10 novembre 2009
L'humanisme fait-il avancer l'humanité?
Cela fait un peu plus d'un an que ce blog existe. Oh, certes il n'est pas encore d'un esthétisme fou et a des fonctionnalités limitées par la compétence technique des BeniNewsers mais il a déjà abordé de nombreux sujets plus ou moins complexes.
Aujourd'hui, le sujet est dans la tranche des "très complexes", car l'humanisme que je veux discuter se pense et peut paraitre charitable.
Premier sujet : le jugement que vient de rendre le tribunal administratif de Besançon autorisant un une homosexuelle vivant en couple à adopter.
Il y a presque 2 ans, suite au refus du Conseil Général du Jura de permettre à Emmanuelle, célibataire qui n'avait pas caché son homosexualité, d'adopter un enfant, Emmanuelle et sa compagne étaient allées ester devant la fameuse Cour Européenne des Droits de l'Homme. Notre CEDH favorite (celle qui interdit les curcifix en Italie) avait évidemment condamné la France pour "discrimination sexuelle" mais n'avait pas pas pour autant effrayé le Conseil Général du Jura qui resta droit dans ses bottes... Jusqu'à ce qu'un tribunal administratif jurassien utilise les siennes pour lui botter le derrière. Faire une première. Et réjouir Noël Mamère.
Que dire?
Il faut parfois savoir affirmer des convictions désagréables ou incomprises. Je vais donc peut-être énerver voire choquer. Mais cette décision, je m'y oppose. Comme je m'oppose d'ailleurs à l'adoption par une personne célibataire.
Deuxième sujet : la proposition de loi sur l'euthanasie qui vient d'être déposée par 120 députés socialistes à l'Assemblée nationale et qui sera discutée le 19 novembre prochain.
4 ans après l'adoption de la loi Leonetti sur les droits des malades et la fin de vie (avril 2005) et un an après la remise d'un rapport évaluant son application, le groupe socialiste vient de déposer deux propositions de lois relatives à l'euthanasie auprès de la présidence de l'Assemblée nationale.
Que dire?
Il faut parfois savoir affirmer des convictions désagréables ou incomprises. Je vais donc peut-être énerver voire choquer. Mais cette décision, je m'y oppose.
***
Ces deux thèmes n'ont rien à voir l'un avec l'autre, à l'exception quand-même d'un point commun qui devient le fer de lance de la société contemporaine : l'humanisme.
Humanisme parce qu'il parait charitable aux yeux de beaucoup de permettre à deux personnes qui n'ont pas choisi leur orientation sexuelle de transmettre à un enfant tout l'amour qu'ils ont à donner.
Humanisme parce qu'il parait charitable aux yeux de beaucoup de permettre à une personne condamnée à mourir dans d'atroces souffrances de "mourir dignement" et paisiblement.
Humanisme... Quand je dis que le sujet est complexe, je veux peut-être dire que le mot est complexe.
Je ne détaillerai pas toutes les raisons qui me poussent à m'opposer à ces deux mesures, que j'ai déjà en partie expliquées (ici) et qui tiennent non seulement de la spiritualité mais également de l'anthropologie, de la sociologie, de la psychologie et de la philosophie. Mais il me semble que dans toute cette humanité, on oublie finalement ... l'homme.
Si pour certains, l'homme est une matière évoluée, pour BeniNews l'homme est le coeur de la création. Le coeur de ce grand projet divin. Le coeur de ce mystère qui nous dépasse. Et c'est justement dans cette humilité du dépassement que se situe mon opposition à l'humanisme matérialiste actuel.
L'homme a été créé avec son fonctionnement, avec ses joies mais aussi ses souffrances, avec son amour et son besoin de l'Autre, avec ses talents différents et pas forcément cumulables, avec son incompréhension du mystère et son espérance. Avec sa transcendance.
Aujourd'hui, l'homme veut décider de son bonheur à la place de Dieu. Cette "espérance" scientiste n'est pas nouvelle et a déjà fait des émules au cours de l'histoire. Mais l'homme moderne commet, à mon sens, une erreur fondamentale : il est trop libéral. Il croit, comme Adam Smith en économie, que ses décisions égoïstes vont mener à un bien commun. Il veut forcer la "main invisible" de Dieu à aller dans son propre sens individuel.
Nos décisions d'enfanter, d'adopter, de mourir deviennent des décisions prétentieuses de Monsieur Je-sais-tout. Dieu a créé l'homme et la femme? Je m'en fous, je me démerderai autrement. Le mal et la mort existent? Je m'en fous, je me démerderai autrement. Bref, je suis plus fort que Dieu.
On me dira que ma religion n'est pas charitable avec certains et que je m'en fous, car je n'en suis pas. Pas homosexuel, pas souffrant, pas que sais-je... Oui et non. Peut-être que mon Dieu n'admet pas nombre de mes actes, que j'en suis conscient, que je fais avec, que je cherche à comprendre et que j'essaie de m'améliorer.
