15 mai 2009
Shalom
Dans son dernier discours en Terre Sainte, le pape Benoît XVI a tout dit.
Il sera sans doute commenté mais il doit surtout être lu.
Monsieur le président,
Monsieur le premier ministre
Excellences, mesdames et messieurs,
Alors que je me prépare à repartir pour Rome, permettez-moi de partager avec vous quelques-unes des puissantes impressions que m’a laissées mon pèlerinage en Terre sainte. J’ai eu des discussions fructueuses avec les autorités civiles d’Israël comme des Territoires palestiniens, et j’ai été le témoin des grands efforts que font les deux gouvernements pour assurer le bien-être des populations. J’ai rencontré les responsables de l’Église catholique en Terre sainte, et je me réjouis de voir comment ils travaillent ensemble au soin du troupeau du Seigneur. J’ai eu aussi l’opportunité de rencontrer les responsables des différentes Églises chrétiennes et communautés ecclésiales, aussi bien que les responsables des autres religions en Terre sainte. Cette terre est vraiment un terrain fertile pour l’œcuménisme et le dialogue interreligieux, et je prie pour que la riche variété de témoins religieux dans la région trouve son fruit dans une compréhension mutuelle et un respect croissants.
Monsieur le président, vous et moi avons planté un olivier dans votre résidence le jour où je suis arrivé en Israël. L’olivier, comme vous le savez, est une image utilisée par saint Paul pour décrire les très étroites relations entre les chrétiens et les juifs. Paul décrit dans sa lettre aux Romains comment l’Église des gentils est comme un rameau d’olivier sauvage greffé sur l’olivier cultivé qui est le Peuple de l’Alliance. Nous sommes nourris aux mêmes racines spirituelles. Nous nous sommes rejoints comme des frères, des frères qui, à un moment de notre histoire, ont eu une relation tendue, mais qui sont maintenant fermement engagés à bâtir les ponts d’une amitié durable.
La cérémonie au palais présidentiel a été suivie par l’un des moments les plus solennels de mon séjour en Israël, ma visite au Mémorial de l’Holocauste à Yad Vashem, où j’ai rencontré quelques-uns des survivants qui ont souffert des démons de la Shoah. Ces rencontres profondément émouvantes m’ont remis en mémoire ma visite, il a trois ans, au camp de la mort d’Auschwitz où tant de juifs – mères, pères, maris, épouses, frères, sœurs, amis – ont été brutalement exterminés sous un régime impie qui propageait une idéologie d’antisémitisme et de haine. Cet épouvantable chapitre de l’histoire ne doit jamais être oublié ou nié. Au contraire, ces sombres souvenirs devraient renforcer notre détermination à nous rapprocher toujours plus les uns des autres comme des branches du même olivier, nourries des mêmes racines et unis dans un amour fraternel.
Monsieur le président, je vous remercie de la chaleur de votre hospitalité, que j’ai grandement appréciée, et j’aimerais qu’on se souvienne que je suis venu visiter ce pays en ami des Israéliens, tout comme je suis un ami du peuple palestinien. Les amis aiment passer du temps en compagnie ensemble, et ils sont profondément bouleversés de voir l’autre souffrir. Aucun ami des Israéliens et des Palestiniens ne peut éviter d’être triste de la continuelle tension entre vos deux peuples. Aucun ami ne peut éviter de pleurer à la souffrance et aux pertes en vie humaine que les deux peuples ont endurées durant les dix dernières décennies. Permettez-moi de lancer cet appel à tous les peuples de cette terre : plus d’effusion de sang ! Plus de combats ! Plus de terrorisme ! Plus de guerre ! Brisons plutôt le cercle vicieux de la violence. Que s’établisse ici une paix durable basée sur la justice, que s’établissent ici une réconciliation et une guérison véritables. Que soit universellement reconnu le droit de l’État d’Israël à exister et à jouir de la paix et de la sécurité dans des frontières internationalement reconnues. Et que soit de même reconnu que le peuple palestinien a le droit à une patrie souveraine et indépendante, de vivre avec dignité et de se déplacer librement. Que la solution de deux États devienne une réalité, et ne reste pas un rêve. Et que la paix jaillisse de ces terres, qu’elles soient « lumière des nations », apportant l’espérance à tant d’autres régions affectées par les conflits.
Une de mes plus tristes images au cours de ma visite sur ces terres a été le mur. En le longeant, j’ai prié pour un avenir dans lequel les peuples de la Terre sainte pourront vivre ensemble en paix et en harmonie, sans plus avoir besoin de telles mesures de sécurité et de séparation, mais plutôt dans le respect et la confiance mutuels, et en renonçant à toute forme de violence et d’agression. Monsieur le président, je sais combien il est dur d’atteindre ce but. Je sais quelles sont les difficultés de votre mission et celles de l’Autorité palestinienne. Mais je vous assure que mes prières et que les prières des catholiques à travers le monde sont avec vous quand vous persévérez dans vos efforts pour bâtir une paix juste et durable dans cette région.
