09 septembre 2009
Des Tontons à ne surtout pas flinguer
Alors que le chef d'oeuvre de Georges Lautner Les Tontons Flingueurs sort en version restauré, BeniNews est obligé de lui rendre un hommage sincère et émerveillé.
Les Tontons Flingueurs, c'est le cinéma comique que tout le monde aime. Une histoire dont personne ne se souvient, un humour féroce et surréaliste, des acteurs exceptionnels et les dialogues ciselés de Michel Audiard.
Plus de 45 ans après la première sortie de ce film-ovni, les hommes continuent toujours de se flinguer allègrement.
Tandis que vient de paraitre un livre accusateur sur l'élection de Martine Aubry à la tête du parti socialiste, les amateurs de roses nous rejouent une énième scène de flinguage en règle.
Question flinguage, le monde n'est pas en reste. Le Liban essaie de vivre avec un Hezbollah qui a une Kalachnikov dans la poche; Israël qui ménage la chèvre américaine et des colons qui ne sont pas chous ne sait pas par quel bout prendre la paix; l'Iran a montré cet été que les tontons ayatollahs pouvaient également être de terribles flingueurs; et le Gabon nous ressort les vieux flingues de la Françafrique.
Même les ados se font maintenant flinguer. Barack Obama a récemment mis en garde les collégiens américains qui postent tout et n'importe quoi sur Facebook. De drôles de tontons pourraient plus tard utiliser à mauvais escient les bêtises postées dans leurs années ingrates...
Ainsi bien souvent, le flingue prend le dessus sur la paix, la joie et l'amour. Mais dans leur scène d'anthologie, les Tontons Flingueurs nous livrent une réponse grivoise : tout peut s'arranger autour d'une bonne bouteille et de quelques vieux souvenirs.
Et si nous nous prenions quelques instants pour Audiard et partagions sa gouaille? Nous pourrions alors comprendre que chaque dimanche, en buvant du pinard transformé en sang du Christ et en revivant les vieux souvenirs de Dieu fait Homme, nous faisons la paix, vivons la joie et partageons l'amour.
Comme le disait si bien un autre anarchisto-conservateur Frédéric Dard, succulent auteur de San Antonio: "mon Dieu, que votre volonté soit fête !"
05 juin 2009
Tout le monde veut la paix, mais laquelle?
Le discours de Barack Obama au Caire à destination du monde musulman était très attendu. Il n'a pas déçu... ou presque.
Toujours très à l'aise un micro à la main, Barack Obama a su émouvoir l'assemblée par ses envolées lyriques, son esprit tolérant et la finesse de ses approches. Sans jeter un regard à ses notes, le président américain a caressé, expliqué et même parfois gentiment grondé. En revanche, il a peu proposé.
Obama -Le cycle de la méfiance doit s'achever
envoyé par Chayma31. - L'info video en direct.
Tout le monde veut la paix, mais laquelle? Chrétien, musulman ou simple "humaniste", Barack Hussein Obama (comme il aime le rappeler lui-même) est peut-être en fait un adepte de la philosophie grecque qui aurait pris des cours de rhétorique : logos, pathos et ethos. Logique, charme et vertu. Mais une vertu humaniste qui tend quelques fois vers une forme de relativisme ambigu parce que politique. Bien qu'il en ait le charme et l'intelligence, Obama n'est bien-sûr pas le diabolique "Président" décrit dans le diamantesque roman de Michael D. O'Brien, Père Elijah. Mais nous ne devrons jamais oublier qu'il est avant tout un homme politique qui doit gérer ses contraintes propres, comme le démontre sa volonté de voir la Turquie intégrer l'Europe.
