30 janvier 2009
ils en ont marre, ils en ont marre, ils en ont marre
"J'en ai marre, j'en ai marre, j'en ai marre." C'est par ce cri radiophonique que Ségolène Royal essayait de se rapprocher opportunément de ceux qui souffrent. Dans l'absolu, elle a raison, Ségo. Nous en avons tous marre.
Oui, le peuple entier en a marre de la crise. En a marre des banques. En a marre des nantis qui jouent avec de l'argent comme ils feraient une partie de Monopoly. En a marre des politiques qui essaient pourtant sûrement de se retrousser les manches. Le peuple en a marre de tout et l'a montré hier avec des manifestations d'une très grande ampleur.
Et il a raison.
La crise financière, l'instabilité géopolitique, le retournement de valeurs fondamentales sont autant de raisons d'être tristes et perdus.
Nous pouvons parfois être agacés par des grèves bloquantes. Nous pouvons parfois être choqués par des discours simplistes ou des réactions opportunistes. Nous pouvons parfois être énervés par des demandes qui n'auront jamais de réponse satisfaisante. Mais nous devons rêver avec ceux qui souffrent.
Rêver d'un monde qui partagerait.
Rêver d'un monde qui aimerait.
Rêver d'un monde qui espèrerait.
Une grève ne fera malheureusement jamais changer les choses. Mais dans tout ce désagrément, profitons-en pour réfléchir.
Il y a en effet un chemin plus efficace que celui des revendications communistes ou Che Guevaresques : la Doctrine Sociale de l'Église. La Doctrine Sociale de l'Eglise que tout le monde a malheureusement oublié rappelle pourtant certains principes économiques fondamentaux qu'il serait bon d'appliquer :
- La dignité de la personne humaine
- Le respect de la vie humaine
- La société organique
- Le principe d'association
- Le principe de participation
- Le principe de l'option préférentielle pour les pauvres et les personnes vulnérables
- Le principe de solidarité
- Le principe de gérance
- Le principe de subsidiarité
- Le principe de l’égalité humaine
- Le principe du bien commun
- Le principe de la destination universelle des biens
Oui, le peuple a raison. Oui, Obama a raison. Des bonus à 5 ou 6 zéros, c'est indécent. On en a marre, on en a marre, on en a marre.
Aussi, en regardant la parodie de la fameuse chanson Toi + Moi de Grégoire (chanson réalisée par l'équipe de Sans Interdit, l'émission d'NRJ de 21h à minuit), rêvons d'un monde qui redécouvrirait les principes fondateurs d'une société toujours plus juste.
26 novembre 2008
November Rain
Comme le chantait il y a quelques années le groupe Guns N' Roses (qui sort un nouvel album au titre provocateur : Chinese Democracy), cette fin de mois de novembre est nuageuse. Mais avec quelques rayons quand-même.
Les nuages de novembre
Bien que Martine Aubry ait enfin été élue après une longue guerre de tranchées à la tête du parti socialiste, la pluie de critiques ne s'est pas arrêtée. Et nous ne pouvons pas contredire les nombreuses personnes effarées par un tel cirque. Il y a bien trop longtemps que la politique n'est plus une vocation qui aurait la recherche du bien commun pour guide. Seule tranche de rigolade dans cette mascarade : Ségolène Royal, qui avait appelé ses militants à "s'aimer les uns les autres" pendant sa campagne présidentielle, aura à nouveau réussi à s'inspirer de Jésus ... en ressuscitant Lazare-Bayrou.
