BeniNews, l'actu est toujours spirituelle

Chroniques piquantes d'un monde qui change....

06 novembre 2009

Le mur en poussière

Image1 Le 9 novembre 2009, le mur de Berlin s'ouvrait. Symbole du communisme dictatorial, haineux, brutal, ce mur devenu poussière allait changer l'Europe et le monde.

En image tout au moins, car cette fin d'une triste histoire fut un long processus.
Un processus démarré à Gdansk où des ouvriers polonais osaient se mettre en grève.
Un processus pendant lequel de grands hommes se sont révélés sous un jour plus ou moins bon. Tandis Helmut Kohl et Mikhaïl Gorbatchev démontraient leurs capacités tactiques et leur pragmatisme, François Mitterrand redécouvrait la peur française de l'Allemagne.
Un processus qui bénéficia de la tenacité d'un homme visionnaire et mû par une foi profonde : Jean-Paul II.

De Jean-Paul II, Lech Walesa, le héros de Gdansk, a dit ceci :

"Dans ce monde communiste sans foi, les Polonais ont rencontré ce pape. Son message nous a considérablement aidés. Nous avons associé la prière à la grève, nous l'avons même adaptée à la grève. Sans Jean-Paul II, les événements ne seraient pas survenus aussi vite."

De Jean-Paul II, Mikhaïl Gorbatchev, a dit cela :
«Rien de ce qui s'est passé en Europe de l'Est n'aurait pu se produire sans ce pape-là...»

La chute du mur de Berlin, la réunification européenne, la fin d'un communisme destructeur ne furent pas le fruit d'une simple stratégie politique. Ces événements furent la foi, l'espérance et la charité d'un pape d'exception.

Aujourd'hui, nous fêtons cet effondrement. Aujourd'hui, nous célébrons l'Europe unie. Mais aujourd'hui, nous ne savons toujours pas de quelle Europe nous parlons.

Est-ce l'Europe de la Cour Européenne des Droits de l'Homme (CEDH) qui vient d'obliger l'Italie à refuser les crucifix des murs des écoles... contrairement au souhait des italiens eux-mêmes? Je n'aurais pas la grossiereté de rappeler à nos potentats européens le nombre de pays de notre belle Union qui ont un des christianismes comme Religion d'Etat ou ont passé un Concordat particulier. Les pays "areligieux" se comptent sur les doigts d'une seule main, et encore... Mais rappelons-nous que nos Pères Fondateurs à nous, ne sortent pas de nulle part. Comme ce mur qui chute grâce à un pape, l'Europe s'est bâtie grâce à Robert Schuman dont le procès en béatification est en cours à Rome.

Est-ce l'Europe de Pierre Lellouche qui traite de "pathétique" le leader conservateur et futur Premier-Ministre britannique David Cameron pour la seule raison qu'il défend une Europe différente?

La création de la Communauté Européenne du Charbon et de l'Acier (ancêtre de notre Union Européenne) par Schuman tout comme la chute du Mur de Berlin sont des gestes de paix, d'amour. Ce sont des gestes historiques et civilisationnels de rupture avec les totalitarismes et les valeurs négatives.

Dans sa chanson "Les Murs de Poussière", Francis Cabrel raconte l'histoire d'un homme qui cherche le bonheur. Comme beaucoup de nos contemporains, il pense qu'il se sauvera tout seul. "Je partirai demain si je veux/ J'ai la force qu'il faut pour le faire et j'irai trouver mieux". Et puis pschiiittt. Rien.

L'Europe en est un peu au même point. Elle cherche à trouver mieux en oubliant son histoire.
L'identité nationale dont on parle aujourd'hui, l'identité européenne dont on devrait parler un peu plus ne sont-elles pas à chercher dans notre "lopin de terre", dans "la douce lumière du soir", dans "la troupe entière de [nos] aïeux"? Dans notre civilisation qui a uni Athènes (philosophie) et Jérusalem (foi) dans Rome?

En 1949, l'Europe a enclenché un processus de paix. En 1989, elle a rétabli un processus de liberté. En 2009, elle pourrait un processus d'identité.

22 septembre 2009

La diplomatie de l'amour

Image1 Climat, paix, économie, les grands de ce monde vont avoir une semaine américaine particulièrement studieuse. Des bureaux de l'ONU à New-York jusqu'au G20 de Pittsburgh, des sujets cruciaux vont être abordés.

Ce qui ne signifie malheureusement pas que des réponses vont être données...

En effet, les grosses machines mondiales peinent à trouver leur efficacité. Vieillots, technocratiques, sans réel pouvoir, peu représentatifs du monde nouveau, ONU, G20, FMI, OMS, OMC ou autre Banque Mondiale sont décriés partout dans le monde. Souvent avec raison, l'état du monde le démontre chaque jour.

