Image1 Le pape Benoît XVI a estimé aujourd'hui que la "cupidité" était une des raisons de la crise.

BeniNews a évoqué à de nombreuses reprises ce veau d'or qui nous perd et qui nous conduit bien souvent à aller au-delà de la morale, à omettre le sens du bien commun, à oublier l'autre.

Pourtant, les Évangiles nous ont prévenu : "cherchez d'abord le Royaume de Dieu et sa justice, et Dieu vous donnera les autres choses en plus." (Matthieu 6, 33). Rien ne sert de plonger tête baissée dans une quête financière absurde, le résultat ne nous satisfera pas. Il est d'ailleurs symptomatique de lire dans un sondage de l'IFOP que 61% des français considèrent qu'il leur manque de l'argent pour être pleinement heureux, qu'ils soient pauvres... ou riches ! La spirale infernale ne s'arrête matériellement jamais.

La crise va-t-elle être le déclencheur d'un changement d'attitude? Espérons-le. Mais ne soyons pas naïfs, il y a encore du chemin.

Demain, le "zoulou boy" Jacob Zuma va réaliser son rêve et devenir le nouveau président de l'Afrique du Sud. XXI explique particulièrement bien sur son blog le parcours de ce personnage charismatique adoubé dans un premier temps par Thabo Mbeki, accusé de corruption en 2005, lâché par ses mentors avant de faire son retour en grâce seul avec son charme, ses discours, sa force. L'Afrique n'a pas fini d'éradiquer ce fléau de la cupidité qui la mine depuis bien longtemps.

Dans le reste de l'Afrique, le pétrole continue à faire des siennes. Mais pas seulement. L'agriculture est devenue le nouvel enjeu majeur où l'argent dicte une triste et mauvaise loi. Le nouveau numéro d'Afriquespoir, journal catholique africain qui parle avec son âme, analyse ce phénomène avec une grande justesse. N'est-ce pas la cupidité qui pousse Madagascar à louer la moitié de sa surface cultivable à une entreprise coréenne et à détourner ainsi un patrimoine naturelle qui devrait nourrir sa population? Les récents événements malgaches montrent bien que le sens du bien commun n'est pas l'unique critère des hommes de pouvoir.

Et ailleurs dans le monde, les exemples sont tout aussi nombreux. Beaucoup évoquent, par exemple, l'accusation de corruption de Jacob Zuma mais ils sont moins nombreux à dire que le corrupteur se nommait Thalès, groupe français étatique.

Nous avons les gouvernants que nous méritons. Une des plus anciennes règles démocratiques est la Règle que Saint Benoît de Nursie a rédigée à destination des futurs moines et qui régit la vie au sein du monastère. Il y explique que le père abbé doit être choisi d'un commun accord par les moines. Qu'il doit être un homme de paix, un homme sage et un homme fidèle. Nos gouvernants répondent-ils à ses critères? Quels sont nos propres critères de choix?

La cupidité est bien une cause majeure de la crise actuelle. Elle en est l'origine morale mais nous avons bien du mal à nous l'avouer. Changer n'est jamais facile. Sortir de l'égoïsme est contraignant. Penser à l'autre semble au-dessus de nos forces. Mais là-dessus, Saint Benoît nous enseigne ce précepte simple qui dit que faire le choix d'obéir à l'autre et par là-même d'obéir à Dieu, c'est gagner en sérénité.

En savourant l'hymne sud-africain Nkosi sikeleli Africa, gospel qui représenta tellement pour le monde, que cette crise nous réapprenne le sens du bien commun et qu'elle nous fasse comprendre que c'est l'unique voie pour trouver la paix.