Tout le monde veut la paix, mais laquelle? Quand Barack Obama transmet un "salam alaykoum", il transmet une paix qui n'est autorisée qu'entre frères musulmans. Cette expression pleine de sens, apparue dans la langue arabe avec le Prophète, est en effet normalement interdite aux non-musulmans. Or les religions ne sont pas seulement des étiquettes. Quand il évoque les "enfants d'Abraham", il choisit ses mots pour convaincre son auditoire et c'est son job. Mais c'est faux. Autour de nous, les gens connaissent-ils les différences fondamentales entre les trois religions monothéistes? Savent-ils que le Christianisme est la seule foi en un Dieu fait Homme qui a vécu parmi nous, souffert pour nous, démontré en s'incarnant l'Amour qu'il exigeait de nous? Le christianisme est une expérience personnelle de Dieu et elle est unique. Issu du Judaïsme qu'il a choqué dans les premiers siècles, le Christianisme en est un renouvellement. Antérieur à l'Islam, il ne l'a pourtant jamais inspiré sur les croyances fondamentales : l'Incarnation, la primauté de l'Amour, l'absolutisme de la liberté.
Tout monde veut la paix, mais laquelle? Quand Barack Obama s'interroge sur l'interdiction du port du hijab en France et sur la liberté religieuse dans le monde musulman, met-il ses deux critiques sur le même plan? Alors que la libre pratique de l'Islam est répandue dans l'ensemble des pays occidentaux, la conversion est encore synonyme de crime dans la plupart des pays musulmans de la planète. Là encore, l'animal politique Obama fait passer ses messages en douceur pour rompre avec l'ère Bush. Mais n'oublions pas le message.
Aussi le président américain dit-il vrai quand il affirme que l'éducation est le principal enjeu des années à venir. Il ne dit pas autre chose que ce qu'avait répété Benoît XVI en Jordanie. L'éducation est clef parce qu'elle permet d'éviter le relativisme, qu'elle pousse à toucher la vérité et que la vérité rend libre (Jean, 8, 31-32). Si on sort du politique pour entrer dans le spirituel, l'espérance du monde n'est pas que tout le monde s'aime et se comprenne comme Oui-Oui dans sa petite voiture mais que l'humanité progresse humblement dans sa route vers Dieu. Il est plus facile au politique Obama de se faire aimer en relativisant qu'au spirituel Benoît XVI de se faire comprendre en affirmant sa vérité.
BeniNews n'est pas un blog politique et la paix que nous souhaitons développer est une paix spirituelle. Une paix pleine et entière. Une paix des cœurs. Cette paix qui sera le fruit du théorème de la raison : la raison conduit à une liberté qui mène vers Dieu.
Ce week-end, nous vivrons deux événements majeurs. Le souvenir d'un débarquement qui sauva l'humanité et les élections d'une Europe construite pour éviter une nouvelle guerre. Cette Europe, Saint Benoît en est le saint patron et c'est lui qui nous a dit :
"Cherche la paix, poursuis-la avec ardeur." (Règle de Saint Benoît)
20 janvier 2009
Vertu et espérance
Ca y est. Barack Obama est officiellement le 44e président des Etats-Unis d'Amérique. Tant d'espoirs sur les épaules d'un seul homme. Il faudra qu'il soit baraqué, le Barack.
Il a prêté serment; il a demandé la grâce de Dieu; il a levé les mains; il a sourit, il a été acclamé. 2 millions de personnes à Washington, peut-être des milliards devant leurs écrans de télévision ou à l'écoute de leurs radios.
Il a parlé de crise économique; il a parlé de guerres. Il a rappelé la puissance et l'assurance de son pays.
Il a parlé d'un monde qui change; il a parlé d'un pays qui ne se laissera pas faire.
Il a parlé de Dieu et des Ecritures. Il a parlé d'amour, de liberté, de vertu et d'espérance.
Il a cité les Pères Fondateurs. Il a cité Thomas Paine, qui en 1776 poussait les américains à poursuivre la lutte contre la monarchie anglaise dans son pamphlet "le Sens Commun".