Récemment, Jean-François Copé prônait ainsi dans le magazine Slate un "Conseil de Gouvernance Mondiale" représentatif et aux compétences étendues. Aurait-il lu la dernière encyclique de Benoît XVI, Caritas in Veritate? Il y a quelques mois, le pape appelait en effet les gouvernements à une nouvelle réflexion : "pour le gouvernement de l'économie mondiale, pour assainir les économies frappées par la crise, pour prévenir son aggravation et de plus grands déséquilibres, pour procéder à un souhaitable désarmement intégral, pour arriver à la sécurité alimentaire et à la paix, pour assurer la protection de l'environnement et pour réguler les flux migratoires, il est urgent que soit mise en place une véritable Autorité politique mondiale."

Mais tous ceux qui veulent faire avancer le monde ne doivent pas oublier la "vérité" de l'encyclique du pape. Pour être efficace cette "autorité mondiale" ne doit être ni une mode, ni une somme de lobbies mais bien une organisation veillant à l'édification de "l'homme intégral".

Et ce n'est pas simple.

Quand on entend Mgr Twal, patriarche latin de Jérusalem, faire une homélie virulente à l'encontre d'Israël en omettant volontairement d'évoquer les problèmes criants rencontrés par les chrétiens palestiniens face au fondamentalisme musulman, on comprend que même l'Église a du chemin à faire. Que même l'Église doit sortir du jeu politique.

Quand on voit les pays les plus pauvres freiner la révolution écologique pour préserver leur maigre croissance, on a envie de souffrir avec eux bien qu'on sache pertinemment que le monde ne peut pas attendre.

Quand on regarde l'office du tourisme danois s'amuser de l'amour, raison créatrice de notre monde, on perçoit l'urgence de la diplomatie de l'amour.

La diplomatie de l'amour veut faire entrer le monde dans une relation de communion.

La diplomatie de l'amour ne cherche pas à satisfaire l'intérêt particulier et court-termiste d'un homme politique, d'une minorité gouvernante ni même d'un peuple mais celui de l'humanité à long terme.

La diplomatie de l'amour est l'humble construction d'une civilisation de paix, de justice, d'amour et d'espérance, fondée sur l'écoute et la réflexion, l'affirmation de convictions et l'amour de l'autre, la liberté et la responsabilité qu'elle engendre.

"Je ne réalise pas le bien que je voudrais mais je fais le mal que je ne voudrais pas" (Saint Paul, Rom, 7, 19).

Construisons nous-mêmes une autorité mondiale qui écoute et aime les plus faibles, et qui fasse avancer l'homme sur un chemin de vérité.

 

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05 août 2009

O Jerusalem

Dans quelques jours, BeniNews s'envolera pour Israël. Le blog s'arrêtera donc plusieurs semaines.

Terre Promise pour les uns, Terre Sainte pour d'autre, terre d'émotion, de tension, de sensation pour tous, Israël est un berceau de foi, d'espérance et d'amour qui se fondamentalise, nous désespère et fait souvent preuve de désamour.

Bien qu'un voyage sur les pas de Jésus ne doive pas se mêler de politique, Abraham, Moïse et tous leurs "descendants" seront forcément présents. Cette présence qui donne lieu à des disputes depuis trop longtemps, il ne faudra pas la juger mais l'entendre et la comprendre.

Jésus était un homme de paix. Saint Jean fait dire à Jésus dans son évangile "la paix soit avec vous."
Nous n'irons pas apporter LA paix dans une situation trouble que les plus ingénieux n'arrivent pas à résoudre. Mais nous irons apporter NOTRE paix et ouvrir nos cœurs.
Ouvrir nos cœurs à ceux qui passent un checkpoint pour aller chercher de l'eau ou dont la famille a été déplacée très loin.
Ouvrir nos cœurs à ceux qui vivent dans la crainte d'une guerre, dans des situations de stress et parfois dans la haine.
Ouvrir nos cœurs aux plus faibles et à tous ceux qui ne demandent qu'une seule chose : vivre librement.

Jésus était juif. Il ne l'a jamais renié et Saint Matthieu s'est même efforcé dans son évangile de présenter Jésus comme le Messie annoncé par les prophètes.
Il sera passionnant de nous replonger dans ce judaïsme traditionnel dont les fêtes ont inspiré la plupart des fêtes chrétiennes et dont les grandes figures sont également nos grandes figures.
Il sera fascinant de savourer la beauté liturgique, la musique merveilleuse et l'art de vivre ancestral des communautés klezmer, yiddish ou séfarades.
Il sera émouvant de partager la douleur d'un peuple qui a si souvent souffert au cours d'une histoire malmenée par les exils et les rejets les plus abjects et qui a du mal à gérer une situation où chacun perd un peu de son humanité.