Il me reste maintenant à exprimer, du fond du cœur, mes remerciements à tous ceux qui ont contribué de tant de façons à ma visite. Je suis profondément reconnaissant au Gouvernement, aux organisateurs, aux bénévoles, aux médias, à tous ceux qui ont procuré l’hospitalité à moi et à ceux qui m’accompagnaient. Soyez assurés que je me souviendrais de vous avec affection dans mes prières. À tous, je dis : merci, et que la paix soit avec vous. Shalom !
28 avril 2009
Pour une pandémie d'espérance
Dans le monde actuel, nous n'avons pas le temps de nous ennuyer.
Depuis quelques mois, la crise économique fait rage et personne ne semble trouver la solution. Nicolas Sarkozy, lui, a trouvé une idée révolutionnaire : la TVA à 5,5%. Depuis qu'il a lu les sondages montrant l'amour des français pour Jacques Chirac, notre cher président a décidé de prendre le taureau par les cornes, la vache par le pis et le bélier par la barbiche : il a enfin décidé de répondre à la demande incessante des restaurateurs et a accepté de baisser la TVA.
Oui mais voilà, une bonne nouvelle n'arrive jamais sans sa contrepartie. Et la contrepartie parle espagnol. Pas l'espagnol de la princesse Letizia dont on se fiche de savoir si elle est plus ou moins belle que Carla. Mais l'espagnol du Mexique où le susdit Nicolas Sarkozy a passé des vacances onéreuses. Donc cette fameuse contrepartie espagnole, c'est un cochon qui tousse. Il tousse tellement fort le cochon mexicain qu'il fout une drôle de grippe mortelle au monde entier. Il paraitrait d'ailleurs que les méchants cochons soient plutôt américains... Mais chuuut, attendons le prochain thriller de Dan Brown pour vérifier si Obama ne nous a pas caché que la ferme texane de Bush était infestée de cochons servant de tests démoniaques à la CIA.
En tous cas, ces cochons ne sont certainement pas israéliens puisqu'ils n'ont pas le droit d'en manger. Ni iraniens puisqu'ils n'ont pas le droit non plus d'en manger. Ce n'est du reste pas la seule ressemblance entre ces deux pays. L'autre ressemblance, c'est qu'ils connaissent tous les deux le moyen d'avancer sur le chemin de la paix. Ehud Barak qui n'est pas né du dernier déluge vient en effet d'avouer dans Haaretz que Netanyahu se ferait à l'idée d'un état palestinien sans problème. Dans le même temps, Mahmoud Ahmadinejad a reconnu que si les palestiniens acceptaient une paix avec les israéliens, l'Iran ne pourrait que l'accepter. Bref que tout le reste, c'est du cinoche pour embêter le monde satisfaire la haine des uns et des autres.
Et du cinoche, il y en a ces temps-ci. Avec le théologien des temps modernes Dan Brown qui ne parle pas du complot du saucisson ci-dessus évoqué mais bien d'une vaste guerre secrète entre le Vatican et les Illuminati. Sauf que dans Anges et Démons, il fait reposer ses théories sur des œuvres du Bernin, artiste soi-disant illuminati qui a pourtant œuvré quelques siècles avant leur fondation en Bavière au XVIIIe siècle. Mais Dan s'en fiche comme de l'an 40 puisque l'important c'est le buzz. Buzz qu'il n'avait malheureusement pas réussi à créer lors de la parution originelle du livre, avant que le succès du Da Vinci Code lui ordonne finalement de relancer son nanar en s'acoquinant avec les majors hollywoodiennes. Bref, dans la fameuse guerre entre la franc-maçonnerie et le Vatican, on ne sait pas vraiment qui perd mais on sait que l'argent gagne toujours.
Et la morale? Benh la morale, elle fait ce qu'elle peut mais en France va falloir qu'elle tousse plus fort pour créer une pandémie. Il parait quand-même que le beau Zac Efron tente de séduire les midinettes avec un conte instructif et que ça en bouche un coin à quelques journalistes. Ainsi, à propos de 17 ans Encore, le Parisien nous affirme "qu'avec un message qui semble dicté par la droite religieuse américaine (à bas le sexe hors mariage, les capotes, l’avortement et l’homosexualité), voilà sans doute la comédie le plus réac de la décennie". De la décennie rien que ça! Franchement, nous ne savons pas si le fameux journal jambon-beurre nous prend pour des cornichons mais s'il commence à avoir peur de Zac Efron, c'est peut-être que la pandémie avance...