Toute cette histoire est résumée par une news du site Internet de Télé 2 Semaines. Frédéric Lopez, animateur de l'émission Rendez-Vous en Terre Inconnue, a décidé de dénoncer les people qui ont refusé de venir à son émission. Ainsi, selon lui, selon Télé 2 Semaines, selon Jean-Marc Morandini, Vanessa Paradis et Benoît Poolevorde qui préfèrent rester avec leur famille plutôt que passer plusieurs jours avec les papous ou les inuits seraient de mauvais bougres. Le développement durable: oui; la famille: fausse excuse.
Oui l'humanisme est devenue une drôle de valeur. Un nouvel humanisme veut balayer une vision ancestrale de l'amour familial. C'est étrange et parfois inquiétant. Car si c'est quand on met ses mains dans la prise qu'on comprend l'interdiction de Maman, c'est peut-être quand on aura été trop loin qu'on comprendra que les preceptes spirituels n'étaient pas forcément absurdes et que Dieu n'est pas un mauvais père.
Si l'humanisme s'intéressait à l'âme en plus du corps...
16 octobre 2009
C'est à tribord qu'on crie le plus fort
Depuis son élection en 2007, Nicolas Sarkozy se sent suffisamment sûr de son tribord pour ouvrir à bâbord. Mais aujourd'hui, son électorat lui rappelle que c'est bien à tribord qu'on crie le plus fort.
RSA jeune, Jean Sarkozy à l'EPAD, Frédéric Mitterrand, taxe écologique, mères porteuses, la droite devient tendue et ne reconnait plus son héraut.
Le président intrigue. Il paie les étudiants pour aller en cours, justifie péniblement l'ascension discutable de son fils, clôt un débat moral essentiel sur la fonction ministérielle, lance une bonne idée mal expliquée pour l'avenir de notre planète et teste une mesure humainement complexe sur la notion de création.
Attention, dans son entreprise de modernisation du pays et d'oubli des valeurs fondamentales, Giscard s'était coupé de sa base et s'était scratché...
Conscient de la situation, Nicolas Sarkozy s'explique sur sa droite et fait la fortune d'un jour du Figaro d'Etienne Mougeotte (et le "suicide" de ce même Etienne dans un édito complètement déconnecté qui passe assez mal auprès de ses lecteurs). Mais cela suffira-t-il?
Dans le même temps, Jean-François Copé s'explique sur sa gauche et fait la fortune d'un jour du Monde d'Eric Fottorino. Mais cela suffira-t-il?
Les deux leaders de la droite partent du même postulat : la France a changé, il faut donc évoluer. So what?, diraient les américains.
La France chrétienne ne pratique plus, la France agricole s'enferme dans les villes, la France des colonies émigre en métropole, la France culturelle surconsomme, la France des grands combats collectifs s'individualise.
Pour reprendre l'idée-force de Jean-François Copé, la France perd peut-être son identité. Ou plutôt ne trouve pas sa nouvelle identité. Mais entre le libéralisme sarkozyste et le nouvel humanisme copéiste, quelle identité nous propose-t-on réellement?
Nous devrions réfléchir avant tout à l'Homme que nous voulons devenir. Rien ne sert de gouverner par des sondages, ils ne révèlent pas forcément nos rêves profonds mais nos désirs soudains. "Je ne réalise pas le bien que je voudrais mais je fais le mal que je ne voudrais pas", nous dit très justement Saint Paul (Romains, 7, 19). Il faut donc prendre de la hauteur.
La France veut-elle devenir une terre de liberté responsable, de charité et de gratuité, de travail et de construction du monde, de culture et d'intelligence, de dignité et d'humilité, de subsidiarité et de proximité?
Quel sera le français de demain?
Grandira-t-il au sein d'une famille aimante qui lui inculquera des valeurs de vie?
Sera-t-il porté par une communauté religieuse qui l'aura ouvert sur un mystère d'espérance?
Eveillera-t-il son intelligence dans les méandres d'une école qui lui apprendra à raisonner et à discerner?
Trouvera-t-il sa vocation dans un travail matériel ou immatériel qui lui permettra de mettre au profit du monde ses talents uniques?
Entreprendra-t-il avec confiance un projet qui poursuivra respectueusement l'avancée et la croissance du monde?
Sera-t-il invité au don gratuit et à l'action pour cet autre qui lui fera découvrir la profondeur de notre humanité?
Se découvrira-t-il libre? Libre de faire les bons choix? Libre d'être pleinement Homme? Libre de s'oublier lui-même pour écouter l'autre?
Soeur Emmanuelle disait que "chaque homme reçoit sur terre un cadeau de Dieu et doit le faire fructifier selon ses possibilités". Tout est dit. Nous avons des talents dont nous ne sommes que les dépositaires et nous devons les faire fructifier pour le bien de tous.
Si BeniNews devait crier à tribord, nous crierions que certaines valeurs sont inoubliables.
08 octobre 2009
Le patrimoine du coeur
Petit-fils du défunt comte de Paris et hériter de la maison de France, le prince Jean de France vient de faire paraître un livre d'entretiens avec Fabrice Madouas : Un Prince Français.
Cette information pourrait sembler peu significative pour beaucoup de lecteurs et pourtant elle nous a amenés chez BeniNews à réfléchir au concept de "fils de". D'autant que cette semaine, les "fils de" font beaucoup parler d'eux. Et pas forcément en bien...