Jésus est la deuxième personne de la Trinité. Dieu uni à l'Homme.
Nous irons donc prier. Un voyage en Terre Sainte est avant tout un pèlerinage dont la vocation est de nous permettre de mieux connaître le Père, première personne de la Trinité.
Oublions nos préjugés et nos idées reçues et confions ce voyage à l'Esprit-Saint, troisième personne de la Trinité.

Shalom Jerusalem!

PS : Paul Wilbur est un juif messianique (Juif qui croit en Jésus) qui a une garde-robe spéciale mais dont certaines compositions sont devenues des tubes...

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15 juin 2009

La vocation de l'Iran

Image1 Que va-t-il se passer en Iran ? Personne n'en a aujourd'hui la réponse. Le soufflé peut retomber, la situation peut dégénérer, la révolte peut obtenir une victoire pacifique.

La marche qui a eu lieu il y a quelques heures en présence des principaux leaders d'opposition (à l'heure où j'écris ce blog) nous fait penser aux diverses actions non violentes théorisées par Gene Sharp et récemment mises en pratique dans les pays baltes, en Ukraine, en Serbie, en Géorgie et dans une moindre mesure au Liban.

Ces prises de pouvoir par des peuples assoiffés de liberté et fidèles à des principes de paix sont un espoir pour ceux qui vivent sous l'emprise de la terreur. Mais ne nous y trompons pas, la réussite d'une action non-violente passe par une forme de courage et d'héroïsme. Face à un régime autoritaire et violent, le plus dur est de ne pas tomber dans le dicton "oeil pour oeil, dent pour dent" et de rester cohérents avec ses valeurs de paix. La paix appelle la paix, car elle interpelle. Elle interpelle les pays alliés prompts à venir soutenir un peuple qui lutte pour de bonnes raison; elle interpelle un gouvernement dictatorial qui ne sait pas comment réprimer sans accroître le sentiment de haine à son égard.

L'évangile du jour tombe à point nommé :

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 5,38-42.

Vous avez appris qu'il a été dit : Oeil pour oeil, dent pour dent.
Eh bien moi, je vous dis de ne pas riposter au méchant ; mais si quelqu'un te gifle sur la joue droite, tends-lui encore l'autre.
Et si quelqu'un veut te faire un procès et prendre ta tunique, laisse-lui encore ton manteau.
Et si quelqu'un te réquisitionne pour faire mille pas, fais-en deux mille avec lui.
Donne à qui te demande ; ne te détourne pas de celui qui veut t'emprunter.


La vocation d'un pays, la vocation de l'Iran, c'est la paix, la justice, la joie et la charité.

Alors que certains iraniens essaient aujourd'hui de se soulever, alors que les coréens devront attendre la fin (en octobre) de l'actuelle "lutte de cent cinquante jours" pour espérer bouger, alors que dans beaucoup d'endroits du monde la situation des populations reste inacceptable, prions pour que les dirigeants du monde soient éblouis par l'amour.

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08 juin 2009

Heureux !

Image1 En nous proposant aujourd'hui l'Évangile des Béatitudes, l'Église nous intime l'ordre d'être heureux. Qui que nous soyons, petits ou grands, forts ou faibles, drôles ou ennuyeux, Dieu nous avoue une chose merveilleuse: il nous aime :-)

Simple, les yeux pétillant comme un enfant devant une confiserie, Roger Federer est joyeux. Il a enfin gagné une finale à Roland-Garros et est ainsi entré dans le cercle très fermé des super champions vainqueurs sur toutes les surfaces. Heureux les pauvres [enrichis] de cœur, le Royaume des Cieux est à eux.

Pour fêter sa victoire, Roger Federer évitera de boire du faux rosé. Sous les tirs croisés d'une pression gauloise efficace, la Commission européenne n'autorisera finalement pas la fabrication du vin rosé en mélangeant vin blanc et vin rouge à partir de la technique du coupage. Heureux les [vins] doux, ils obtiendront la terre promise.

Ce n'est pas sur la terre mais dans la mer qu'ont disparu les passagers du vol AF 447. Cet événement tragique nous confronte brusquement à la mort. Celle des disparus bien-sûr mais la nôtre également. Il nous confronte aussi à l'injustice d'une mort brutale qui survient sans raison, sans crier gare. La mort est le grand mystère de la vie, celui de la chute originelle rachetée par le Christ. En ces moments-là, il est difficile de faire confiance à Dieu, de s'abandonner et d'espérer. Heureux [donc] ceux qui pleurent, ils seront consolés.