Alors en cette période grippale, ôtons nos masques pour voir le monde tel qu'il est. Puis les yeux grand ouverts, empli de joie et dopé à la charité, éternuons le plus fort possible autour de nous pour transmettre notre virus d'espérance. Le monde en a besoin.
PS : pour les lectrices... Zac Efron
15 avril 2009
Sauve qui peut
Dimanche dernier, jour de Pâques, jour de joie, nous avons tous reçu une bonne nouvelle: Jésus est vraiment ressuscité. Ouf !
Devant des centaines de milliers de personnes, le pape Benoît XVI l'a rappelé avec force et brio : "ce n'est ni un mythe, ni un rêve, ce n'est ni une vision, ni une utopie, ce n'est pas une fable, mais un événement unique et définitif : Jésus de Nazareth, fils de Marie, qui au soir du Vendredi saint a été descendu de la Croix et mis au tombeau, est sorti victorieux de la tombe." Et cet événement unique est une espérance pour tous les hommes, car il signifie que notre seule destinée n'est pas le néant mais la vie éternelle.
Nous devrions donc être rassurés et nous tourner simplement vers Dieu afin qu'il nous sauve. Oui mais voilà, l'Homme ne fait pas toujours ce qu'il devrait faire et l'humanité aime parfois, comme le cochon, se rouler dans la boue avec un gros sourire. Ainsi, au lieu de nous laisser sauver dans l'amour, nous essayons encore trop souvent de nous sauver tout seuls. Et c'est la cata, c'est la cata, c'est la catastrophe.
Laurence Ferrari, par exemple, ne sait plus quoi inventer pour faire parler d'elle. Mécontente de ses faibles audiences, elle fait joujou avec les médias pour tenter de ressusciter. Un coup, je fais un procès à Voici pour atteinte à la vie privée, un coup je fais la une de Paris-Match avec cette même vie privée. Personne n'y comprend rien sauf Voici qui lui fait un procès pour abus de procès! Pauvre Laurence... Pourtant elle devrait savoir qu'à la télé comme partout ailleurs, c'est toujours l'amour qui gagne. Aime ce que tu fais, fais-le avec amour et le sourire télégénique deviendra naturel.
Au gouvernement, certains ministres ruent dans les brancards pour que le petit Nicolas ne les oublie pas lors du prochain remaniement ministériel. Ainsi Nadine Morano souhaiterait devenir ministre de l'éducation, de la défense ou de l'intérieur. Trois ministères régaliens au choix. Après avoir été une triste ministre de la famille décomposée, Dame Nadine rêve sans doute de dominer des militaires solitaires et d'éduquer des élèves sexuellement précoces... Étrangement, le ministère de la famille, c'est un peu le casse-tête des hommes politiques. La plupart d'entre eux ayant de gros problèmes pulsionnels et souffrant fréquemment d'instabilité chronique, ils préfèrent généralement s'occuper des divorcés, des beaux-parents et des couples gays plutôt que promouvoir une famille stable, fidèle et rayonnante. Et pourtant la famille, source première d'amour, pourrait réellement sauver notre drôle de monde.
Dans le monde, les dirigeants font un concours de zigounette avec des missiles nucléaires. Après l'Iran qui ne veut toujours pas calmer ses ardeurs destructrices, la Corée du Nord joue des coudes pour se faire respecter. Et selon les informations de BeniNews, Israël aurait déjà décidé d'attaquer les infrastructures perses mais serait en attente de bombes que lui refusent les États-Unis. Tout ça est complexe et ne mène nulle part. Un jour Israël arme l'Iran contre l'Irak et le lendemain, l'Iran devient fou. Un jour on arme le Pakistan contre l'Inde et le lendemain, on arme l'Inde contre le Pakistan. La guerre est humaine et existera toujours. Nous faisons ainsi le triste constat que la paix ne dure pas si elle est uniquement "tactique". C'est pour cela que l'Homme et la science ne peuvent pas être des espérances satisfaisantes. Seul Dieu peut offrir une espérance aboutie, car il ne change pas. Il est celui qui est, qui était et qui sera Amour.
Aux États-Unis, Barack Obama voit des "signes d'amélioration" mais reconnait que la crise économique n'est pas terminée. A l'université de Georgetown, il a expliqué à nouveau son plan de relance économique et posé les fondations d'un nouveau "modèle durable pour une prospérité à long terme". L'expression est intéressante, car elle va au-delà de la simple analyse économique. Si l'argent était le seul vecteur de richesse, les riches créeraient des générations de riches et les pays riches le resteraient éternellement. Or il n'en est rien. L'histoire est pleine de faillites et d'échecs retentissants et a contrario pleine d'émergences et d'innovations. Ce qui nourrit ou assèche le terreau d'une croissance à long terme, ce sont les valeurs que la société promeut. Ce sont bien les valeurs matérialistes et individualistes qui ont amené la crise actuelle et ce sont bien les valeurs d'amour, de liberté, d'espérance, de tempérance, de justice, de prudence qui nous permettront de retrouver un monde prospère.