Tandis qu'on apprenait hier avec effarement que Jean "fils de" Sarkozy, avec sa glorieuse petite année d'expérience politique, serait sans doute élu le 4 décembre président de l'EPAD (Etablissement public d'aménagement de la Défense), ces derniers jours ont également été marqués par les envolées lyriques du "neveu de". L'affaire Polanski s'est ainsi transformée récemment en affaire Mitterrand et cela a enervé le neveu du grand monarque. Frédéric Mitterrand s'est pris pour Oscar Wilde en publiant son désormais fameux La Mauvaise Vie (je me souviens l'avoir vu saliver sur un plateau télé il y a 2 ans en évoquant ces délices orgiaques comme une sorte de péché aristocratique), a dit une ânerie sur une affaire judiciaire qui ne relève pas de sa compétence et s'est naturellement pris un boomerang. La grande différence entre la Villa Médicis et la rue de Valois (ministère de la Culture), c'est le peuple. Les plaisirs de boudoir font peut-être sourire les intellos, mais ils font surtout pleurer tous les autres. BeniNews a pleuré.
Ces deux affaires nous font craindre le pire lorsqu'on évoque les dynasties. Les "fils de" feraient-ils n'importe quoi?
Descendant de Saint Louis, Henri IV et Louis-Philippe, Jean de France considère que sa vocation personnelle doit nécessairement s'appuyer sur son patrimoine génétique mais également s'inscrire dans la morale. S'il doit transmettre cette histoire qu'il porte sur ses épaules et dans son sang, il doit aussi être le maillon responsable d'une longue chaîne qui ne s'achèvera pas avec lui. Contrairement à un homme politique qui n'a de cesse de placer ses pions ou ses fils, Jean de France nous rappelle qu'un roi n'est pas le fils d'un homme mais d'une histoire. Un monarque éclairé est lié à la France qu'elle le veuille ou non; il n'a rien à gagner temporairement; il n'a pas la nécessité de gouverner les yeux rivés sur les sondages; il n'a pas le coeur qui palpite chaque jour à l'idée de perdre la prochaine élection. Et cette perspective à très long terme lui donne une capacité à prendre du recul et à rechercher le bien commun.
"Je pense en prince chrétien, j'agis en prince français", le prince a une formule intéressante. Gouverner est une responsabilité incroyable. Les dirigeants accompagnent le développement de l'humanité et leurs décisions doivent être mises en regard des valeurs qu'ils portent. Un dirigeant qui se soucie de sa réélection aura souvent tendance à porter des valeurs court-termistes, à répondre à des demandes faciles, à désarmocer des bombes qui pourraient exploser pendant son mandat. Il sera ainsi plus financier, plus libertaire, plus diplomate. En revanche, un dirigeant qui s'inscrit dans l'histoire devrait privilégier les attentes complexes et profondes de son peuple. Il devrait être plus spirituel et plus exigeant. Son inscription dans un temps infini, son attachement particulier à son pays et son attention portée au peuple auquel il est lié devraient transformer son patrimoine génétique et historique en patrimoine du cœur.
"Devrait", car les rois ont montré au cours de notre histoire qu'ils n'avaient pas tous la sagesse que nécessite une telle fonction. "Devrait", car certains potentats actuels nous montrent une face sombre d'un pouvoir quasi-monarchique (encore que ces tyrans ont justement peur du coup d'état et cette instabilité potentielle qui les pousse au pire est contraire même à la stabilité royale). "Devrait" parce que l'idée monarchique est peut-être plus belle que la monarchie.
Mais au-delà du débat monarchique, nous pourrions déjà réfléchir à adapter la devise du prince Jean : "je pense en chrétien, j'agis en homme français".
Nous sommes tous des "fils de". Des fils de Dieu.
Si l'exigence d'en bas nous mène en haut, creusons chacun au fond de notre cœur de petit prince pour en faire ressortir notre plus beau patrimoine : notre âme.
MAJ 15/10 : Le président Sarkozy nous explique le mérite républicain avant de succomber à la tentation... Pathétique.
20 septembre 2009
Clearstream, la tentation des petits hommes
Demain, lundi 21 septembre, s'ouvre le très attendu procès Clearstream.
En quelques années, cette affaire aura usé plus d'encre et de papier que les encycliques de Benoît XVI. Une véritable catastrophe humaine et écologique !
Sur le fond, personne n'est vraiment sûr de qui a fait quoi, qui a réagi à quoi, qui a joué quel jeu. Mais une chose apparaît malgré tout clairement : quelles que soient les opinions politiques des hommes, leur soif du pouvoir est un atroce programme commun.
Les intrigues ne datent pas d'hier. Bien avant Gergorin et son informaticien, bien avant Mitterrand et ses barbouzes, bien avant Kennedy et sa mafia, bien avant Louis XIII et son cardinal, il y a eu Juda et son baiser.
La soif égoïste du pouvoir est une dénégation de Dieu, un rêve prométhéen.