Le sentiment d'injustice se ressent souvent lors d'un décès mais a bien d'autre occasion pour nouer notre estomac. Les élections européennes en ont été un énième moment clef. François Bayrou était persuadé d'apparaître le soir du 7 juin comme le troisième voire le deuxième homme; il a finalement été éjecté du podium comme un mal-propre. "Injustice", dut-il crier ce matin en se rasant, en oubliant peut-être qu'il a trop rasé ses potentiels électeurs par un positionnement moyennement clair. Partout en Europe, les électeurs ont réclamé une Europe qui les comprenne et qui leur parle, une Europe qui n'oublie pas ses valeurs chrétiennes qui en sont les fondements, une Europe qui pense à cette planète dont elle est l'un des continents. En France, la donne est moins lisible, faute de protagonistes charismatiques. En tout état de cause, les français ont été trop peu nombreux à voter pour ces députés qui font 80% de nos lois. Heureux ceux qui ont [faiblement] faim et soif de justice, ils seront rassasiés.

"Justice", nous ne sommes pas certain que le mot soit particulièrement bien associé à Omar Bongo. Comme beaucoup de dirigeant africain, "le plus vieil ami africain de la France" décédé aujourd'hui s'est plus soucié de son compte en banque personnel que de l'estomac de son peuple. Baptisé catholique pour avoir une audience avec Paul VI, ce vénal potentat s'est converti à l'Islam pour obtenir les dollars de l'OPEP. Peut-être que l'Afrique, qui a encore beaucoup de travail à faire pour tracer le chemin de la justice, de l'amour et de la paix, lui pardonnera son absence totale de valeurs humaines. Heureux les miséricordieux, ils obtiendront miséricorde.

De la miséricorde, peut-être pas, mais du cœur il en faut certainement beaucoup pour renflouer le capital de Libération, journal sans positionnement qui n'est pas prêt de gagner un radis. Donner aux autres son argent et surtout son temps, c'est une action à la mode. Les associations humanitaires débordent de CV et c'est tant mieux. Notre association du moment s'appelle Le Rocher, l'Oasis des Cités. Elle a pour vocation de s'occuper des jeunes des banlieues, trop souvent délaissés et abandonnés à des mains pas forcément innocentes. Heureux les cœurs purs, ils verront Dieu.

Dieu parfois peut être source de conflit. Au Liban, Il est invoqué dans tous les sens par des chiites, des sunnites, des druzes, des maronites, des arméniens orthodoxes, des grecs-catholiques et des grecs-orthodoxes, et sans doute même des athées angoissés. Tout le monde s'attendait à ce que le "parti de Dieu" (Hezbollah) sorte grand gagnant des élections du week-end dernier et il a finalement dû s'incliner. Pour gagner, le Hezbollah comptait sur l'étendard orange de la scène chrétienne : le général Aoun. Plus soucieux de son ambition égocentrico-personnelle que du bien de sa communauté, il avait pactisé avec un diable qui lui avait demandé de diviser le camp chrétien, seul à même de faire la différence dans un système politique libanais particulièrement compliqué. Mais voilà, orange, qui est aussi la couleur du Modem, n'était pas la couleur du week-end et, en ce qui concerne Aoun, c'est tant mieux.  Comme quoi, Dieu existe vraiment et il confirme qu'Il préfère la liberté à l'obscurantisme. Heureux les artisans de paix, ils seront appelés fils de Dieu.

Cette paix, le monde entier aimerait la voir émerger d'une élection iranienne si proche. Chacun sait que le pouvoir ne se joue pas là et que seuls les mollahs tiennent les rênes de la mythique Perse. Pourtant le peuple iranien a les moyens de leur faire enfin passer un message fort. L'Iran est aujourd'hui plus chanceux que son sparing-partner de la menace nucléaire, la Corée du Nord, qui eux n'a aucune élection à l'horizon et vient de condamner au bagne deux journalistes américains. Mais dans ces nombreux pays qui ne sont pas fiers d'eux et où les artisans de paix sont poursuivis, condamnés, empêchés de tourner en rond, il existe toujours des héros qui luttent pour le bien. Qu'ils aient foi en Dieu et ne s'arrêtent jamais. Heureux ceux qui sont persécutés pour la justice, le Royaume des cieux est à eux.