Au Proche et Moyen-Orient, la tension en l'Iran et Israël continue à nous inquiéter. La guerre des services secrets fait rage et vient de se solder par une nouvelle annonce de pendaison de potentiels espions du Mossad. Et au milieu de tout ça, les nombreux chrétiens du Liban, d'Irak, de Syrie et d'Israël/Palestine, les moins nombreux chrétiens d'une péninsule arabique où la liberté religieuse n'existe pas, ont des frissons. En 1938, Churchill avait prévenu Chamberlain : "vous aviez le choix entre la honte et la guerre, vous avez choisi la honte et vous aurez la guerre." Nous ne pouvons pas laisser impunément des esprits totalitaires et dangereux détruire l'ancestrale civilisation perse et menacer le monde entier. Mais nous devons malgré tout œuvrer pour la paix.
En France, le dimanche chômé énerve les économistes gouvernementaux. Heureusement, une soixantaine de députés UMP emmenés par Marc Le Fur se sont révoltés et ont hurlé : "touche pas à mon dimanche".

Il y a évidemment de bonnes raisons économiques d'assouplir la loi sur le travail dominical. Internet travaille le dimanche et le e-commerce pénalise les petits commerces. Il n'en demeure pas moins que nous ne sommes pas que des acteurs économiques. Nous avons également vocation à gagner en humanité, à raisonner, à prier, à rire, à œuvrer en charité, à espérer. Et le dimanche est là pour ça. 1/7e de notre vie, c'est très peu. Et considérer que 1/7e de notre vie est responsable d'une crise économique, c'est oublier que si ce septième avait été utilisé à bon escient, nous aurions peut-être commis moins d'erreurs...
Les éclaircies de Thanksgiving
Aux Etats-Unis, en 1863, le président Lincoln déclarait que le dernier jeudi du mois de novembre serait un jour de remerciements et d’éloges à Dieu. Thanksgiving devenait une fête nationale.
Et en 2008, Thanksgiving, c'est demain jeudi 27 novembre.
Au Groenland, les inuits peuvent remercier Dieu. Toujours aussi frigorifiés mais avec une majorité écrasante pour l'autonomie, ils ont obtenu ce qu'ils voulaient. Espérons que cette joie ne réchauffe pas trop la banquise!
Au Vatican aussi, Dieu est à l'œuvre. Heureusement me direz-vous! Conscient des enjeux écologiques majeurs de notre monde, le pape s'équipe en panneaux solaires. Cette initiative marque un tournant dans l'utilisation des énergies propres qui, en 2020, devraient couvrir 20 % des besoins de la Cité du Vatican.
Dans notre vie enfin, nous avons certainement des raisons de rendre grâce à Dieu. Bien-sûr nous avons de nombreux moments de tristesse, de désespoir, d'incompréhension mais au fond de nous, nous pouvons trouver des éclairs d'amour. Amour donné, amour reçu, amour entendu, amour vu. Pendant la période de l'Avent qui s'ouvrira dimanche prochain, nous pouvons nous engager à être à l'écoute de ces moments de grâce, de beauté, de vérité. Nous concentrer un peu plus sur les éclaircies que sur les nuages. Ce n'est pas la méthode Coué. C'est juste une manière de comprendre que les éclaircies, c'est aussi à nous de les voir, de les vivre, de les faire.
Et pour que l'Église nous soutienne dans tous ces temps de nuages ou de plein-soleil, n'oublions pas le denier du culte. Le blog de Capitaine Commerce a raison, il y a des progrès à faire dans la communication de l'Église. Et beaucoup ne comprennent pas pourquoi ils devraient donner. Mais il faut. Avec le sourire, car une Église vivante changera le monde en bien.
Et nous pourrons alors chanter December smile.
15 novembre 2008
Le crime était presque parfait
Après son "incroyable" performance de jeudi, M6 récidivait vendredi soir et explosait la belle assurance de TF1. Pendant que seulement 5 millions de musiciens en herbe écoutaient regardaient Alice et ses copains de la Star Academy, près de 8 millions de téléspectateurs ont aidé le NCIS à résoudre de nouvelles enquêtes.