Mais voilà, certains hommes politiques se prennent pour l'être élu, le sauveur que le monde attend. Sûrs de leur génie, ils sont prêts à tout pour atteindre le sommet. Mais ils ne se rendent pas compte que ce sommet est une colline un peu ridicule. Car Jésus a montré au désert (Luc 4, 1-13) où se situait la vraie force d'un roi. Un roi, un Dieu même dans ce cas précis, est celui qui sait dire non. Celui qui dit au diable d'aller au diable.
Comme n'importe quel homme, un homme à responsabilités (politiques, économiques ou médiatiques) doit user de ses talents pour faire avancer le monde que Dieu a créé. Un monde dans lequel JE n'est pas seul mais où l'AUTRE est important.
Faire joujou avec des listings, appeler des chefs d'état africains à financer en cachette, se comporter comme le dernier des barbouzards n'a rien de grand. N'a rien de royal. C'est juste le fait de petits hommes qui se laissent tenter comme des enfants face à des bonbons Haribos.
Si Nicolas Sarkozy s'écoutait faire des lapsus, il aurait peut-être une solution... La "greffe de la foi".
Notre Père, ne nous laisse pas succomber à la tentation.
16 septembre 2009
Nul n'est censé ignorer la loi
La polémique enfle, au sujet du vote en mai dernier d'une loi
supprimant la peine de dissolution pour les personnes morales
commettant le délit d'escroquerie.
La Scientologie ne pourra pas être dissoute. Les français attendent pour du beurre le jugement du 27 octobre prochain.
Pourquoi? Parce que nous faisons des lois comme on fait un footing et que plus personne ne sait ce qu'il y a dedans.
Nul n'est censé ignorer la loi... Sauf les députés qui la vote et la Chancellerie qui la prépare. Pathétique...
Le fond du problème importe presque moins dans cette affaire que la forme. Alors que tout le monde cherche à débusquer la taupe scientologue, nous devrions surtout nous attaquer au vrai problème : pourquoi fait-on des lois?
Quand Dieu offrit les Dix Commandements à son peuple, Il le guida sur un chemin de vérité et d'amour. Mais quand un député rédige et vote une loi, fait-il le Bien ou défend-il trois copains dans un amendement incompréhensible?
"Amour et vérité se rencontrent, justice et paix s’embrassent" (Ps 85,11).
15 juin 2009
Manifeste pour une société de vocation
Après chaque élection, les commentateurs appellent à une prise de conscience. Montée de l’abstention, baisse des partis de gouvernement, surprise des listes catharsiques.
Le peuple est à bout de souffle et réclame le changement ;
il a voulu donner un signe à ses gouvernants.
Et puis, Vahiné c’est dégonflé, le soufflé retombe et rien ne change.
Il semble pourtant nécessaire que nous entrions dans un nouveau cycle de l’histoire économique et sociale.
Née dans un 19e siècle bourgeois, la société de production nourrit en son temps la question de la répartition des richesses. Patrons ou ouvriers, chacun s’enferma dans son argumentation et l’Eglise sortit alors, via l’encyclique Rerum Novarum, une Doctrine Sociale qui fit date mais ne fut que trop rarement suivie.
Les temps passèrent et la foi décrut ; les guerres se suivirent et fabriquèrent des horreurs ; le travail restait oppressant et le salarié vit son salut dans l’avènement des loisirs. La société de consommation apparut alors. Dans l’air frais des yé-yé, le consommateur du 20e siècle profitait enfin de ses loisirs et de ses propriétés. Mais il se renferma vite sur lui-même. Le monde devint un peu plus individualiste, les inégalités se creusèrent un peu plus et le consommateur qui était en fait un gentil client dépensier commença à trouver que le salut était long à arriver.
La réponse à ce mal-être, l’intelligensia médiatique la vit dans l’information. Ce fut soudain l’éclosion de cette société de l’information qui apparaissait tel un nirvana d’ouverture dans un univers trop cloisonné. L’information abolirait les frontières, lancerait une nouvelle forme de communication, faciliterait l’accès au savoir. Chaînes de télé, stations de radios, magazines, Internet, mobile, les années se suivirent et les médias et nouveaux médias poussèrent comme des champignons. Pourtant, le salarié-consommateur-nouvellement-informé percevait les limites du système. Les médias lui renvoyaient son image, celle d’un salarié moyennement heureux, d’un consommateur éternel insatisfait, d’un habitant d’une terre ravagée et d’un individu en quête de communauté.
Aujourd’hui, le monde occidental et la France en particulier sont donc appelés à un nouveau changement : la société de vocation.
Un changement qui fit dire à Barack Obama pour son discours d’investiture qu’il nous fallait réaffirmer « la promesse de Dieu que nous sommes tous égaux, tous libres et que nous méritons tous la chance de prétendre à une pleine mesure de bonheur. »
Un changement qui fait dire inlassablement à Benoît XVI que chacun d’entre nous avons « une place dans le plan de Dieu ».
Cette place dans le plan de Dieu, cette vocation, elle nous est offerte par des talents que nous devons parfaire et développer. Il n'y a pas de "mauvais" sur terre; il n'y a pas de "nul". Il y a des talents, des dons, des charismes variés que nous devons cultiver ardemment. Avec un unique but : accomplir notre vocation de charité, de joie et de solidarité.