Benoît XVI n'est pas prêt de s'arrêter de lutter. Le Royaume des cieux, il le scrute chaque jour de son regard si doux. Des bâtons, il en a plein ses roues. Des cailloux remplissent ses chaussures et les médisances ont leurs porte-voix. Malgré toutes ces contraintes, il continue inlassablement à indiquer le chemin et à prier pour ceux qui ne le prennent pas, ne le voient pas. Heureux serez-vous si l'on vous insulte, si l'on vous persécute et si l'on dit faussement toute sorte de mal contre vous, à cause de [Dieu]. Réjouissez-vous, soyez dans l'allégresse, car votre récompense sera grande dans les cieux.

Alors oui, bien que parfois ce soit difficile, réjouissons-nous !


Teaser des Sessions Paray-le-Monial 2009
envoyé par Sessionparay. - Voyage et découverte en vidéo.

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05 juin 2009

Tout le monde veut la paix, mais laquelle?

Image1 Le discours de Barack Obama au Caire à destination du monde musulman était très attendu. Il n'a pas déçu... ou presque.

Toujours très à l'aise un micro à la main, Barack Obama a su émouvoir l'assemblée par ses envolées lyriques, son esprit tolérant et la finesse de ses approches. Sans jeter un regard à ses notes, le président américain a caressé, expliqué et même parfois gentiment grondé. En revanche, il a peu proposé.


Obama -Le cycle de la méfiance doit s'achever
envoyé par Chayma31. - L'info video en direct.

Tout le monde veut la paix, mais laquelle? Chrétien, musulman ou simple "humaniste", Barack Hussein Obama (comme il aime le rappeler lui-même) est peut-être en fait un adepte de la philosophie grecque qui aurait pris des cours de rhétorique : logos, pathos et ethos. Logique, charme et vertu. Mais une vertu humaniste qui tend quelques fois vers une forme de relativisme ambigu parce que politique. Bien qu'il en ait le charme et l'intelligence, Obama n'est bien-sûr pas le diabolique "Président" décrit dans le diamantesque roman de Michael D. O'Brien, Père Elijah. Mais nous ne devrons jamais oublier qu'il est avant tout un homme politique qui doit gérer ses contraintes propres, comme le démontre sa volonté de voir la Turquie intégrer l'Europe.

Tout le monde veut la paix, mais laquelle? Quand Barack Obama transmet un "salam alaykoum", il transmet une paix qui n'est autorisée qu'entre frères musulmans. Cette expression pleine de sens, apparue dans la langue arabe avec le Prophète, est en effet normalement interdite aux non-musulmans. Or les religions ne sont pas seulement des étiquettes. Quand il évoque les "enfants d'Abraham", il choisit ses mots pour convaincre son auditoire et c'est son job. Mais c'est faux. Autour de nous, les gens connaissent-ils les différences fondamentales entre les trois religions monothéistes? Savent-ils que le Christianisme est la seule foi en un Dieu fait Homme qui a vécu parmi nous, souffert pour nous, démontré en s'incarnant l'Amour qu'il exigeait de nous? Le christianisme est une expérience personnelle de Dieu et elle est unique. Issu du Judaïsme qu'il a choqué dans les premiers siècles, le Christianisme en est un renouvellement. Antérieur à l'Islam, il ne l'a pourtant jamais inspiré sur les croyances fondamentales : l'Incarnation, la primauté de l'Amour, l'absolutisme de la liberté.

Tout monde veut la paix, mais laquelle? Quand Barack Obama s'interroge sur l'interdiction du port du hijab en France et sur la liberté religieuse dans le monde musulman, met-il ses deux critiques sur le même plan? Alors que la libre pratique de l'Islam est répandue dans l'ensemble des pays occidentaux, la conversion est encore synonyme de crime dans la plupart des pays musulmans de la planète. Là encore, l'animal politique Obama fait passer ses messages en douceur pour rompre avec l'ère Bush. Mais n'oublions pas le message.

Aussi le président américain dit-il vrai quand il affirme que l'éducation est le principal enjeu des années à venir. Il ne dit pas autre chose que ce qu'avait répété Benoît XVI en Jordanie. L'éducation est clef parce qu'elle permet d'éviter le relativisme, qu'elle pousse à toucher la vérité et que la vérité rend libre (Jean, 8, 31-32). Si on sort du politique pour entrer dans le spirituel, l'espérance du monde n'est pas que tout le monde s'aime et se comprenne comme Oui-Oui dans sa petite voiture mais que l'humanité progresse humblement dans sa route vers Dieu. Il est plus facile au politique Obama de se faire aimer en relativisant qu'au spirituel Benoît XVI de se faire comprendre en affirmant sa vérité.

BeniNews n'est pas un blog politique et la paix que nous souhaitons développer est une paix spirituelle. Une paix pleine et entière. Une paix des cœurs. Cette paix qui sera le fruit du théorème de la raison : la raison conduit à une liberté qui mène vers Dieu.