"Let it be told to the future
world, that in the depth of winter, when nothing but hope and virtue
could survive, that the city and the country, alarmed at one common
danger, came forth to meet and to repulse it. Say not that thousands
are gone, turn out your tens of thousands; throw not the burden of the
day upon Providence, but "show your faith by your works," that God may
bless you."
Il a été éloquent. Et l'éloquence amène la confiance. L'éloquence transforme les comportements. L'éloquence est bien souvent d'une efficacité redoutable.
Du reste, lorsqu'il fut élu, BeniNews s'écriait :"pourquoi pas".
Mais au-delà de l'éloquence, il faudra tenir. Il faudra tenir pour qu'en 2012, le monde entier ne se dise pas comme ce proverbe africain truculent : "on ne marche pas deux fois sur les testicules d'un aveugle". Le monde a de l'espoir et ne veut pas que cet espoir soit une arnaque.
Rappelons-nous l'éloquence de Kennedy. Mais rappelons-nous aussi la mafia, Marilyn, la Baie des Cochons...
Comme l'avaient compris les Pères Fondateurs, comme il l'a répété dans son discours, l'Homme a besoin de vertu. L'Homme a besoin d'asseoir son comportement, sa réflexion et son action sur les valeurs fortes et universelles de liberté et d'amour. L'Homme a besoin, avec la grâce de Dieu, de choisir librement le chemin de l'amour pour construire un monde plus juste. Mais pas seulement un monde plus juste. Pas seulement un monde en rose bonbon.
L'Homme a besoin, avec la grâce de Dieu, de choisir librement le chemin de l'amour pour construire un monde dynamique. Un monde qui progresse. Un monde qui donne envie.
Bien-sûr, Barack Obama a raison de reprendre les paroles vigoureuses de Thomas Paine et d'encourager les américains, de nous encourager tous à poursuivre cette lutte pour le Bien avec notre vertu et notre espérance.
Mais n'oublions pas, comme Barack l'a malheureusement fait dans son discours, la suite du texte de Thomas Paine. N'oublions pas de "montrer notre foi par nos œuvres afin que Dieu puisse nous bénir."
Il ne suffit pas parler de Dieu et de valeurs, il vaut agir en conséquence. C'est dur et exigeant mais il faut lutter sans cesse pour y arriver. Car c'est bien la liberté, la charité, l'espérance, la joie, la foi qui nous permettont de bâtir un monde qui bouge.
Alors vertu et espérance... pourquoi pas?
17 janvier 2009
L'espérance rend soul
Mardi 20 janvier, lorsqu'il posera la main sur la Bible pour prêter serment devant le Capitole, Barack Obama se remémorera peut-être la phrase qu'il avait lancée aux médias il y a quelques mois. Il commencera alors à claquer des doigts; ses pieds se mettront à frapper le sol en rythme; les battements de son cœur suivront soudain le tempo; ses paroles se feront chanson d'amour et il souviendra.
"La Motown a fait de moi l'homme que je suis."
Créée à Detroit (la Motor Town) il y a tout juste 50 ans en janvier 1959 par Berry Gordy, Motown Records est une maison de disque quasi mythique qui révolutionna la musique noire américaine.
Ses artistes, vous les connaissez tous : Diana Ross
et The Supremes, Martha and the Vandellas, Smokey
Robinson, Marvin Gaye, Stevie Wonder, The Pointer
Sisters, The Temptations, Michael Jackson et les Jackson Five, Lionel Richie et The Commodores.
Ses ouvriers de l'ombre, vous les connaissez moins : le trio d'auteurs-compositeurs de génie Holland-Dozier-Holland et le groupe de musiciens de studio The Funk Brothers sur lequel a été réalisé un film d'anthologie. Ce sont eux, les meilleurs d'entre tous, qui œuvrèrent sans relâche derrière les projecteurs, dans les sous-sols de l'étonnante fabrique de tubes, à la création du "Motown Sound".
Mais les clefs de son succès sont peut-être à chercher ailleurs.