Œuvrer pour une société de vocation, c’est affirmer que la seule voie de la croissance économique n’est pas de passer cinq jours par semaine à produire des biens et services plus ou moins utiles que nous nous empresserions de consommer le week-end sans en être pleinement satisfaits. La croissance économique doit également être portée par une croissance humaine.
Œuvrer pour une société de vocation, c'est être convaincu que trop de gens ne sentent pas à leur place dans leur travail et s'enferment dans un individualisme tristounet parce qu'on ne leur a pas permis d'exercer leurs talents. Développer son talent pousse nécessairement à la joie, à la solidarité et à la charité; c'est l'inactivité qui enferme.
Œuvrer pour une société de vocation, c’est donc considérer qu’il est nécessaire de soutenir et pousser tous ceux qui souhaitent s’accomplir à développer leurs talents, économiques pour certains mais pour d’autres artistiques, familiaux, religieux, politiques, charitables qui répondront alors aux besoins de foi, d’espérance, de culture, de joie, de paix, d’amour de l’ensemble de la population. La dernière initiative de Xavier Darcos et Philippe de Villiers qui lancent un "collège novateur de référence nationale" à Saint-Hilaire-de-Loulay va dans le bon sens. Le principe : à la manière des classes sport-études, une section «humanités classiques, art, culture» pourra être suivie. Au programme, du grec et du latin, des épreuves de culture générale, des cours de civilisation, de littérature, de théâtre.
A quelques jours de la sortie par Benoit XVI de son encyclique sociale, soyons assurés que cette économie de l'immatériel peut être un vrai moteur de croissance, car l'innovation a besoin d'espérance.
14 mai 2009
L'Europe, civilisation d'amour?
Tout au long de son pèlerinage en Terre Sainte, le pape Benoît XVI a expliqué lentement, patiemment, la révolution du christianisme.
En Jordanie, il a évoqué la liberté, la raison et l'intelligence qui permettent de découvrir ce Dieu seul capable de transformer le monde.
A Jérusalem, il a refusé l'égoïsme, le cynisme et le désespoir et réclamé avec force la sagesse, le dialogue et l'harmonie.
A Bethléem, il a appelé à la destruction des murs de haine qui séparent les communautés pour entrer dans une ère de compréhension, de réconciliation et de paix.
A Nazareth, il a promu la famille, "église domestique", école de sagesse, de foi et de paix.
En quelques jours, Benoît XVI a ainsi décrit une civilisation de l'amour qui serait fondée sur des familles croyantes et humbles, une éducation intelligente qui permettrait un discernement, une liberté orientée vers le Bien et une paix retrouvée.
Le Pape chante pour la paix
envoyé par KTOTV - L'info internationale vidéo.
A l'aune des élections européennes, nous pouvons nous demander si nous en prenons le chemin ou si nous nous en éloignons.
L'Europe est une idée magnifique portée, après la Seconde Guerre Mondiale de triste mémoire, par des chrétiens convaincus et convaincants, notamment l'italien De Gasperi et le français Robert Schuman dont le procès en béatification est en cours à Rome.
Nos pères fondateurs européens ont certaines similitudes avec les pères fondateurs américains. Ils voyaient dans une Europe unie et fière de ses valeurs un rempart contre le mal, un havre de liberté et de paix, une source développement économique, culturel, fraternel et humain. Près de deux siècles après la Déclaration d'Indépendance américaine, Robert Schuman et ses partenaires osaient affirmer plus fortement encore, de manière moins ésotérique peut-être, la puissance spirituelle et chrétienne qu'ils entendaient donner à cette construction.
Mais aujourd'hui, 50 ans plus tard, où en sommes-nous? Le projet commun se rapproche-t-il d'une civilisation de l'amour telle que l'attendait Paul VI ou prend-il des détours égoïstes, des circonvolutions dangereuses?
La réponse que nous proposons est certainement dans la question : l'Europe ne répond pas encore à ses objectifs de départ.
1- Peut-être parce que ceux-ci étaient idéalistes et qu'ils ne prenaient pas suffisamment en compte ce que des mathématiciens nommèrent à cette même période la "théorie des jeux" : le projet le plus beau n'est pas forcément celui que choisissent les acteurs irrationnels et individualistes dans un univers compétitif.
2- Mais peut-être également parce que nous nous perdons nous-mêmes dans un jeu pourtant jouable. Pour que l'Europe soit un début de civilisation d'amour, il faudrait qu'elle réaffirme courageusement ses valeurs et son origine chrétiennes et qu'en découlent naturellement la liberté, la démocratie, la charité, la justice et la paix. Pour que l'Europe soit un début de civilisation d'amour, il faudrait qu'elle cesse d'être une civilisation de l'égoïsme, du particularisme, du lobby. Pour que l'Europe soit un début de civilisation d'amour, il faudrait qu'elle ne soit plus ce mouton pragmatique qui suit les égarements d'une société au gré des sondages, qui voit le développement sous l'unique prisme économique et qui conçoit l'humanité comme une somme d'individualités contraintes de vivre ensemble plutôt que comme une communauté de personnes appelées à grandir ensemble.
3- Et peut-être finalement parce que nous sommes comme nos amis de Terre Sainte, des Hommes qui devons écouter un envoyé de Dieu prôner la foi, l'espérance et la charité.
