07 février 2009
Le denier, c'est culte
Depuis le lancement de ce blog fin 2008, nous avons toujours voulu aider l'Église catholique à transmettre son message de manière moderne, différente, amusante, surprenante. L'Église doit aller au-devant des fidèles mais aussi de ceux qui ne la connaissent pas. Où qu'ils soient.
Au sport, dans un bar, à la messe ou dans la rue. A la télévision, à la radio, dans les journaux, sur une affiche, sur un taxi ou sur Internet, l'Église doit être présente. Visible.
Aujourd'hui, bonne nouvelle, le diocèse de Lyon a pris une jolie initiative marketing en lançant une campagne marrante, différente, ouverte pour le denier de l'Église (l'ancien "denier du culte"). Dorénavant les rues et les traboules de Lyon sont couvertes d'un slogan fort : "l'Église catholique 100% pur don".
BeniNews encourage vivement cette communication nouvelle et en appelle d'autres. Que ceux qui ont des idées marketing nous les fassent parvenir. Que ceux qui sont aux manettes soient à l'écoute. Et que ceux qui cherchent Dieu le trouvent.
26 janvier 2009
L'empire du sens
Dans le numéro de février 2009 de Marketing Magazine, Aurélie Charpentier la bien-nommée, nous emmène dans la "grande quête du sens".
"Les consommateurs sont à la recherche de sens", nous dit-elle. Tout est dit. Tout est d'ailleurs tellement dit et tellement vrai que les marques qui n'en ratent jamais une ont décidé de s'engouffrer dans la brèche.
Assez naturellement dans ce XXIe siècle religieux qui suit un XXe siècle matérialiste et rationaliste, le monde de la culture a repris à l'ascension du sens de la vie. La littérature s'est spiritualisée; le cinéma est devenu mystique; et les magazines se sont faits philosophes de comptoir.
Mais de manière plus étonnante, les marques de grande consommation s'y sont également mises aussi. Nos smoothies sont devenus des saints Innocent, nos poupées des gris-gris vaudou et notre eau une ode à l'oraison (Spiritual Water).
Une seule raison à cette incursion de la consommation dans le spirituel : il y a un marché.
Le marché de tous ces enfants de 68 qui ont été élevés sans repère religieux et qui s'aperçoivent que la société ne leur offre pas toutes les réponses. Le marché des petits-enfants de 68 qui veulent s'engager mais ne savent pas vers quoi se tourner. Le marché des arrières-petits-enfants de 68 qui arrivent dans un monde destructuré et se disent au fond d'eux-mêmes : "c'est quoi ce bordel?".
La science avance mais la mort stagne. La mort est toujours là et l'eau de jouvance n'a pas été découverte. D'ailleurs, la jouissance que la société nous propose ne nous satisfait plus. Alors beaucoup se tournent vers autre chose, vers l'inconnu de la transcendance, et les marques surfent sur cette "nouvelle tendance." Malheureusement la foi ne se consomme pas. La foi ne se trouve pas dans une boîte de camembert. La foi ne naît pas dans une marmite de cynisme. Elle se cherche avec humilité et amour. Et si la recherche n'est pas assistée, la chute risque d'être dangereuse.
Aussi maintenant que la recherche est flagrante, maintenant qu'elle a la démonstration qu'il y a bel et bien un marché, est-ce à l'Église d'apporter sa réponse. Avec Amour. Avec Espérance. Et avec Foi.
A la suite de Benoit XVI, elle doit guider ces croyants en herbe sur des chemins qu'ils connaissent : le sentier de la liberté et la piste de la raison. Pour les amener vers l'inconnu : la foi.
Librement, l'Homme use de sa raison pour chercher Dieu. Et lorsqu'il Le trouve, il remet humblement sa confiance entre Ses mains et se met à aimer.
Il y a des messages qui méritent d'être entendus. Il y a des paroles qui méritent d'être transmises. Il y a des comportements qui méritent d'être promus. Si le marketing permet de toucher les gens là où ils se trouvent, alors bon Dieu oui, faisons du marketing.
06 décembre 2008
Le marketing de la générosité
Ce week-end la France entière se mobilise pour le Téléthon.
Apparu pour la première fois en 1966 aux Etats-Unis sous l'impulsion de Jerry Lewis avant de débarquer en France en décembre 1987, le concept du téléthon est un marathon télévisuel faisant appel à la générosité du public. Appliqué à différentes causes dans divers pays, il a une constante indéniable : l'efficacité marketing.
Divertissement taille XXL
Introduit par un générique musical reconnaissable et mémorisable, ce grand show télévisuel bien rythmé occupe l'écran entre 20 et 30 heures d'affilée suivant les pays. De même que Jack Bauer a besoin de 24h Chrono pour sauver l'Amérique, le Téléthon emprunte 24h de télévision pour sauver notre humanité.
Réunissant nos amis les stars (comédiens, chanteurs ou artistes en tout genre) dans un programme divertissant, unique et exceptionnellement long, la cause mise en avant se fait ainsi entendre plus facilement que dans le brouhaha médiatique habituel. Elle crée l'événement et marque les esprits.