Ainsi, dans cet octave de Pâques, nous voyons bien qu'à chaque fois que nous cherchons à nous sauver tout seuls, nous allons dans un mur. A une époque où peu de gens savent ce qu'est la lumière de Pâques, les chrétiens ont vraiment ce devoir de rappeler sans cesse au monde leur foi et leur espérance et de mettre en œuvre quotidiennement leur charité.
Et alors que nous apprenons aujourd'hui le décès de Maurice Druon qui, avec son oncle Joseph Kessel, écrivit le Chant des Partisans (sur une musique d'Anna Marly), nous ne pouvons pas oublier que l'Homme a encore beaucoup de chemin à faire avant de "devenir ce qu'il est : le corps du Christ", selon l'expression de saint Augustin.
10 mars 2009
Génération désenchantée
"Tout est chaos à côté; tous mes idéaux, des mots abîmés; je cherche une âme qui pourra m'aider. Je suis d'une génération désenchantée."
Cette rengaine tubesque de Mylène Farmer doit maintenant sévèrement trotter dans la tête de Martin Hirsch. Martin Hirsch a en effet lancé lundi 9 mars une grande concertation qui doit aboutir à une nouvelle politique de la jeunesse favorisant l'autonomie.
Car 20 ans après Mylène Farmer, la jeunesse semble toujours aussi désenchantée. Les différentes études, sondages et autres analyses l'attestent : la jeunesse de France détient le record européen du désespoir. Et c'est bien triste.
Dans un précédent article, BeniNews mettait en parallèle le taux d'incroyance de la France et le très fort taux de pessimisme de sa jeunesse. Comment être heureux quand on n'a aucune perspective de transcendance? Le pape Benoit XVI l'exprime très clairement dans son encyclique Spe Salvi et l'a encore redit récemment : "les jeunes ont besoin d'espérance [...]. La jeunesse constitue un moment où mûrissent les choix décisifs pour le reste de la vie". Et la spiritualité offre la réponse à ce besoin d'espérance.
La plupart des politiques publiques proposées pour répondre au malaise et au mal-être de la jeunesse restent bien souvent matérialistes. Si l'emploi, l'éducation, le logement, l'indépendance financière sont sans doute des thèmes nécessaires, ils sont insuffisants. L'Homme a également des besoins immatériels qu'il faut satisfaire : la foi, l'espérance, la charité.
L'Église a donc un rôle crucial à jouer dans le réenchantement de la jeunesse. Si nous souhaitons que la jeunesse trouve des réponses, il faut aider et pousser l'Eglise à se faire entendre afin qu'elle puisse apporter son message d'espérance. Pour qu'elle ne cesse pas d'être cette "âme qui pourra [nous] aider" que cherchait tant Mylène Farmer.
Pendant les 4 mois de réflexion de la commission mise en place par Martin Hirsch, n'hésitons pas à rappeler régulièrement, à marteler même, que la jeunesse n'a pas uniquement besoin d'un emploi ou d'un logement mais qu'elle est aussi cruellement en manque de sens, de conscience et d'espérance.
Pier-Giorgio Frassati, bienheureux mort à 24 ans, criait que « Vivre sans foi, sans un patrimoine à défendre, sans soutenir dans une lutte continue la vérité, ce n’est pas vivre mais végéter. Nous ne devons jamais végéter mais vivre.»
A l'image de Jérémie Guneau de la Nouvelle Star 2009 qui affiche sa foi sans fard et qui s'est dit un jour "lève-toi et swingue", soyons sûr que l'espérance chrétienne conduira la jeunesse au bonheur et à la joie.
25 février 2009
Effort de Carême
Aujourd'hui, nous fêtons le Mercredi des Cendres. Chez les chrétiens, le Mercredi des Cendres est un jour de pénitence qui marque
le début du Carême, période de 40 jours - sans compter
les dimanches – qui précède Pâques.
Le Carême rappelle à la fois les 40 jours et quarante nuits du jeûne de Moïse avant la remise des Tables de la Loi et les 40 jours de la tentation du Christ dans le désert entre son baptême et le début de sa vie publique.
Pendant 40 jours, nous sommes donc appelés à jeûner, à faire un effort, à penser à ces "autres" qui souffrent. En suivant l'exemple de Jésus dans le désert, nous devons résister à trois tentations : la faim, la gloire et le miracle.