Aussi, à un mois du scrutin européen, rappelons-nous les indications que Saint Benoît, saint-patron de l'Europe, donne à ses moines pour guider leur choix lors de l'élection démocratique de l'abbé du monastère : homme sage, homme de paix et serviteur fidèle, l'abbé doit œuvrer pour le bien de sa communauté. Pur, sobre et bienveillant, il doit être juste, aimé et ne doit jamais oublier de suivre les commandements de Dieu.
Nous ne sommes pas des moines mais Sagesse, abnégation dans son travail, justice, fidélité à sa mission et charité sincère ne sont pas forcément de mauvais critères de choix si l'on veut fonder une civilisation d'amour.
06 mai 2009
Les rois du monde
Le week-end dernier, le prince Jean de France épousait à Senlis Mademoiselle Philomena de Tornos y Steinhart, jeune aristocrate hispano-autrichienne. Dans la France républicaine d'aujourd'hui, le jeune héritier des rois tout puissants d'hier a réussi l'incroyable tour de force de créer un buzz médiatique plutôt efficace sans compromettre l'aspect sacramentel de la cérémonie.
Malgré la longue fuite du temps, les rois seraient-ils toujours à la mode? Certains indices récents nous le font penser.
Nous avons ainsi appris que Berlusconi-le-Ridicule était dans de sales draps. Ou pour être exact, n'était pas souvent dans les bons draps. Sa femme Veronica l'accuse de tous les maux et il faut avouer qu'il ne fait pas beaucoup d'efforts pour cacher ses innombrables frasques. Sur chaque photo, le président italien sourit de toutes ses dents, fier de lui et entouré de ses pépés préférées. Comme de nombreux rois des siècles passés, Berlusconi désire et obtient. A la différence près qu'il y ajoute sa touche personnelle de vulgarité, de mépris et d'égocentrisme. Les rois de notre époque se noient dans l'argent mais oublient sciemment de se donner à leurs sujets.
Hier un juge français a déclaré recevable une plainte visant les présidents du Gabon, du Congo et de la Guinée-Equatoriale soupçonnés de posséder en France des biens immobiliers financés par de l'argent public détourné. Tout cela n'étonnera personne et c'est bien ce qui est triste. L'Afrique est ruinée par ces rois fainéants qui usent de la force, s'asseoient sur un trône, divisent pour mieux régner et s'empressent de remplir leurs coffres des pièces d'or de leur peuple. Les rois africains ne gouvernent pas par amour mais par avidité et ont été trop souvent appuyés par des occidentaux aveugles s'amusant à la realpolitik.
Au Parlement Européen, les députés décident de modifier le règlement pour éviter que Jean-Marie Le Pen, doyen d'âge, président la séance inaugurale. Nous n'aimons pas plus ce personnage que nos eurodéputés préférés mais la démocratie ne se respecte pas au gré de nos humeurs. A l'écoute uniquement de ceux qui sont d'accord avec eux, les rois de l'Europe ne sont finalement pas plus démocrates que les rois absolus d'hier.
Dans nos vies, nous aussi nous prenons pour des petits rois. Des rois cruels, des rois fainéants, des rois avares, des rois pervers, des rois égoïstes. Mais nous nous trompons de royaume. "Mon royaume n'est pas de ce monde", disait Jésus-Christ à ses disciples. Les rois chrétiens d'autrefois, malgré toutes leurs faiblesses, ne l'oubliaient pas : leur royaume n'était rien et à leur mort, ils se retrouveraient aussi nus que n'importe qui.
"Le royaume des cieux est encore semblable à un marchand qui cherche de belles perles. Il a trouvé une perle de grand prix; et il est allé vendre tout ce qu'il avait, et l'a achetée."(Mt 13, 45-46)
A nous donc de ne pas nous tromper de roi, de vendre nos égoïsmes et d'acheter le bon royaume.
17 avril 2009
Rien partout, balle au centre
François tend la main à François et fait la une des journaux. Alors que la crise continue à nous entraîner dans les abîmes profonds du mal-être, Hollande et Bayrou font de la stratégie politicienne ... et réussissent un joli coup.
Cela pourrait être un non-événement mais cette petite pique à destination de la belle Ségolène semble trouver sa place dans les médias en ces temps qui ne manquent pourtant pas de piment. Il doit donc bien y avoir une raison. Et cette raison vient peut-être justement de la crise.
Comme toutes les populations du monde, les français sont inquiets. Comprennent que la société qu'ils ont connue est en train de changer mais ne savent pas dans quel sens.
De leur côté, les hommes politiques ont également peur. Le vent tourne mais soufflera-t-il vers eux? La présidentielle 2012 n'est finalement pas si loin puisque le quinquennat a apporté l'élection permanente. Alors chacun se positionne.
Sarkozy semble fatigué et perd de son aura. Il est toujours plus facile d'être adulé quand on ne fait rien qu'aimé quand on est au pouvoir. Redevenu la personnalité politique préférée des français, Chirac en sait quelque chose. Mais au-delà de l'usure, Sarkozy montre aussi ses limites. Celle d'un homme qui a le souci "80's" de l'effort et du travail dont l'unique récompense serait pécuniaire. Celle d'un dirigeant autoritaire qui est parfois plus star que guide. Celle d'un conservateur bon teint qui se divertit dans un luxe décomplexé. Celle d'un excellent tacticien qui en oublie parfois l'objectif de bien commun.
