nos yeux avec humilité, si nous nous avouions à nous-mêmes que nous ne pouvons pas tout tout seuls, si nous avalions simplement ce souffe d'espérance que nous offrent gratuitement ceux qui ont répondu à l'appel de Dieu, alors peut-être que parfois notre chemin de vie serait moins tortueux.

L'Eglise a besoin de prêtres. Nous aussi. Aidons-la.

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