Motown, c'est de la musique black pour un public en noir et blanc. L'ouverture aux autres qui poussent à sortir de sa communauté pour parler, danser, rire, pleurer avec des gens qui ne nous ressemblent pas. Motown c'est la nécessité de la paix.
Motown, ce sont des love songs. Des chansons qui viennent du cœur pour parler à l'âme. De la "soul" music qui trouve ses racines ancestrales dans le Gospel. Motown, c'est la puissance de l'amour.
Motown, c'est du rythme, de la vibration, du déhanchement. Des back beats, des tambourins, de la guitare basse. Un son particulier et reconnaissable entre tous qui n'a qu'un seul et unique objectif. Motown, c'est la joie partagée.
Durant ses 20 années de succès, Motown répondit simplement aux espérances quotidiennes des gens. Nous voulons de la joie; nous souhaitons que la paix soit au milieu de nous; nous désirons découvrir l'amour.
Parfois, à l'écoute de la radio ou devant notre écran de télévision, nous regrettons la Motown. Le monde a bien changé, la musique aussi. Mais il ne faut jamais regretter le passé; il faut désirer l'avenir. L'espérance rend soul.
Alors pour nous rappeler que notre plus grand désir, c'est l'amour, nous pouvons taper du pied, claquer des doigts, écouter les battements de notre cœur et fredonner avec Stevie Wonder : Happy Brithday to you, Motown.
12 octobre 2008
L'été indien
Le 12 octobre 1492, Christophe Colomb, ce héros au renom éternel, mit le pied en Amérique persuadé d'y trouver l'Inde. 516 ans plus tard, des milliers d'explorateurs en herbe débarquent en Inde convaincus d'y trouver l'Amérique. Le deuxième pays le plus peuplé au monde est une pépite d'or qui brille dans les yeux de nos contemporains.
Mais comme dans toute pépite, l'or n'est jamais pur. Alors que le pape Benoît XVI canonise aujourd'hui Alfonsa, la première sainte indienne, des milliers de chrétiens sont victimes de violences dans ce pays qui a vu naître une philosophie de la sagesse. Et tout le monde s'en fiche. Dans un pays en proie aux castes, c'est pourtant un souffle de liberté que certains combattent. Un feu d'amour qui part en fumée.
Alors que la crise économique continue de battre son plein, alors que la violence économique qui en découle semble devoir durer longtemps, alors que cette violence économique risque de se transformer en violence politique, l'amour est une valeur rare pour laquelle il faut se battre.
L'amour des faibles dans une économie égoïste.
L'amour de soi dans une ère de psychologie.
L'amour des jeunes dans une société trop adulte.
L'amour de l'amour dans un monde de sexe.
L'amour de l'autre dans un univers de haine.
L'amour de Dieu dans un ciel qui s'éloigne.
Trop souvent, nous sommes passifs et accusons des hordes de méchants dirigeants de ne pas s'occuper de notre charité. Mais la société, c'est nous qui la construisons. Nous créons les stars, nous spéculons en bourse, nous fantasmons devant la télé, nous critiquons notre voisin de culture différente, nous refusons de nous lever le dimanche matin, nous votons en fonction de problématiques personnelles et nous n'aimons pas notre vie. Et pour se donner bonne confiance nous trouvons le bouc émissaire responsable de tous nos malheurs...
L'Amérique. Cette Amérique de liberté qui nous fascine et qu'on accuse. Cette Amérique très très méchante qu'on critique les jambes croisées en tailleur en respirant de l'encens indien. Christophe Colomb et Alfonsa doivent se retourner dans leurs tombes.
Barack sera peut-être le nouveau pasteur King, et au vu des sondages, il nous faut en tout cas espérer que son "dream" sera le nôtre. Mais si nous ne nous changeons pas nous-mêmes, cela ne changera pas la face du monde. Et ce n'est pas en changeant le bouc émissaire qu'on se change soi-même.