Barack Obama nous dit que les "Etats-Unis d'Amérique sortiront plus fort de la crise." Sans attendre aussi longtemps, songeons que le monde entier peut sortir plus fort du Carême !
La faim
Jeûner conduit l'ascète à se recentrer sur l'essentiel, à réfléchir au sens de sa vie, à retrouver des valeurs fondamentales. Ainsi notre effort de Carême, la privation que nous nous imposerons doit nous faire grandir en humanité. Si nous décidons, par exemple, de ne pas regarder tous les mardis soirs la Nouvelle Star qui a démarré hier sur M6, nous aurons donc chaque mardi une piqûre de rappel. Une tentation qui nous rappellera que la vraie nourriture qui nous transforme est l'amour.
La gloire
Le rêve de gloire, nous le faisons souvent. Nous le faisons quand, adolescents, nous voulons à tout prix devenir des nouvelle stars; nous le faisons quand, rachida datesque, nous jouons de notre vie pour apparaître dans la lumière; nous le faisons quand à 61%, nous considérons qu'il nous manque de l'argent pour être pleinement heureux (IFOP). Cette tentation d'un royaume personnel est vouée à l'échec. Dans tous les sondages, les riches sont aussi nombreux que les pauvres à vouloir plus d'argent. La satiété matérielle n'existe pas. D'ailleurs, est-ce vraiment cela que nous cherchons quand nous réclamons de l'argent?
Le miracle
Dans notre société contemporaine, nous ne prenons pas le temps de chercher Dieu. Nous courons, nous rions, nous pleurons, nous travaillons, nous stressons et quand finalement nous sombrons, nous exigeons un miracle. Pourquoi ne pas prendre le temps en amont?
Le Carême nous offre du temps. Il est ce moment privilégié pendant lequel nous pouvons nous resourcer et vivre l'essentiel. Le Carême rassasie notre faim d'espérance, nous fait rentrer dans la gloire de Dieu et réalise un miracle : il nous rend heureux.
La réunion
envoyé par Retraite-dans-la-Ville
11 février 2009
Sans foi ni loi
Le site Internet du Figaro annonce la couleur : "la France, l'un des pays les moins croyants du monde."
Reprenant les résultats d'une enquête menée par l'institut américain Gallup en 2006, 2007 et 2008, le Figaro nous annonce que "seul un Français sur quatre estime que la religion tient une place importante dans sa vie quotidienne."
Étrangement, durant cette même période la France tient également un record de pessimisme. Dans une étude diligentée fin 2006 par la Fondation pour l'Innovation Politique, seuls 26% des jeunes (16-29 ans) français voyaient leur avenir en rose. Derrière nous, seuls japonais faisaient un moins bon score avec 5% de jeunes optimistes. Et devinez quoi? Le Japon a exactement la même "religiosité" que la France : 25% des japonais considère la religion comme importante dans leur vie quotidienne. Devant nous, les américains qui proclament une "religiosité" de 62% se targuaient fin 2006 d'avoir 54% de jeunes avaleurs de hamburgers optimistes.
Alors n'y aurait-il pas un lien entre bien-être et religion? Entre foi et espérance? Entre charité et apaisement?
Vous me direz que le Danemark contredit toute la réflexion et allie optimisme et athéisme forcené.; il faut bien des exceptions. Et puis la religion n'est évidemment pas le seul critère du bonheur. La religion peut parfois être synonyme de fanatisme, d'intégrisme, d'extrémisme. La religion peut même conduire à la guerre, à la vengeance, à la vérité forcée.
Malgré tout, nous sommes convaincus que cette absence de religiosité française est dommageable. Notre athéisme occidental nous a trop souvent conduits à un individualisme dangereux. A une idolâtrie de l'argent stressante et ruineuse. A une vision de l'amour commerciale, égoïste et non satisfaisante.
Dieu nous a créés êtres de raison. Il nous a offert la liberté. Puis il nous a montré un chemin. En utilisant notre raison pour choisir le Bien, nous pouvons retrouver la joie de la charité, l'émerveillement de l'ouverture aux autres, la plénitude de la mission accomplie. Et en acceptant l'humilité de la foi, nous pouvons plonger dans une espérance et nager vers le bonheur.
Si nous sortions de nous-mêmes pour aller vers les autres; si nous ouvrions simplement notre cœur à l'impalpable; si nous avions confiance dans notre devenir; alors peut-être que notre pourcentage d'optimisme monterait en flèche.
26 janvier 2009
L'empire du sens
Dans le numéro de février 2009 de Marketing Magazine, Aurélie Charpentier la bien-nommée, nous emmène dans la "grande quête du sens".