En cette période de crise, certains opportunistes se disent donc qu'il y a une place entre une gauche révolutionnaire un peu ringarde et une droite libérale un poil passée et dépassée par la crise financière. Hollande, Bayrou, Valls, Moscovici, Peillon, Strauss-Kahn, Juppé, la liste est longue de ceux qui veulent prendre le centre. Mais leurs discours manquent de clareté et restent trop souvent démagogiques.
Droite, gauche, centre, attention surtout au vide. Les remarques de Juppé sur le pape, l'opposition systématique de Bayrou, le croc-en-jambe de Valls à Royal, l'autosatisfaction de Moscovici, le néant de propositions de Peillon, la lointaine hauteur américaine de Strauss-Kahn sont autant de signes d'une totale incompréhension des réels besoins d'une société perdue.
Le moment est venu de changer de société.
La crise économique a démontrée que l'usage de la morale avait son utilité. Le démon de l'argent a mis à terre une société de drogués. "Mon anneau", crie Gollum dans le Seigneur des Anneaux. Nous avons tous été des Gollum et, piégés par cette fascination de l'anneau, nous avons amassé, joué, spéculé. Et patatras, le voile noir de Mordor s'est abattu sur nous. Il faut donc maintenant reconstruire notre société avec de la morale. L'Eglise a développé depuis plus de 100 ans une Doctrine Sociale qu'il faut reconsidérer avec un oeil curieux.
Les crises politiques et géo-politiques nous font comprendre un peu plus la beauté de la liberté. La beauté de cette liberté de croire ou de ne pas croire que nous a offerte Dieu dans la Genèse avec l'arbre de la connaissance et qu'il a confirmée en envoyant son fils Jésus non comme un roi que tout le monde verrait mais comme un pauvre que chacun peut voir s'il le veut. La beauté de la liberté de pensée et d'expression que certains ne connaissent pas et que nous voyons en France tous les jours dans la rue, sur des blogs, dans les médias. La beauté de la liberté d'entreprendre, d'innover si importante pour notre développement qui devrait être encouragée.
La crise sociale illustrait encore récemment que la liberté ne peut pas aller sans la responsabilité. Etre mécontents, en vouloir plus, crier parfois, c'est bien; mais séquestrer les patrons, couper le courant, ça l'est moins. En géopolitique, Gene Sharp appelle ces méthodes une "guerre civilisée" et les recommande pour lutter contre des dictatures honteuses. Nous n'en sommes pas là. C'est cette même absence de responsabilité qu'oublient ces médias qui poussent des adolescents à une consommation sexuelle absurde; c'est toujours cette absence de responsabilité qui conduisent des parents à laisser faire leurs enfants, des internautes à rendre gratuit le travail d'autrui, des dilletantes à réclamer l'assiette du voisin. Or une société de liberté ne peut pas se construire efficacement si l'Homme libre est irresponsable.
Enfin, chaque crise nous pousse à faire le constat que l'important est la charité. L'Amour qui partage. L'Amour qui écoute. L'Amour qui se soucie de l'Autre. Une bulle financière vient toujours d'un aveuglement et d'un égoisme où le bien commun n'a plus sa place. Une guerre vient toujours d'une peur de l'autre, d'un individualisme méprisant, d'un leader fanatique et égocentrique ou d'un fondamentalisme liberticide et "amouricide". Une crise sociale vient toujours de cet oubli que certaines personnes n'ont pas les capacités physiques ou psychologiques pour assumer leur liberté et qu'elles doivent donc être aidées.
Ainsi, une politique qui aurait une base morale réelle et s'appuirait sur ces notions fondamentales de liberté, responsabilité et charité prend tout son sens sous l'éclairage brûlant d'une actualité complexe.
Car pour que chacun puisse aller au bout de sa vocation, œuvrer avec toutes ses compétences dans un double intérêt particulier et général , suivre son chemin d'espérance en trouvant sa place et sa vocation, il faut un terreau fertile.
TF1 annonce pour 2011-2012, la suite des Mystérieuses Cités d'Or qui ont bercé l'enfance de beaucoup d'entre nous. 3 enfants et un conquistador solitaire partaient dans les années 80 à la recherche d'un monde merveilleux construit avec de l'or. C'était l'ère de l'argent-roi, du fantasme décrit plus haut que nous ne voulons plus. Espérons donc qu'à cette date, la cité dont nous rêverons sera une cité d'amour. Une "société de vocation" où chacun pourra mettre à profit les talents de la parabole. Pas d'hypnotiques talents en or, mais de généreux talents en âme.
15 avril 2009
Sauve qui peut
Dimanche dernier, jour de Pâques, jour de joie, nous avons tous reçu une bonne nouvelle: Jésus est vraiment ressuscité. Ouf !