Dans le même temps, la PS Academy poursuivait son suicide collectif. Royal, Delanoë, Aubry, Hamon, Peillon, Rebsamen, Moscovici, tout le monde veut prendre la tête d'un parti que les français aiment de moins en moins si l'on en croit Ipsos. Nous en venons à penser qu'il y a plus de candidats que de militants au parti socialiste.
Et comme les nouvelles criminelles viennent toujours par trois, le G20 (qui n'est pas un gros supermarché qui vend de la graisse mais bien un collectif de gros pays bien gras) se réunissait pour trouver une solution à la crise financière historique que les pauvres clampins que nous sommes subissons.
Quel est le lien entre tous ces événements vous demandez-vous avec une impatience qui frise la névrose?
Eh bien, ce sont trois scènes de crimes d'un serial-killer qu'il serait bon de stopper :
l'égoïsme
Nous n'avons pas eu besoin du NCIS pour découvrir l'horrible meurtrier de notre société actuelle. L'égoïsme se voit, s'entend, se vit partout. Et il est dangereux. Oyez, oyez, mesdames messieurs, un criminel court les prairies libres comme l'air : l'égoïsme.
Egocentrisme désolant d'un week-end de novembre nuageux qui pousse chaque député socialiste à vouloir tuer, détruire, écraser, assommer son propre parti.
Narcissisme d'adolescents en quête de reconnaissance et de paillettes qui fusille l'audience de l'émission phare de TF1 et assassine une chaine qui vient d'annoncer une année publicitaire catastrophique.
Egoïsme d'idolâtres argentés qui nous entraîne sur les chemins dangereux d'une crise économique et sociale tueuse de petites gens.
L'égoïsme est la plaie de notre monde depuis la nuit des temps. Ce crime diabolique était presque parfait. "Presque" parce que nous en sommes terriblement conscients. Et comme nous en sommes conscients, nous arriverons un jour à y remedier.
Alors que le Secours Catholique lance une grande campagne d'appel aux dons, avec ou sans le NCIS, arrêtons l'égoïsme et construisons une civilisation de l'Amour.
11 novembre 2008
La plénitude du vide
Alors que Ségolène Royal, qui appela un jour à la bravitude du haut de la Grande Muraille de Chine, rit de se voir si belle dans le miroir socialiste et que la Chine, que l'on croyait si brave, pleure de devoir injecter 450 milliards d'euros dans son économie, le nouvel album de Largo Winch, la Voie et la Vertu tombe à point nommé.
Les aventures de Largo Winch, milliardaire libertaire et cascadeur, nous entraînent en effet dans les racines du taoïsme : le Dao De Jing. Cet ouvrage fondateur aurait été rédigé au 6e siècle avant Jésus Christ par un sage chinois du nom de Lao Tseu. Plein d'aphorismes poétiques complexes et souvent contradictoires (Lao Tseu joue sur les paradoxes), le Livre de la Voie et de la Vertu mériterait bien plus qu'un BeniPost. Mais un de ses enseignements majeurs semble malheureusement d'actualité : le non-agir.
Philosophie de vie, le non-agir, plénitude du vide ou inutilité sociale doit conduire le taoïste à retrouver son authencité et par là-même s'approcher du sens originel de la vie. Si l'homme n'y touche pas, le monde se développera naturellement.
Autour de nous, nombreux sont les taoïstes en robe de chambre qui considèrent que leur "non-agir" est une sagesse. Le non-agir politique, une sagesse; le non-agir moral, une sagesse; le non-agir économique, une sagesse; le non-agir écologique, une sagesse.
Mais cette philosophie séduisante est une philosophie de la non-audace. L'homme a déjà transformé le monde et la spirale infernale de sa destruction a été lancée dès la Genèse, lorsqu'Adam et Eve ont cédé à la tentation du pouvoir. Si le non-agir en tant qu'ascèse individuelle peut soulager du fardeau de la décision et de la dépendance des tentations, il n'arrêtera pas la spirale infernale collective du monde.