"Les consommateurs sont à la recherche de sens", nous dit-elle. Tout est dit. Tout est d'ailleurs tellement dit et tellement vrai que les marques qui n'en ratent jamais une ont décidé de s'engouffrer dans la brèche.
Assez naturellement dans ce XXIe siècle religieux qui suit un XXe siècle matérialiste et rationaliste, le monde de la culture a repris à l'ascension du sens de la vie. La littérature s'est spiritualisée; le cinéma est devenu mystique; et les magazines se sont faits philosophes de comptoir.
Mais de manière plus étonnante, les marques de grande consommation s'y sont également mises aussi. Nos smoothies sont devenus des saints Innocent, nos poupées des gris-gris vaudou et notre eau une ode à l'oraison (Spiritual Water).
Une seule raison à cette incursion de la consommation dans le spirituel : il y a un marché.
Le marché de tous ces enfants de 68 qui ont été élevés sans repère religieux et qui s'aperçoivent que la société ne leur offre pas toutes les réponses. Le marché des petits-enfants de 68 qui veulent s'engager mais ne savent pas vers quoi se tourner. Le marché des arrières-petits-enfants de 68 qui arrivent dans un monde destructuré et se disent au fond d'eux-mêmes : "c'est quoi ce bordel?".
La science avance mais la mort stagne. La mort est toujours là et l'eau de jouvance n'a pas été découverte. D'ailleurs, la jouissance que la société nous propose ne nous satisfait plus. Alors beaucoup se tournent vers autre chose, vers l'inconnu de la transcendance, et les marques surfent sur cette "nouvelle tendance." Malheureusement la foi ne se consomme pas. La foi ne se trouve pas dans une boîte de camembert. La foi ne naît pas dans une marmite de cynisme. Elle se cherche avec humilité et amour. Et si la recherche n'est pas assistée, la chute risque d'être dangereuse.
Aussi maintenant que la recherche est flagrante, maintenant qu'elle a la démonstration qu'il y a bel et bien un marché, est-ce à l'Église d'apporter sa réponse. Avec Amour. Avec Espérance. Et avec Foi.
A la suite de Benoit XVI, elle doit guider ces croyants en herbe sur des chemins qu'ils connaissent : le sentier de la liberté et la piste de la raison. Pour les amener vers l'inconnu : la foi.
Librement, l'Homme use de sa raison pour chercher Dieu. Et lorsqu'il Le trouve, il remet humblement sa confiance entre Ses mains et se met à aimer.
Il y a des messages qui méritent d'être entendus. Il y a des paroles qui méritent d'être transmises. Il y a des comportements qui méritent d'être promus. Si le marketing permet de toucher les gens là où ils se trouvent, alors bon Dieu oui, faisons du marketing.
20 janvier 2009
Vertu et espérance
Ca y est. Barack Obama est officiellement le 44e président des Etats-Unis d'Amérique. Tant d'espoirs sur les épaules d'un seul homme. Il faudra qu'il soit baraqué, le Barack.
Il a prêté serment; il a demandé la grâce de Dieu; il a levé les mains; il a sourit, il a été acclamé. 2 millions de personnes à Washington, peut-être des milliards devant leurs écrans de télévision ou à l'écoute de leurs radios.
Il a parlé de crise économique; il a parlé de guerres. Il a rappelé la puissance et l'assurance de son pays.
Il a parlé d'un monde qui change; il a parlé d'un pays qui ne se laissera pas faire.
Il a parlé de Dieu et des Ecritures. Il a parlé d'amour, de liberté, de vertu et d'espérance.
Il a cité les Pères Fondateurs. Il a cité Thomas Paine, qui en 1776 poussait les américains à poursuivre la lutte contre la monarchie anglaise dans son pamphlet "le Sens Commun".
"Let it be told to the future
world, that in the depth of winter, when nothing but hope and virtue
could survive, that the city and the country, alarmed at one common
danger, came forth to meet and to repulse it. Say not that thousands
are gone, turn out your tens of thousands; throw not the burden of the
day upon Providence, but "show your faith by your works," that God may
bless you."
Il a été éloquent. Et l'éloquence amène la confiance. L'éloquence transforme les comportements. L'éloquence est bien souvent d'une efficacité redoutable.
Du reste, lorsqu'il fut élu, BeniNews s'écriait :"pourquoi pas".
Mais au-delà de l'éloquence, il faudra tenir. Il faudra tenir pour qu'en 2012, le monde entier ne se dise pas comme ce proverbe africain truculent : "on ne marche pas deux fois sur les testicules d'un aveugle". Le monde a de l'espoir et ne veut pas que cet espoir soit une arnaque.
Rappelons-nous l'éloquence de Kennedy. Mais rappelons-nous aussi la mafia, Marilyn, la Baie des Cochons...