Ce week-end, nous vivrons deux événements majeurs. Le souvenir d'un débarquement qui sauva l'humanité et les élections d'une Europe construite pour éviter une nouvelle guerre. Cette Europe, Saint Benoît en est le saint patron et c'est lui qui nous a dit :

"Cherche la paix, poursuis-la avec ardeur." (Règle de Saint Benoît)

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24 mai 2009

Quand le Hezbollah rit, les cèdres pleurent

Image1 Dans l'imaginaire occidental, le Liban a longtemps évoqué la magie de l'Orient. Le silence des montagnes, la tranquilité infinie des cèdres, la sagesse des moines, la sensualité des femmes, la fougue des vagues, l'odeur légère du thym, l'amour joyeux de la famille, les emportements excentriques des hommes.

Puis la guerre est venue et elle a tout détruit. Le petit paradis d'hier est devenu la terre de toutes les convoitises et le théâtre de la haine. Patriotique, communautaire, religieuse, la haine a pris de trop nombreuses formes dans un si petit territoire.

Aujourd'hui encore, les ambitions personnelles de quelques uns continuent d'alimenter le pire.

Certains jouent sur la haine d'Israël et des Etats-Unis pour imposer leur loi. Mais comment ne pas voir que cette haine ancestrale est absurde et que ceux qui la attisent sont les mêmes qui menacent d'une charia dogmatique et d'un terrorisme bien plus dangereux?

Der Spiegel nous apprend dans son dernier numéro que ces haineux du Hezbollah auraient même été jusqu'à assassiner l'ancien Premier Ministre Rafic Hariri pour asseoir leur pouvoir. Le Tribunal Spécial pour le Liban aurait en effet réuni des éléments plus que probants accusant les forces spéciales de la seule milice ayant bizarrement conservé ses armes malgré les accords de paix de Taëf.

Ces révélations n'étonnent personne et ne seront pas forcément suffisantes pour réveiller les consciences. Le grand auteur libanais Khalil Gibran ne disait-il pas : "n'est-il pas étrange de nous voir défendre plus farouchement nos erreurs que nos valeurs?" Comme le reste de l'humanité, les libanais du XXIe siècle cherchent leurs valeurs. Pourtant, sous leurs yeux, les chrétiens quittent les uns après les autres cette terre des mille et une nuits. Dans son sublime "Plaidoyer à tous les jeunes Joseph du Liban", Nada Nassar-Chaoul évoque ces tristes départs. Petit à petit, le Liban se transforme et les haineux gagnent.

Au milieu de ce capharnaüm, le Liban a une voix de sagesse qui s'élève depuis des années. Depuis son siège de Bkerké, Monseigneur Sfeir tente par tous les moyens de rappeler le message du Christ. D'appeler au pardon et à l'amour. A la justice et à la paix. De réclamer l'union d'un camp chrétien divisé entre l'opportunisme égocentrique d'un vieux général Aoun, le passé guerrier de Geagea et le sang-froid du président Sleiman.

Le 7 juin prochain, les élections seront cruciales pour le Liban, pour le monde et, osons-le, pour les chrétiens d'Orient qui jouent leur survie.

La paix, la foi, l'espérance et la charité ne doivent pas faire l'objet de concessions.

"Fiez-vous aux rêves, car en eux est cachée la porte de l'éternité." (Khalil Gibran)


Fairouz : "Wa Habibi"
envoyé par Parousie738. - Regardez la dernière sélection musicale.

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Vous faites quoi cet été?

P9260068 Il y a quelques heures, le ministère des Affaires étrangères confirmait qu'un français de 41 ans avait été enlevé au Baloutchistan. Il appartenait à un groupe de six touristes qui se déplaçaient sans aucune escorte dans cette région particulièrement dangereuse du Pakistan. Etaient-ils insensés ou avaient-ils de bonnes raisons d'agir de la sorte? Nous ne le savons pas. Mais cette affaire rappelle tristement celle qui s'est déroulée il y a quelques mois au large de la Somalie. S'il s'agit bel et bien de touristes inconscients partis la fleur au fusil se frotter à la guerre, la diplomatie française aurait sans doute préféré s'en passer...

Le tourisme est devenu le sujet à la mode de la semaine. Après le ministère des Affaires étrangères, nous en avons la confirmation de la bouche de Bernard Tapie lui-même. Redevenu riche, notre nanard national s'attaque au mythique Club Med et cela fait du bruit. Du soleil, des nanas et "Henri Leconte sur les cours de tennis" excitent tellement le rythme cardiaque de l'ancien propriétaire du Phocéa qu'il aurait entraîné dans son sillage la fine fleure de la haute finance et de la politique françaises. Nous ne savons pas si Bernard Tapie souhaite ouvrir un Club Med à Islamabad ou à Mogadiscio mais s'il comptait faire parler de lui en faisant fluctuer un cours de bourse affaibli, c'est réussi.