Devant des centaines de milliers de personnes, le pape Benoît XVI l'a rappelé avec force et brio : "ce n'est ni un mythe, ni un rêve, ce n'est ni une vision, ni une utopie, ce n'est pas une fable, mais un événement unique et définitif : Jésus de Nazareth, fils de Marie, qui au soir du Vendredi saint a été descendu de la Croix et mis au tombeau, est sorti victorieux de la tombe." Et cet événement unique est une espérance pour tous les hommes, car il signifie que notre seule destinée n'est pas le néant mais la vie éternelle.
Nous devrions donc être rassurés et nous tourner simplement vers Dieu afin qu'il nous sauve. Oui mais voilà, l'Homme ne fait pas toujours ce qu'il devrait faire et l'humanité aime parfois, comme le cochon, se rouler dans la boue avec un gros sourire. Ainsi, au lieu de nous laisser sauver dans l'amour, nous essayons encore trop souvent de nous sauver tout seuls. Et c'est la cata, c'est la cata, c'est la catastrophe.
Laurence Ferrari, par exemple, ne sait plus quoi inventer pour faire parler d'elle. Mécontente de ses faibles audiences, elle fait joujou avec les médias pour tenter de ressusciter. Un coup, je fais un procès à Voici pour atteinte à la vie privée, un coup je fais la une de Paris-Match avec cette même vie privée. Personne n'y comprend rien sauf Voici qui lui fait un procès pour abus de procès! Pauvre Laurence... Pourtant elle devrait savoir qu'à la télé comme partout ailleurs, c'est toujours l'amour qui gagne. Aime ce que tu fais, fais-le avec amour et le sourire télégénique deviendra naturel.
Au gouvernement, certains ministres ruent dans les brancards pour que le petit Nicolas ne les oublie pas lors du prochain remaniement ministériel. Ainsi Nadine Morano souhaiterait devenir ministre de l'éducation, de la défense ou de l'intérieur. Trois ministères régaliens au choix. Après avoir été une triste ministre de la famille décomposée, Dame Nadine rêve sans doute de dominer des militaires solitaires et d'éduquer des élèves sexuellement précoces... Étrangement, le ministère de la famille, c'est un peu le casse-tête des hommes politiques. La plupart d'entre eux ayant de gros problèmes pulsionnels et souffrant fréquemment d'instabilité chronique, ils préfèrent généralement s'occuper des divorcés, des beaux-parents et des couples gays plutôt que promouvoir une famille stable, fidèle et rayonnante. Et pourtant la famille, source première d'amour, pourrait réellement sauver notre drôle de monde.
Dans le monde, les dirigeants font un concours de zigounette avec des missiles nucléaires. Après l'Iran qui ne veut toujours pas calmer ses ardeurs destructrices, la Corée du Nord joue des coudes pour se faire respecter. Et selon les informations de BeniNews, Israël aurait déjà décidé d'attaquer les infrastructures perses mais serait en attente de bombes que lui refusent les États-Unis. Tout ça est complexe et ne mène nulle part. Un jour Israël arme l'Iran contre l'Irak et le lendemain, l'Iran devient fou. Un jour on arme le Pakistan contre l'Inde et le lendemain, on arme l'Inde contre le Pakistan. La guerre est humaine et existera toujours. Nous faisons ainsi le triste constat que la paix ne dure pas si elle est uniquement "tactique". C'est pour cela que l'Homme et la science ne peuvent pas être des espérances satisfaisantes. Seul Dieu peut offrir une espérance aboutie, car il ne change pas. Il est celui qui est, qui était et qui sera Amour.
Aux États-Unis, Barack Obama voit des "signes d'amélioration" mais reconnait que la crise économique n'est pas terminée. A l'université de Georgetown, il a expliqué à nouveau son plan de relance économique et posé les fondations d'un nouveau "modèle durable pour une prospérité à long terme". L'expression est intéressante, car elle va au-delà de la simple analyse économique. Si l'argent était le seul vecteur de richesse, les riches créeraient des générations de riches et les pays riches le resteraient éternellement. Or il n'en est rien. L'histoire est pleine de faillites et d'échecs retentissants et a contrario pleine d'émergences et d'innovations. Ce qui nourrit ou assèche le terreau d'une croissance à long terme, ce sont les valeurs que la société promeut. Ce sont bien les valeurs matérialistes et individualistes qui ont amené la crise actuelle et ce sont bien les valeurs d'amour, de liberté, d'espérance, de tempérance, de justice, de prudence qui nous permettront de retrouver un monde prospère.
Ainsi, dans cet octave de Pâques, nous voyons bien qu'à chaque fois que nous cherchons à nous sauver tout seuls, nous allons dans un mur. A une époque où peu de gens savent ce qu'est la lumière de Pâques, les chrétiens ont vraiment ce devoir de rappeler sans cesse au monde leur foi et leur espérance et de mettre en œuvre quotidiennement leur charité.
Et alors que nous apprenons aujourd'hui le décès de Maurice Druon qui, avec son oncle Joseph Kessel, écrivit le Chant des Partisans (sur une musique d'Anna Marly), nous ne pouvons pas oublier que l'Homme a encore beaucoup de chemin à faire avant de "devenir ce qu'il est : le corps du Christ", selon l'expression de saint Augustin.