Du soir au matin puis du matin au soir, nos célébrités préférées courent, rient, hurlent, chantent, lancent des appels, dansent, pleurent, font le show pour le plus grand plaisir d'un public conquis.
Et ça marche!
Quart d'heure de célébrité
Les organisateurs de cet événement satisfont également le besoin de reconnaissance du public en permettant aux participants tout au long du week-end d'avoir leur quart d'heure de célébrité dont parlait Andy Warhol. Courez autour de la Bourse, vous êtes filmés. Dansez avec les pompiers, vous êtes filmés. Nagez au milieu des dauphins en faisant 36 37 avec des bulles, vous êtes filmés.
Et puis le Téléthon n'oublie pas non plus la communication positive pour les entreprises généreuses qui viennent remettre discrètement leurs chèques en direct à la télévision devant des millions de téléspectateurs. L'argent reste le nerf d'une guerre tristement humaine.
Et ça marche!
Et ça marche tellement que cet événement devenu intouchable malgré de nombreuses critiques qui posent de vraies questions de société, mobilise même les miss France qui se déhanchent sur un chaîne concurrente et n'oublient pourtant jamais de faire la promotion du 36 37.
Car si l'audience s'effrite un peu plus d'année en année avec la concurrence de programmes plus réjouissants, le principal résultat est là : en 2007, les français ont donné 102 millions d'euros au Téléthon.
Quelle conclusion en tirer?
La première, c'est que les français sont généreux. Et ça, c'est beau, c'est bien, c'est plein d'espoir.
La deuxième, c'est que dans un monde médiatique, la communication créative permet de se faire entendre. Le savoir-faire marketing est malheureusement incontournable.
Notre espérance
Fort de la compréhension d'un marketing efficace et sans appeler aucunement à une concurrence des causes humanitaires qui serait absurde et égoïste, amusons-nous à rêver un peu :
Et si un jour pour le denier du culte, l'Eglise mobilisait ses troupes, ses stars, les sourires de ses prêtres, les rires de ses fidèles, la puissance de ses médias (TV, radio, magazines, journaux, webTV) pour un événement festif et unique, le monde ne grandirait-il pas d'un coup en foi, en amour et en charité?
Ca marcherait!
20 novembre 2008
Beaujolais nouveau ou le marketing de l'ivresse
Aujourd'hui, tous les piliers de comptoir le savent, le Beaujolais nouveau fait son entrée fracassante dans les bars de France et de Navarre.
Quand à minuit vous vous pencherez à la fenêtre de votre appartement, vous entendrez certainement les festifs amochés et autres criards joyeux trinquer à la santé des gosiers du monde entier. Et vous vous direz comme chaque année : le Beaujolais nouveau est arrivé.
Mais cette année, BeniNews vous recommande de boire les cours de marketing des roublards vignerons qui ont su faire d'une exception règlementaire (la commercialisation est autorisée immédiatement à la fin de la vinification) une vénérable machine à cash.
Chaque année depuis 1985, une vinasse infâme au goût de banane débarque bruyamment dans les bistrots de quartiers le troisième jeudi de novembre. Et cette abondance de piquette n'a rien à voir avec les noces de Cana. Le beaujolais nouveau n'est pas de l'eau que le petit Jésus aurait transformé en vin mais du vin que des petits malins ont transformé en or. Si l'argent à une odeur, il doit avoir l'odeur de banane.
Soit dit en passant, boire les cours du marketing beaujolais ne ferait pas de mal à nos amis du parti socialiste. Qui doivent ce soir noyer leur chagrin dans les barriques de rouge devant l'étendue du désastre médiatique qu'ils viennent d'offrir. En deux semaines, les cadors de la rue de Solférino auront réussi à faire passer leur pinard politique pour un vin terriblement mauvais. Un véritable coteau du ridicule.
De son côté, l'Académie Française fait dans le bizarre. Elle nous sort une drôle de bouteille et élit Simone Veil au 13e fauteuil. Soit son apport à la langue française invisible à l'œil nu est noyé au fond de la cuve, soit personne ne voulait du chiffre 13. Ou peut-être est-ce une décision politique subjective. A chacun sa réponse...
L'alcool fait également des ravages chez l'inénarrable Cauet qui vient de faire croire à la France entière que son équipe de production s'était fait attaquer au Maroc. Faux évidemment mais le buzz n'a pas de prix lorsque l'audience ramasse les pâquerettes.
La nouvelle la plus saoule de la journée sans doute, c'est le buzz Internet d'un conseiller marketing pour église en détresse. Richard Reising est un "church marketing expert" et il est franchement drôle dans sa vidéo de démonstration du désastre marketing de certaines paroisses...
Avec un verre de Beaujolais dans le pif, on se prend à rêver que l'Amour divin soit le produit phare de l'année. Eh puis quoi, chaque dimanche à la messe pendant l'eucharistie, du vin devient sang du Christ, non? Alors buvons à la source éternelle, retroussons-nous les manches et faisons du buzz. Évangéliser, ce n'est pas certainement pas faire du marketing. Mais pour apporter de l'espérance, pourquoi ne pas user de méthodes efficaces?