Darladirladada, du soleil, des nanas, Henri Leconte et quelques bombes... Vous voulez vraiment faire ça cet été?


Teaser des Sessions Paray-le-Monial 2009
envoyé par Sessionparay. - Evadez-vous en vidéo.

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15 mai 2009

Shalom

Image1Dans son dernier discours en Terre Sainte, le pape Benoît XVI a tout dit.

Il sera sans doute commenté mais il doit surtout être lu.

Monsieur le président,
Monsieur le premier ministre
Excellences, mesdames et messieurs,

Alors que je me prépare à repartir pour Rome, permettez-moi de partager avec vous quelques-unes des puissantes impressions que m’a laissées mon pèlerinage en Terre sainte. J’ai eu des discussions fructueuses avec les autorités civiles d’Israël comme des Territoires palestiniens, et j’ai été le témoin des grands efforts que font les deux gouvernements pour assurer le bien-être des populations. J’ai rencontré les responsables de l’Église catholique en Terre sainte, et je me réjouis de voir comment ils travaillent ensemble au soin du troupeau du Seigneur. J’ai eu aussi l’opportunité de rencontrer les responsables des différentes Églises chrétiennes et communautés ecclésiales, aussi bien que les responsables des autres religions en Terre sainte. Cette terre est vraiment un terrain fertile pour l’œcuménisme et le dialogue interreligieux, et je prie pour que la riche variété de témoins religieux dans la région trouve son fruit dans une compréhension mutuelle et un respect croissants.

Monsieur le président, vous et moi avons planté un olivier dans votre résidence le jour où je suis arrivé en Israël. L’olivier, comme vous le savez, est une image utilisée par saint Paul pour décrire les très étroites relations entre les chrétiens et les juifs. Paul décrit dans sa lettre aux Romains comment l’Église des gentils est comme un rameau d’olivier sauvage greffé sur l’olivier cultivé qui est le Peuple de l’Alliance. Nous sommes nourris aux mêmes racines spirituelles. Nous nous sommes rejoints comme des frères, des frères qui, à un moment de notre histoire, ont eu une relation tendue, mais qui sont maintenant fermement engagés à bâtir les ponts d’une amitié durable.

La cérémonie au palais présidentiel a été suivie par l’un des moments les plus solennels de mon séjour en Israël, ma visite au Mémorial de l’Holocauste à Yad Vashem, où j’ai rencontré quelques-uns des survivants qui ont souffert des démons de la Shoah. Ces rencontres profondément émouvantes m’ont remis en mémoire ma visite, il a trois ans, au camp de la mort d’Auschwitz où tant de juifs – mères, pères, maris, épouses, frères, sœurs, amis – ont été brutalement exterminés sous un régime impie qui propageait une idéologie d’antisémitisme et de haine. Cet épouvantable chapitre de l’histoire ne doit jamais être oublié ou nié. Au contraire, ces sombres souvenirs devraient renforcer notre détermination à nous rapprocher toujours plus les uns des autres comme des branches du même olivier, nourries des mêmes racines et unis dans un amour fraternel.

Monsieur le président, je vous remercie de la chaleur de votre hospitalité, que j’ai grandement appréciée, et j’aimerais qu’on se souvienne que je suis venu visiter ce pays en ami des Israéliens, tout comme je suis un ami du peuple palestinien. Les amis aiment passer du temps en compagnie ensemble, et ils sont profondément bouleversés de voir l’autre souffrir. Aucun ami des Israéliens et des Palestiniens ne peut éviter d’être triste de la continuelle tension entre vos deux peuples. Aucun ami ne peut éviter de pleurer à la souffrance et aux pertes en vie humaine que les deux peuples ont endurées durant les dix dernières décennies. Permettez-moi de lancer cet appel à tous les peuples de cette terre : plus d’effusion de sang ! Plus de combats ! Plus de terrorisme ! Plus de guerre ! Brisons plutôt le cercle vicieux de la violence. Que s’établisse ici une paix durable basée sur la justice, que s’établissent ici une réconciliation et une guérison véritables. Que soit universellement reconnu le droit de l’État d’Israël à exister et à jouir de la paix et de la sécurité dans des frontières internationalement reconnues. Et que soit de même reconnu que le peuple palestinien a le droit à une patrie souveraine et indépendante, de vivre avec dignité et de se déplacer librement. Que la solution de deux États devienne une réalité, et ne reste pas un rêve. Et que la paix jaillisse de ces terres, qu’elles soient « lumière des nations », apportant l’espérance à tant d’autres régions affectées par les conflits.