Comme l'avaient compris les Pères Fondateurs, comme il l'a répété dans son discours, l'Homme a besoin de vertu. L'Homme a besoin d'asseoir son comportement, sa réflexion et son action sur les valeurs fortes et universelles de liberté et d'amour. L'Homme a besoin, avec la grâce de Dieu, de choisir librement le chemin de l'amour pour construire un monde plus juste. Mais pas seulement un monde plus juste. Pas seulement un monde en rose bonbon.
L'Homme a besoin, avec la grâce de Dieu, de choisir librement le chemin de l'amour pour construire un monde dynamique. Un monde qui progresse. Un monde qui donne envie.
Bien-sûr, Barack Obama a raison de reprendre les paroles vigoureuses de Thomas Paine et d'encourager les américains, de nous encourager tous à poursuivre cette lutte pour le Bien avec notre vertu et notre espérance.
Mais n'oublions pas, comme Barack l'a malheureusement fait dans son discours, la suite du texte de Thomas Paine. N'oublions pas de "montrer notre foi par nos œuvres afin que Dieu puisse nous bénir."
Il ne suffit pas parler de Dieu et de valeurs, il vaut agir en conséquence. C'est dur et exigeant mais il faut lutter sans cesse pour y arriver. Car c'est bien la liberté, la charité, l'espérance, la joie, la foi qui nous permettont de bâtir un monde qui bouge.
Alors vertu et espérance... pourquoi pas?
17 janvier 2009
L'espérance rend soul
Mardi 20 janvier, lorsqu'il posera la main sur la Bible pour prêter serment devant le Capitole, Barack Obama se remémorera peut-être la phrase qu'il avait lancée aux médias il y a quelques mois. Il commencera alors à claquer des doigts; ses pieds se mettront à frapper le sol en rythme; les battements de son cœur suivront soudain le tempo; ses paroles se feront chanson d'amour et il souviendra.
"La Motown a fait de moi l'homme que je suis."
Créée à Detroit (la Motor Town) il y a tout juste 50 ans en janvier 1959 par Berry Gordy, Motown Records est une maison de disque quasi mythique qui révolutionna la musique noire américaine.
Ses artistes, vous les connaissez tous : Diana Ross
et The Supremes, Martha and the Vandellas, Smokey
Robinson, Marvin Gaye, Stevie Wonder, The Pointer
Sisters, The Temptations, Michael Jackson et les Jackson Five, Lionel Richie et The Commodores.
Ses ouvriers de l'ombre, vous les connaissez moins : le trio d'auteurs-compositeurs de génie Holland-Dozier-Holland et le groupe de musiciens de studio The Funk Brothers sur lequel a été réalisé un film d'anthologie. Ce sont eux, les meilleurs d'entre tous, qui œuvrèrent sans relâche derrière les projecteurs, dans les sous-sols de l'étonnante fabrique de tubes, à la création du "Motown Sound".
Mais les clefs de son succès sont peut-être à chercher ailleurs.
Motown, c'est de la musique black pour un public en noir et blanc. L'ouverture aux autres qui poussent à sortir de sa communauté pour parler, danser, rire, pleurer avec des gens qui ne nous ressemblent pas. Motown c'est la nécessité de la paix.
Motown, ce sont des love songs. Des chansons qui viennent du cœur pour parler à l'âme. De la "soul" music qui trouve ses racines ancestrales dans le Gospel. Motown, c'est la puissance de l'amour.
Motown, c'est du rythme, de la vibration, du déhanchement. Des back beats, des tambourins, de la guitare basse. Un son particulier et reconnaissable entre tous qui n'a qu'un seul et unique objectif. Motown, c'est la joie partagée.
Durant ses 20 années de succès, Motown répondit simplement aux espérances quotidiennes des gens. Nous voulons de la joie; nous souhaitons que la paix soit au milieu de nous; nous désirons découvrir l'amour.
Parfois, à l'écoute de la radio ou devant notre écran de télévision, nous regrettons la Motown. Le monde a bien changé, la musique aussi. Mais il ne faut jamais regretter le passé; il faut désirer l'avenir. L'espérance rend soul.
Alors pour nous rappeler que notre plus grand désir, c'est l'amour, nous pouvons taper du pied, claquer des doigts, écouter les battements de notre cœur et fredonner avec Stevie Wonder : Happy Brithday to you, Motown.
14 novembre 2008
Quel talent!
Hier soir, M6 explosait ses scores d'audience avec son émission Incroyable Talent (dont le gagnant est l'"incroyable" Alex). Un bonheur n'arrivant jamais seul, M6 en profitait pour mettre une raclée à son ennemi juré TF1 dont l'émission la Méthode Cauet s'enfonçait dans les brumes du désastre avec 18% de PDM, soit la moitié des scores qu'elle faisait l'année dernière.