Aussi après avoir plongé dans les mystiques asiatiques, serait-il bon parfois de relire le grand Docteur de l'Eglise, Saint Augustin. "Deviens ce que tu es, le corps du Christ." En mourant sur une croix, Jesus Christ nous a demandé d'agir. De raisonner pour choisir le Bien. De changer le monde pour en faire un monde d'Amour. D'être des artisans quotidiens d'une civilisation de charité qui prônerait la liberté, qui saurait séparer le bon grain de l'ivraie et discerner entre le bien et le mal, qui respecterait la création et apporterait une bouffée d'espérance.
Notre "bravitude" à nous est de remplir le vide.
Non, il n'y a certainement pas de plénitude dans le vide, car une plénitude individuelle qui mettrait l'Autre de côté ne peut pas être un aboutissement.
Notre vie ne sera remplie que dans l'accomplissement de notre vocation : faire le bien. Et quelles que soient nos responsabilités, cela implique de savoir faire des choix forts qui transforment le monde.
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Et pour ceux qui voudraient voir la bande-annonce du film Largo Winch qui sortira le 17 décembre (avec l'excellent Tomer Sisley), la voici :
07 novembre 2008
Royal au bar
Après une campagne intense, après de nombreux coups bas, après des moments d'émotion proches de la transcendance, après un suspens inoui, ils ont voté.
Les militants socialistes se sont prononcés sur leur motion préférée. Et ô surprise, la Jeanne d'Arc des temps modernes, la Barack Obama version femme version blanche, la grande prêtresse de la fraternité, notre Ségolène Royal que le monde ne nous envie pas puisqu'il ne la connait pas est arrivée en tête des suffrages. Ségolène 29%, Bertrand 25%, Martine 25%. Et le petit Benoît Hamon qui se défend bien avec 19%.
Qui sortira finalement vainqueur au congrès de Reims, personne ne le sait encore. Mais la faiblesse des écarts de voix démontre, s'il en était besoin, l'absence totale d'élan mobilisateur. Un grand néant d'espérance. Le monde change et une partie des habitants gaulois n'ont pas encore trouvé le leader qui leur transmettra un souffle de vie.
Si à Reims Clovis avait baptisé la France, ce n'est sans doute pas à Reims que les socialistes recevront une nouvelle bouffée d'éternité.
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A des milliers de kilomètres de Reims, ce n'est pas une Royal mais un étrange roi qui vient d'être couronné. Un jeune prince idéaliste qui souhaite faire passer son pays aux mille et un songes dans le XXIe siècle. Jigme Khesar Namgyal Wangchuk, cinquième roi du Bhoutan, devra jongler entre des traditions millénaires et l'inévitable mondialisation. Et cette question à mille euros : comment allier bonheur et ouverture?, nous nous la posons tous les jours chez BeniNews.
La civilisation de l'Amour est un grand Bhoutan avec ses montagnes, ses rivières, ses valeurs. Mais elle doit aussi être une civilisation ouverte sur l'autre, libre, responsable. Elle doit offrir l'espérance d'un monde meilleur qui n'est pas le renfermement sur notre petit bonheur personnel.
Stephen Lawhead, auteur américain de science-fiction, a écrit dans un de ses livres : "La vie appartient à ceux qui aiment, et là où règne l'Amour, l'homme est vraiment le roi."
Nous ne sommes pas naïfs, la vie n'est pas faite d'amour et d'eau fraîche. C'est pour cela que la politique existe. Mais l'homme étant fait pour l'amour, il doit tendre vers ce qu'il est pour améliorer le monde. Et la politique doit l'y aider.
"Deviens ce que tu es", disait Saint Augustin. Cette liberté qui nous est offerte par une saine politique doit nous conduire à trouver notre vocation au sein de la société. Et que cette "société de vocation" que nous voulons construire ait un seul roi : le coeur, un royaume : la liberté, et une dynamique : l'espérance.