Une de mes plus tristes images au cours de ma visite sur ces terres a été le mur. En le longeant, j’ai prié pour un avenir dans lequel les peuples de la Terre sainte pourront vivre ensemble en paix et en harmonie, sans plus avoir besoin de telles mesures de sécurité et de séparation, mais plutôt dans le respect et la confiance mutuels, et en renonçant à toute forme de violence et d’agression. Monsieur le président, je sais combien il est dur d’atteindre ce but. Je sais quelles sont les difficultés de votre mission et celles de l’Autorité palestinienne. Mais je vous assure que mes prières et que les prières des catholiques à travers le monde sont avec vous quand vous persévérez dans vos efforts pour bâtir une paix juste et durable dans cette région.

Il me reste maintenant à exprimer, du fond du cœur, mes remerciements à tous ceux qui ont contribué de tant de façons à ma visite. Je suis profondément reconnaissant au Gouvernement, aux organisateurs, aux bénévoles, aux médias, à tous ceux qui ont procuré l’hospitalité à moi et à ceux qui m’accompagnaient. Soyez assurés que je me souviendrais de vous avec affection dans mes prières. À tous, je dis : merci, et que la paix soit avec vous. Shalom !

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07 mai 2009

Voir Israël et sourire

Image1 Benoit XVI entamera demain 08 mai son pèlerinage en Terre Sainte. Sous la chaleur brûlante du soleil de Dieu, il foulera le sable de Jordanie, d'Israël et des Territoires Palestiniens.

Depuis plusieurs jours, le pape le répète : il vient en "pèlerin de la paix". Qui d'autre que lui a la légitimité, l'humilité, l'intelligence et la foi pour apporter la paix?

Bien-sûr, nous nous attendons à une énième tentative de polémique. Mais le sujet est grave.

Le monde ne pourra pas rester sourd à l'inextricable question du Proche-Orient. Cela fait trop longtemps que la haine prend le dessus. Trop longtemps que l'Occident fait de la realpolitik. Trop longtemps que les religions servent d'alibi au meurtre. Trop longtemps que les cœurs se ferment.

Notre "pèlerin de la paix" a l'avantage de la posture : il n'est pas politique. La paix est question d'amour. Quand les objectifs de paix ne sont pas atteints, c'est que les parties prenantes calculent. Deux peuples, deux états, tout le monde l'accepte mais le calcul l'emporte. Le pape, lui, aime sont prochain comme lui-même. En Terre Sainte, il ouvrira un nouveau dialogue avec les autres religions, il partagera les différentes souffrances des peuples, il s'unira à leurs espérances. Priant Jésus, il insistera sans doute sur le souffle pacifiste d'une spiritualité profonde. Les Pères du Désert demandaient de "conserver inviolablement le bien de la charité et de la paix, parce qu'il n'y a rien, ni de plus pernicieux que la colère, ni de plus précieux que la charité."

Israël, Syrie, Liban, Jordanie sont des pays que les médias citent plusieurs fois par jour. Nous avons souvent l'impression que leurs haines ne s'arrêteront jamais. Mais c'est faux. Cette espérance que le monde est appelé à changer, le pape la portera.

A chaque voyage dans cet Orient si proche, nous sommes surpris par la douceur de vivre qui s'y dégage. Fumer un narguilé à la fraise dans un café de Damas; écouter le silence de la mer Morte du haut de Massada; s'enivrer d'un bon vin dans la plaine de la Bekaa. Dieu est là dans ces espaces colorés, dans ces femmes tout en rondeurs, dans ces odeurs épicées, dans ce temps qui s'écoule lentement. Malheureusement, un bras de fer se joue au fond des êtres et certains le Le voit pas. Certains se ferment à l'étranger. Certains se renferment dans leurs traditions.

Les chrétiens sont nés sur cette Terre si Sainte. Aujourd'hui ils désertent des pays arabes qui les chassent et Israël qui les ignorent un peu.

Les chrétiens sont nés dans une période complexe de l'histoire de l'humanité. Jésus a appelé à la paix et a demandé aux guerriers de baisser les armes. Aux citoyens de respecter l'État et de payer leurs taxes. Aux indigènes d'accueillir l'étranger. Qui d'autres que le pape peut exiger la même chose aujourd'hui?

"Amour et vérité se rencontrent, justice et paix s’embrassent" (Ps 85,11).


La danse de Rabbi Jacob
envoyé par bower91 -

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