Au-delà du plaisir sadique de voir Cauet lutter pour sa survie, qu'y a-t-il de si réjouissant dans cette incroyable nouvelle?
Eh bien, son titre. Incroyable Talent nous renvoie à l'évangile de dimanche prochain, une parabole magnifique : la parabole des talents.
*****
Evangile de Jésus Christ selon St Matthieu, (25, 14-30)- Dieu nous confie des talents
Jésus disait cette parabole : « Un homme qui partait en voyage, appela ses serviteurs et leur confia ses biens. A l'un il donna une somme de cinq talents, à un autre deux talents, au troisième un seul, à chacun selon ses capacités. Puis il partit. Aussitôt, celui qui avait reçu cinq talents s'occupa de les faire valoir et en gagna cinq autres. De même, celui qui avait reçu deux talents en gagna deux autres. Mais celui qui n'en avait reçu qu'un creusa la terre et enfouit l'argent de son maître.
Longtemps après, leur maître revient et il leur demande des comptes. Celui qui avait reçu les cinq talents s'avança en apportant cinq autres talents et dit : 'Seigneur, tu m'as confié cinq talents ; voilà, j'en ai gagné cinq autres. Très bien, serviteur bon et fidèle, tu as été fidèle pour peu de choses, je t'en confierai beaucoup ; entre dans la joie de ton maître.'
Celui qui avait reçu deux talents s'avança ensuite et dit : 'Seigneur, tu m'as confié deux talents; voilà, j'en ai gagné deux autres. Très bien, serviteur bon et fidèle, tu as été fidèle pour peu de choses, je t'en confierai beaucoup; entre dans la joie de ton maître.'
Celui qui avait reçu un seul talent s'avança ensuite et dit : 'Seigneur, je savais que tu es un homme dur : tu moissonnes là où tu n'as pas semé, tu ramasses là où tu n'as pas répandu le grain. J'ai eu peur, et je suis allé enfouir ton talent dans la terre. Le voici. Tu as ce qui t'appartient.'
Son maître lui répliqua : 'Serviteur mauvais et paresseux, tu savais que je moissonne là où je n'ai pas semé, que je ramasse le grain là où je ne l'ai pas répandu. Alors, il fallait placer mon argent à la banque ; et, à mon retour, je l'aurais retrouvé avec les intérêts. Enlevez-lui donc son talent et donnez-le à celui qui en a dix. Car celui qui a recevra encore, et il sera dans l'abondance. Mais celui qui n'a rien se fera enlever même ce qu'il a Quant à ce serviteur bon à rien, jetez-le dehors dans les ténèbres ; là il y aura des pleurs et des grincements de dents !' »
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Trop souvent, la société nous guide sur des chemins qui ne sont pas ceux dans lesquels nous pouvons nous épanouir. Trop souvent, nous empêchons sans le vouloir nos "incroyables talents" de s'exprimer.
Chez BeniNews, nous nous voulons les promoteurs d'une nouvelle forme de société, la "société de vocation".
Au cours de la révolution industrielle du XIXe siècle, la société s'est mise à considérer qu'un être accompli était un être productif. C'était l'ère de la société de production. Quelques décennies plus tard, la société se prit à croire que l'être productif devait essentiellement répondre à une demande matérielle. Ce fut l'ère de la société de consommation. Mais aujourd'hui, nous nous apercevons que tout cela ne nous a pas forcément fait grandir en humanité et que la société ne s'est pas apaisée. Il y a toujours des guerres, des famines, des krachs et tout autour de nous, les gens ressentent un véritable besoin d'immatériel et d'épanouissement. C'est l'arrivée de la société de vocation.
La société de vocation, c'est l'affirmation que nos talents impalpables sont utiles à l'ensemble de la société. Qu'ils ont une valeur. Qu'il y a une véritable création de richesse non seulement humaine mais également économique à répondre à des fonctions d'utilité immatérielles telles que f(amour), f(foi), f(espérance), f(joie), f(paix), f(beauté). Et que la société aurait donc toutes les raisons de les promouvoir et de permettre à tous ces talents d'éclore.
Hommes de foi ou artiste, mère de famille ou passionnée d'éthnologie, quels que soient nos talents, la société a le devoir de faire mûrir ces dons de Dieu. Car s'ils sont bons pour nous, ils le sont encore plus pour les autres.
Alors que nous fêtons aujourd'hui les 60 ans d'un prince Charles passionné d'écologie qui se morfond de n'avoir pas pu choisir une vocation qu'il cherche toujours, développons nos talents tant qu'il est encore temps pour que le monde en profite.




